Par Yves Rousseau
Envol est une icaresque épopée sportive relatant la fatale quête d'absolu d'une famille d'alpinistes.
Crédit : Andréanne Gauthier
Il faut parfois traverser un moment où la vie ne tient plus qu'à un fil
afin de pouvoir se rapprocher l'essentiel, voire même de l'absolu. C'est
peut-être ce qui pousse certains alpinistes à crapahuter toujours plus
haut sur les montagnes de tous les dangers.
Envol est un récit qui relate cette passion pour la montagne chez un
père vieillissant et chez sa fille adulte. L'histoire est contée du
point de vue de l'être qui pense bientôt mourir, pendant au bout d'une
corde le long d'une falaise, ou se retrouvant isolé au fond d'une
abyssale crevasse. C'est un palpitant récit de vie où la grimpe prend
dimension d'un initiatique parcours existentiel. C'est également un
espace de toutes les évasions où, comme Icare, les passionnées
enflammées se brûlent parfois les ailes à trop vouloir atteindre de
mythiques sommets illuminés. Les personnages, tout à fait équivoques, sont envisagés
dans toutes leurs humaines contradictions...
Ce solo, écrit et interprété par André Frappier, est accompagné par les superbes climats musicaux méditatifs générés in vivo par
le guitariste Christian Frappier. Le metteur en scène Sébastien Frappier a
opté pour un sobre lieu de parole où la trame mimographique et
proxémique se trouve réduite à quelques ébauches de conventions. C'est
un aspect qui a l'avantage de créer un intime espace de communion
essentiellement axé sur la parole (inutilement dénaturée par une
amplification), mais cette approche a comme désavantage d'offrir moins
de points de repères conventionnels pour un récit qui slalome entre les
temps réels et fantasmagoriques, les angles de perspectives et les nombreuses évocations de lieux.
André Frappier rend l'histoire captivante, profonde et humaine, même si
cette dernière se trouve parfois embrouillée par d'occasionnels passages
rendus de façon plus approximative : on sent encore l'effort relatif à
la maîtrise du texte.
C'est intéressant, il y a de très beaux moments.
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Texte et interprétation : André Frappier
Musique et interprétation : Christian Frappier
Mise en scène : Sébastien Frappier
Éclairages : Jean Laurin
Du 9 au 12 mai à 20 h
STUDIO-THÉÂTRE de la PLACE DES ARTS
514 842-2112 / 1 866 842-2112
