Par Yves Rousseau
La compagnie Champ Gauche présente la pièce « La mort de Kubrick » de David-Alexandre Després
Crédit: Maxime Côté
Alex est un geek socialement inapte, psychorigide et régressé qui ne vit que pour son unique passion : l’œuvre de Stanley Kubrick. Un jour, alors qu'il est comme toujours enfermé dans son appartement à contempler sa collection d'objets liés à l'univers Kubrick, Alex apprend qu'il a gagné des billets pour assister à la première du dernier film de son idole. Alors qu'il s'imagine déjà rencontrer Kubrick, on lui annonce la mort subite de ce dernier. Alex perd alors la tête, et sombre dans une folie psychotique. Alex traverse alors un univers halluciné où ses pulsions sexuelles et meurtrières refoulées rencontrent l'univers cinématographique tordu de Kubrick...
L'action se déroule entièrement dans l'appartement du principal personnage. C'est un espace qui est saturé d'objets de collection liés à Kubrick, avec un mur arrière montrant une immense murale à son effigie. À l'image de la scénographie, la pièce semble être avant tout un formidable hommage à l’œuvre de ce cinéaste : ainsi, l'initiale phase réaliste permet de mettre dans la bouche d'Alex, tout un florilège de références (ad nauseum...) qui tracent la genèse de l’œuvre de Kubrick, alors que la phase hallucinée (lorsqu'Alex devient fou) permet de plonger les personnages dans un univers de délire qui est traversé par des éléments faisant notamment référence aux films « Lolita » et Orange mécanique » (de Kubrick).
La manœuvre tient assez bien le coup en première moitié, surtout du fait de l'effort des comédiens, de la superbe esthétique des tableaux, et de l'efficacité de la mise en scène. Mais cette dernière s'étiole lors de la deuxième partie, et elle n'arrive plus à palier aux faiblesses d'un texte plus laborieux qui finit par se perdre en longueur dans un dédale de fantasmagories « kubrickesques » soulignées, redondantes et disloquées. Cette portion donne une impression d'inachèvement, de manque de synthèse. Le jeu suit alors la même trajectoire d'approximation, un peu comme si cette partie seconde se fut toujours trouvée à l'étape du laboratoire. Aurait-on manqué de temps ?
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Texte : David-Alexandre Després
Mise en scène : Olivier Morin
Interprétation : Christine Beaulieu, Alexia Bürger, David-Alexandre Després et Caroline Lavigne
Lumière : Erwann Bernard
Décor et accessoires : Geneviève Lizotte
Costumes : Julie Breton
Assistance à la mise en scène : Charlotte Ménard
15 au 31 mars
Théâtre La Chapelle
3700, Saint-Dominique
Billetterie : 514-843-7738
