Par Yves Rousseau
Avec les incroyables aventures de Thierry Ricourt, la compagnie Quitte ou Double parodie un certain jeu dramatique grandiloquent, dans une rencontre avec l'univers du dessin animé et du guignol.
Tant par le ton, l'expression grossie, le code gestuel, l'opus de la jeune compagnie Quitte ou Double prêche ou pêche par le « cartoonesque » satirique, à coup de chla! Sur la caboche, de vlan! Dans l'entre jambes, ou de pan! Au postérieur, le tout évidemment ponctué de pétarade de pistolets à pétard du magasin à quinze sous.
Jeu volontairement précieux, grotesque, empesé, en grande simagrée outrée et caricaturale, avec moult personnages meta-archétypaux, offrent une caricature décomposant la caricature, un racolage en clin d'œil : ici tout se crédite d'un cabochon aux trente myriades de passe-passe fumantes.
Devant vous, le réactionnaire, fat, imbu, prétentieux et chauvin détective franchouillard Ricourt accumule les aventures et péripéties face à des vilains d'opérette paraissant s'être échappés d'un épisode de Sans-secret, ou autre opus Hanna-Barbera.
Assistant abruti, secrétaire cocotte, diva déclamatoire et grandiloquente en pâmoison Bernardesque, soubrette barbue et mégalomane emporté et rouge tomate promènent leurs grands élans gonflés et tiqués face à notre antihéros. Kermesse du maniérisme à visée rigolarde, personnages perpétrés avec l'iconoclaste gros et affecté de circonstance, au crédit de ce groupe de récents diplômés d'écoles de théâtre...
La farce, divisée en quatre épisodes indépendants de trente minutes séparés d'une pause de même durée, est ponctuée entre ses portions de chants introduits en prologue par le personnage d'une bonimenteuse-chanteuse-qui-a-du-chien accompagnée de ses musiciens (Marie-Lise Chouinard, l'auteur de la pièce, véritable bombe d'énergie, et son groupe Velours et ses rubis) : on pense aux chansonnettes coquines guitare accordéon du petit bistro français, promenant verve et historiettes tristes ou amusantes face aux poilus en permission, cela évoque la guinguette, la fin de la belle époque.
Dans ce lieu ou pintes et pichets valsaient au même rythme houblonné que les répliques en prose ou en vers moqueurs issues d'une bonne rasade de potache au col bien mousseux, se dégage certes des miasmes éthyliques environnants et du comique rocambolesque enivrant un palpable sens de la fête, du calembour et même de l'auto dérision théâtrale pour une jeune plume dont il faudra suivre les délires prochains.
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Texte de Marie-Louise Chouinard
Comédiens : François Morin, Samüel Côté, Gabriel Dagenais, David Leblanc, Olivia Pallacci, Yannick Chapdelaine, Marie-Lise Chouinard et Christian David.
Musiciens (Velours et ses rubis)
Marie-Lise Chouinard ( Chant)
Jean-Simon Leduc (Accordéon)
Raphael Bussières (Guitare)
Christian David (Trompette)
13 au 16 août, au 552 Ste-Catherine Est
13h, 14h, 15h et 16h
Jeu volontairement précieux, grotesque, empesé, en grande simagrée outrée et caricaturale, avec moult personnages meta-archétypaux, offrent une caricature décomposant la caricature, un racolage en clin d'œil : ici tout se crédite d'un cabochon aux trente myriades de passe-passe fumantes.
Devant vous, le réactionnaire, fat, imbu, prétentieux et chauvin détective franchouillard Ricourt accumule les aventures et péripéties face à des vilains d'opérette paraissant s'être échappés d'un épisode de Sans-secret, ou autre opus Hanna-Barbera.
Assistant abruti, secrétaire cocotte, diva déclamatoire et grandiloquente en pâmoison Bernardesque, soubrette barbue et mégalomane emporté et rouge tomate promènent leurs grands élans gonflés et tiqués face à notre antihéros. Kermesse du maniérisme à visée rigolarde, personnages perpétrés avec l'iconoclaste gros et affecté de circonstance, au crédit de ce groupe de récents diplômés d'écoles de théâtre...
La farce, divisée en quatre épisodes indépendants de trente minutes séparés d'une pause de même durée, est ponctuée entre ses portions de chants introduits en prologue par le personnage d'une bonimenteuse-chanteuse-qui-a-du-chien accompagnée de ses musiciens (Marie-Lise Chouinard, l'auteur de la pièce, véritable bombe d'énergie, et son groupe Velours et ses rubis) : on pense aux chansonnettes coquines guitare accordéon du petit bistro français, promenant verve et historiettes tristes ou amusantes face aux poilus en permission, cela évoque la guinguette, la fin de la belle époque.
Dans ce lieu ou pintes et pichets valsaient au même rythme houblonné que les répliques en prose ou en vers moqueurs issues d'une bonne rasade de potache au col bien mousseux, se dégage certes des miasmes éthyliques environnants et du comique rocambolesque enivrant un palpable sens de la fête, du calembour et même de l'auto dérision théâtrale pour une jeune plume dont il faudra suivre les délires prochains.
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Texte de Marie-Louise Chouinard
Comédiens : François Morin, Samüel Côté, Gabriel Dagenais, David Leblanc, Olivia Pallacci, Yannick Chapdelaine, Marie-Lise Chouinard et Christian David.
Musiciens (Velours et ses rubis)
Marie-Lise Chouinard ( Chant)
Jean-Simon Leduc (Accordéon)
Raphael Bussières (Guitare)
Christian David (Trompette)
13 au 16 août, au 552 Ste-Catherine Est
13h, 14h, 15h et 16h