Par Yves Rousseau
C'est sous grandiose et apothéotique accueil que le Théâtre de L'Opsis voit triompher la première pièce de son cycle italien, Il Campiello, de Carlo Goldoni : c'est un festif délire au parfum de farce, une tordante rigolade tablant avec ironique verve sur les éternelles humaines faiblesses...
Crédit : Yannick MacDonald
NDLR Ce grand succès du Théâtre de l'Opsis entreprend une tournée provinciale, du 2 mars au 1er mai (voir les dates en bas de page) . La critique suivante a été réalisée lors de la présentation d’octobre 2010 à la Cinquième Salle de la Place des Arts.
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Carlo Goldoni fut à son époque réformateur de la Commedia dell'arte : à partir des principes exposés en 1750 dans son opus « Il Teatro Comico », la pièce à canevas se transforme progressivement en comédie de caractère totalement écrite, sans masques, avec à la base un certain réalisme social peignant une humanité dont on fait grande moquerie : pas d'hypocrisie faces aux mœurs, toutes les prétentions et faux-semblants passent à la moulinette dans une comédie élaborée, mais toujours porteuse des couleurs de la commedia dell'arte.
Crédit : Yannick MacDonald
L'histoire de cette pièce écrite en 1756 est simple : à Venise, sur un campiello, (une petite place ceinte d'habitations très serrées) ou tout le monde sait tout sur tout le monde, on s'épie, on commère, on s'enquiquine, on se chamaille, puis on fête. Une armée d'affreuses vieilles mégères y intrigue afin de marier leurs filles aux meilleurs partis de la place : ainsi débarrassées, elles pourront se marier à leur tour, elles, libidineuses sorcières, affreux crapauds qui se croient toujours désirables. La situation se complique par les manigances d'un survenant séducteur: c'est en fait un bellâtre noble ruiné à la recherche d'une belle et surtout d'une dote, et sa présence jette de l'huile sur le feu des alliances amoureuses déjà ébauchées entre les belles et les gars du coin.
Crédit : Yannick MacDonald
Magnifiquement campé dans une scénographie reproduisant ( à partir de portes recyclées) d'étroites façades plausiblement vénitiennes, la comédie envisagée par Serge Denoncourt met en relief avec une étonnante acuité les satiriques intentions de Goldoni, dans un parcours ou la verve colorée et truculente du maître s'appuient sur des irrévérencieuses facéties et des cabrioles gentiment grivoises, toutes dignes des zannis de la comédia. S'ils ne sont pas masqués, les personnages de vieux portent de riches maquillages totalement au service d'une comique et très descriptive laideur cocasse.
La pièce est une cavalcade, un feu roulant où chaque trait ironique s'accompagne d'une contrepartie physique chargée de rigolards doubles sens et de références perverties dans toute la force irrévérencieuse et égrillarde de la farce : voilà la substance retrouvée, parfois crue, mais toujours vraie d'un Goldoni décensuré et survolant dans cette pièce la burlesque vie des petites gens de son déliquescent univers Vénitien.
La pièce est une cavalcade, un feu roulant où chaque trait ironique s'accompagne d'une contrepartie physique chargée de rigolards doubles sens et de références perverties dans toute la force irrévérencieuse et égrillarde de la farce : voilà la substance retrouvée, parfois crue, mais toujours vraie d'un Goldoni décensuré et survolant dans cette pièce la burlesque vie des petites gens de son déliquescent univers Vénitien.
Crédit : Yannick MacDonald
La pièce est rythmée au quart de tour, tout y est impeccablement placé et contrasté d'effets : les scènes attendrissantes à la Pierrot et Colombine croisent tordant mitraillage d'actions bouffonnes, et les humaines prétentions de vertus laissent toujours entrevoir avec délice moqueur leur contrepartie d'universelles bassesses, de tares et de vices. C'est de surcroît habillé de magnifiques costumes, de superbes éclairages, et de chant qui, comme l'aspect chorégraphique, illuminent l'espace dans une grande fête carnavalesque.
Crédit : Yannick MacDonald
L'équipe de comédiens impeccablement dirigée, et semble bénie des bons hospices dionysiaques. Il y a une totale générosité, fraternelle et incroyablement éclatante. Les prestations demandent totale présence, force et dextérité dans les actions corporelles, et elles doivent suivre une impitoyable trame d'enchaînement dans cet univers aux multiples portes et fenêtres : cela découle d'une précision qui rencontre l'implacable mécanique d'un Feydeau.
C'est un bouquet coloré de vie, de couleur et de plaisir, un jubilatoire moment de festif théâtre.
À voir absolument, voilà certes de quoi oublier la grisaille automnale et faire le plein d'énergie !
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En tournée 2012 >>> RÉSEAU SCÈNES
2 mars, Beloeil
3 mars, Saint-Jean-sur-Richelieu
17 mars, Outremont
30 mars, Sainte-Thérèse
19 avril, Longueuil
25 avril, Sainte-Geneviève
28 avril, Shawinigan
1er mai, L'Assomption
Détails sur www.reseauscenes.com
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Texte de Carlo Goldoni
Mise en scène de : Serge Denoncourt
Assistance à la mise en scène : Marie-Christine Martel
Costumes : François Barbeau
Décor et accessoires : Louise Campeau
Éclairages : Martin Labrecque
Conception sonore Michael Binette
Conception des maquillages : Nathalie Gagné
Avec :
Annick Bergeron, Luc Bourgeois, Louise Cardinal, François-Xavier Dufour, Stéphanie Labbé, Magalie Lépine-Blondeau, Marie-Laurence Moreau, Olivier Morin, Adèle Reinhardt etJean-Guy Viau
En reprise au Théâtre Denise-Pelletier du 22 septembre au 19 octobre
4353, rue Sainte-Catherine Est
Réservations : 514-253-8974
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Du 5 octobre au 30 octobre 2010
Cinquième Salle de la Place des Arts
Billetterie :514.522.9393
billetterie@theatreopsis.org




