Par Yves Rousseau
La pièce « D pour Dieu? » de Simon Boudreault est une pétillante et ludique épopée existentielle qui se conjugue au « je ».
Crédit : Sylvain Légaré
On y examine avec beaucoup d'ironie comment l'universelle quête de sens est abordée à chacun des stades de développement de l'être humain.
Crédit : Sylvain Légaré
On y examine avec beaucoup d'ironie comment l'universelle quête de sens est abordée à chacun des stades de développement de l'être humain.
La pièce part de l'idée de l'égocentrisme initial du poupon et nous met
dans la tête du personnage principal à partir du moment de sa naissance, alors qu' il se croit centre du monde, et donc Dieu. Cette certitude de
base est par la suite effritée par les blessures narcissiques liées à
chacun des nouveaux stades de la vie : alors le doute s'installe et
l'existentielle quête de sens divin s'amplifie. De l'étape de la
différenciation où l'enfant réalise ne pas être omnipotent (plus le
divin centre du monde), en passant par l'adolescence et la première
perte amoureuses (plus l'inaliénable et
divin objet de désir), jusqu'à la maturité et les premiers décès des
camarades de même âge (plus immortel), on assiste à une progressive et
très ironique réduction de l'ego chez un caractère qui réalise n'être qu'une infime particule perdue dans l'immensité du grand non-sens d'un monde cruel qui est peut-être
sans Dieu. Vanitas vanitatum omnia vanitas (Vanité des vanités, tout est vanité)...
Pour illustrer son magnifique texte dans lequel tous se reconnaîtront un
peu, Simon Boudreault a imaginé un mimographique univers de mouvance où le
métaphorique geste fait toujours contrepoint au verbe. Les ruminations
intérieures de son personnage ouvrent la porte à de multiples dérives
fantasmagoriques traversées par des créatures fantaisistes animées avec
brio par la marionnettiste Karine St-Arnaud (qui manipule les superbes
créations de Marie-Pierre Simard). Un transformiste et sobre module
scénographique à trucs permet de reconfigurer l'espace pour chacune des
scènes. Ce dynamique univers de suggestion est également bellement
habillé par le très humoristique accompagnement musical in vivo du
musicien multi-instrumentiste Maxime Veilleux.
Ce faux solo est tantôt drôle, tantôt poignant et dramatique, et il est
toujours profondément sensible et humain. C'est une pièce qui est de
surcroît pleine de cette maîtrise qui permet à une œuvre d'atteindre
une portée universelle tout en demeurant tout à fait accessible. Voilà
deux petites heures (avec entracte) qu'on regrette voir passer aussi
rapidement. La performance de Monsieur Boudreault est tout simplement
jubilatoire.
On passe vraiment un superbe moment : c'est du théâtre d'intelligence,
c'est du théâtre de cœur, et surtout, c'est du théâtre qui fait du
bien.
Voilà un spectacle de très grande qualité qu'il faut voir absolument!.
_______________________________________________
Texte, mise en scène et interprétation : Simon Boudreault
Marionnettiste : Karine St-Arnaud
Assistance à la mise en scène : Judith Saint-Pierre
Décor : Richard Lacroix
Éclairages : Frédéric Martin
Conception musicale : Maxime Veilleux
Conception de marionnettes : Marie-Pierre Simard
Conseillère à l’interprétation : Catherine Ruel
Conseiller dramaturgique : Olivier Kemeid
24 avril au 19 mai 2012
Théâtre d'Aujourd'hui
3900 rue Saint-Denis
Billetterie : 514 282 3900
Voilà un spectacle de très grande qualité qu'il faut voir absolument!.
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Texte, mise en scène et interprétation : Simon Boudreault
Marionnettiste : Karine St-Arnaud
Assistance à la mise en scène : Judith Saint-Pierre
Décor : Richard Lacroix
Éclairages : Frédéric Martin
Conception musicale : Maxime Veilleux
Conception de marionnettes : Marie-Pierre Simard
Conseillère à l’interprétation : Catherine Ruel
Conseiller dramaturgique : Olivier Kemeid
24 avril au 19 mai 2012
Théâtre d'Aujourd'hui
3900 rue Saint-Denis
Billetterie : 514 282 3900