vendredi 15 juin 2012

Un parfum de Montgolfière - Nelfanto

Par Yves Rousseau

La pièce Un parfum de Montgolfière : la Mademoiselle Julie de Strindberg, en version cougar.

Dans  Mademoiselle Julie, August Strindberg avait créé un interlope zone de rencontre entre une aristocratique ingénue cynique et perverse, et son domestique arriviste. La pièce d'Alberto Lombardo table sur les mêmes prémisses, en proposant un  espace où les formelles relations de classe et de pouvoir s'estompent progressivement au profit d'une équivoque relation intrigante existentiellement traversée par des enjeux de désirs. Mais ici la dignité persistante et préservée du larbin se heurte à un cynisme qui n'est pas celui de l'insolente jeunesse gâtée, mais plutôt celui d'une précieuse rombière usée par la solitude des (trop nombreux) amants de passages.

Ce rapprochement avec Strindberg s'arrête malheureusement au niveau de surface de la trame principale de la pièce de Lombardo. Ce qui est profondeur de sens et substance dans l'univers Strindberg se transforme ici en pénible marivaudage livré en toute boulevardière désincarnation. La chose pourrait trouver à la limite une certaine efficacité dans le rythme et l'effet, si le rendu des dialogues se trouvait mieux rodé. Hélas! on n'arrive pas à atteindre le texte dans sa pleine amplitude, même si un tiers dernier mieux réussi en laisse deviner le potentiel.

La dynamique de jeu laisse fréquente impression de manque de synergie, de manque d'écoute, avec des acteurs encore trop tournés vers le processus de recherche et qui semblent ne pas toujours jouer dans la même pièce. La chose présentée a toutes les apparences d'un schématique laboratoire qui explore des pistes de jeu très valables, mais pas encore assez affinées. Ainsi, les éclats trop appuyés d'un l'un et la sobriété affectée et l'expression plaquée de l'autre sculptent de façon grossie la matière brute des personnages.

Un parfum de Montgolfière est très certainement une oeuvre qui prend toute sa force dans la rencontre, mais cette dernière reste à venir.

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Auteur et metteur en scène : Alberto Lombardo
Avec Fanny Fennec et Manuel Sinor

Présenté dans le cadre du Festival Fringe 2012 de Montréal au 4247 Saint-Dominique

Vendredi 15 juin à 19 h 45
Samedi 16 juin à 13 h
Lundi 18 juin à 23 h 30
Mercredi 20 juin à 19 h 15
Jeudi 21 juin à 16 h 15
Vendredi 22 juin à 22 h
Dimanche 24 juin à 15 h 30

Réservations : 514-849-FEST (514-849-3378) ou au www.montrealfringe.ca