Par Yves Rousseau
Avec Le Nid Vide, Le Théâtre de Quartier revisite le parental temps de l'après, celui où les souvenirs remplacent la présence incarnée d'un rejeton qui a grandi et a quitté le nid familial pour faire sa vie.
Crédit : Jean-Philippe Baril-Guérard
Et c'est à partir d'une pièce sans paroles, mais au mimographique geste évocateur, qu'est rendue cette histoire douce et sensible conçue pour les tout-petits. Antithèse du théâtre à sensation Le Nid Vide est une œuvre qui s'élève avec poétique lenteur, dans une contrapuntique conversation avec une pianistique musicalité impressionniste (Satie) qui papillonne comme rêve magnifié d'enfant (on ytrouve également du Liszt et du Mozart). C'est également un univers d'humanité et d'émotion, qui par ses ouvertures sur l'imaginaire, concentre en lui-même tout ce qui peut offrir le théâtre en tant qu'objet de croissance et d'élévation se situant aux antipodes des médiocrités abrutissantes, faciles et racoleuses, qui occupent une bonne partie du flux médiatique « destiné » à la jeunesse.
L'histoire au métaphorique anthropomorphisme, se déroule en deux temps dans une famille d'oiseaux. L'exposition table sur les marionnettes à tige et les jeux d'ombres, et elle montre montre un Papoiseau et Mamoiseau épris construisant un nid juché sur les sommets du décor, puis prenant amoureusement soin de Titoiseau jusqu'a ce que ce dernier s'envolasse. Le développement est joué au niveau de la scène par les comédiens portant bec d'oiseaux, et il nous projette au sein de ce nid maintenant vidé, où se trouve le lit abandonné du rejeton. La chorégraphique valse splénétique et nostalgique des parents y virevolte en adagio : ce sont des dérives d'intériorités qui sont amorcées tour à tour par des objets trouvés dans la chambre, chacun symbolisant les diverses étapes de vie de leur fils.
La scénographie charmante et toute simple est évidemment composée d'une aire de jeu circulaire (comme un nid) donnant sur une chambre enfantine surmontée d'une zone permettant les précités jeux d'ombres. Les costumes échappent à tout stéréotype, et jettent un éclairage de modestie sur des personnages délaissés, plus riches de souvenirs que de biens. Les marionnettes sont vivantes, et colorées. Les éclairages intimistes et enveloppants sont parfaitement dans le ton. L'interprétation est impeccable, elle porte tout l'héritage de la profondeur et de l'expérience, avec toute la force de l'humilité, de la générosité, et du dosage.
On peut néanmoins se questionner (on parle de quelques légers ajustements) sur la façon dont les éléments de la fonction symbolique (les objets investis de sens), et surtout de la trame existentielle faisant appel à la capacité de décentration pourront êtres reçus pour les spectateurs visés par le spectacle, qui sont de l'âge de deux ans et plus, ce qui correspond pour les plus jeunes au tout début du piagétien stade cognitif préopératoire.
La pièce est certes une très belle réussite.
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Conception du spectacle et mise en scène : Lise Gionet
Dramaturgie : Lise Gionet, Louis-Dominique Lavigne et
Monique Rioux
Interprétation : Louis-Dominique Lavigne et
Interprétation : Louis-Dominique Lavigne et
Monique Rioux
Scénographie : Patrice Charbonneau-Brunelle
Éclairages : Martin Sirois
Musiques choisies par: Martin Boisclair et Vincent
Beaulne
Collaboration à la création : Hélène Blackburn, Yves
Dagenais et Antoine Laprise
Le nid vide
Pour les tout-petits de 2 ans et plus
Du 12 au 30 décembre 2011
Salle Jean-Claude-Germain
Théâtre d’Aujourd’hui
3900, rue Saint-Denis, Montréal (métro Sherbrooke)
Billetterie : 514 282 3900
Billetterie : 514 282 3900
Représentations scolaires
Du 12 au 16 ainsi que du 19 au 23 décembre
(horaire à vérifier avec le théâtre)
Représentations familiales
Du 27 au 30 décembre à 11 h et 15 h

