Par Yves Rousseau
La pièce Un parfum de Montgolfière : la Mademoiselle Julie de Strindberg, en version cougar.
Dans Mademoiselle Julie, August Strindberg avait créé un interlope zone de rencontre
entre une aristocratique ingénue cynique et perverse, et son domestique
arriviste. La pièce d'Alberto Lombardo table sur les mêmes prémisses, en
proposant un espace où les formelles relations de classe et de pouvoir
s'estompent progressivement au profit d'une équivoque relation
intrigante existentiellement traversée par des enjeux de désirs. Mais
ici la dignité persistante et préservée du larbin se heurte à un cynisme
qui n'est pas celui de l'insolente jeunesse gâtée, mais plutôt celui
d'une précieuse rombière usée par la solitude des (trop nombreux) amants
de passages.
Ce rapprochement avec Strindberg s'arrête malheureusement au niveau de
surface de la trame principale de la pièce de Lombardo. Ce qui est
profondeur de sens et substance dans l'univers Strindberg se transforme
ici en pénible marivaudage livré en toute boulevardière désincarnation.
La chose pourrait trouver à la limite une certaine efficacité dans le
rythme et l'effet, si le rendu des dialogues se trouvait mieux rodé.
Hélas! on n'arrive pas à atteindre le texte dans sa pleine amplitude,
même si un tiers dernier mieux réussi en laisse deviner le potentiel.
La dynamique de jeu laisse fréquente impression de manque de synergie,
de manque d'écoute, avec des acteurs encore trop tournés vers le
processus de recherche et qui semblent ne pas toujours jouer dans la
même pièce. La chose présentée a toutes les apparences d'un schématique
laboratoire qui explore des pistes de jeu très valables, mais pas encore
assez affinées. Ainsi, les éclats trop appuyés d'un l'un et la sobriété
affectée et l'expression plaquée de l'autre sculptent de façon grossie
la matière brute des personnages.
Un parfum de Montgolfière est très certainement une oeuvre qui prend
toute sa force dans la rencontre, mais cette dernière reste à venir.
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Auteur et metteur en scène : Alberto Lombardo
Avec Fanny Fennec et Manuel Sinor
Présenté dans le cadre du Festival Fringe 2012 de Montréal au 4247 Saint-Dominique
Vendredi 15 juin à 19 h 45
Samedi 16 juin à 13 h
Lundi 18 juin à 23 h 30
Mercredi 20 juin à 19 h 15
Jeudi 21 juin à 16 h 15
Vendredi 22 juin à 22 h
Dimanche 24 juin à 15 h 30
Réservations : 514-849-FEST (514-849-3378) ou au www.montrealfringe.ca