vendredi 20 janvier 2012

Le Distrait, de Jean-François Regnard - Théâtre Advienne que pourra

Par Yves Rousseau

La Compagnie de théâtre Advienne que pourra présente une  adaptation de la comédie "Le Distrait", de Jean-François Regnard.

Crédit : Luc Lavergne


Madame de Grognac, une rombière caractérielle, a fiancé sa cocotte de fille Isabelle avec Léandre, un sobre jeune homme de bonne famille. Mais ce dernier est tombé follement amoureux de la belle Clarice, une fougueuse et spirituelle suffragette. Hélas! la vénale de Grognac refuse de libérer Léandre de son engagement, même si sa fille s'oppose à ce mariage arrangé. Le frère de Clarice qui est un facétieux dandy désargenté, revient de guerre, et courtise avec succès Isabelle, au grand dam de la mégère qui décide alors de précipiter le mariage. Léandre, avec l'aide des domestiques et de la mère de Clarice, n'a alors que quelques heures pour mettre sur pied un stratagème afin de  faire changer d'idée la vieille afin que chacun puisse finir par épouser qui il aime. Pour complique les choses, Léandre s'avère être le roi des distraits, et les conséquences de ses nombreuses et rocambolesques gaffes lui compliqueront grandement la tâche...

Crédit : Luc Lavergne

Dans cette adaptation, la pièce originalement écrite à la fin du dix-septième siècle a été  expurgée de ses références temporelles d'origine, et l'action a été transposée peu après la fin de la belle époque. Ainsi, la transformation de certains personnages en suffragettes semble pertinente, puisque la dimension libertaire et volontaire des personnages féminins est déjà très palpable dans ce texte de Regnard : les jeunes femmes y défient l'autorité parentale et se donnent le droit de choisir ou non de se marier selon l'inclinaison du cœur, et non par obligation. Il en faudrait malheureusement beaucoup plus pour donner à cette écriture bon enfant autant de satirique mordant, d'ironique substance et d'intemporalité que celle de Molière. C'est une plaisanterie agréable et chargée de tableaux colorés, mais ça reste très léger, voir parfois d'une  naïveté obsolète. Ce genre d'histoire qui découle d'un canevas très utilisé dans la comédie d'époque, semble beaucoup mieux servi lorsque le  traitement est sublimé par des hybridations avec la commedia dell'arte.

La réalisation est pourtant impeccable. La scénographie très simple représente une devanture d'habitation avec multitude de portes claquantes. Nous ne sommes pas dans un Feydeau, mais l'ensemble a dans son rythme et son climat, un petit côté boulevardier. La production, faute d'être vraiment drôle, a au moins le mérite d'être divertissante. Le travail des comédiens est solide, compte tenu d'un style de jeu  adapté au vaudevillesque  des situations. C'est évidemment ponctué de chorégraphies et de chansons chorales inspirées des  musiques endiablées de l'époque, et ce sont là parmi les passages les plus agréables de la pièce.

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Texte de Jean-François Regnard
Adaptation et mise en scène : Frédéric Bélanger
Comédiens : Guillaume Baillargeon, Maude Campeau, Valérie Descheneaux, Marie-Josée Forget, Nancy Gauthier, Milène Leclerc, Benoît McGinnis et François-Simon Poirier
Concepteurs et collaborateurs artistique : Sarah Balleux, Emanuelle Langelier, Audrey Thériault, Jason Battah, Sylvain Béland, Annie-Claude Coutu Geoffroy, Han Masson, Maryse Drainville, Hélène-Manon Poudrette et Benoît Jolicoeur.

Du 18 janvier au 04 février 2012
Théâtre Denise-Pelletier
4353, rue Sainte-Catherine Est

Réservations : 514-253-8974