dimanche 13 juin 2010

Les perruches sont cuites, de Charles Bolduc - Théâtre de l’Arrière-Train

Par Yves Rousseau

Fringe 2010
Composé de jeunes finissants issus de la promotion 2009 du l’Option-Théâtre du collège Lionel-Groulx, Théâtre de l’Arrière-Train présente une adaptation du recueil « Les perruches sont cuites» de l'auteur Charles Bolduc : poétique errance existentielle à la recherche du temps perdu, ironique dédale du quotidien sur spleen amoureux.




Sur scène, un univers dépouillé mâtinant zones d'ombres et d'évanescentes incertitudes se peuple d'à peine quelques accessoires.

Canon pour voix narrative, multiples personnages. Lui, elle, eux, les autres.

Errants et seuls dans l'isolat de leurs lumineux faisceaux existentiels, adulescents de post-moderne génération embrassent de poétique verve le spleenétique flottement de l'errance dans le refus du devenir, de l'engagement, et la passive incertitude de vouloir être.

Illusion de bonheur du grand marché amoureux, meat-market du consumérisme relationnel, se noient  dans narcissique marre aux implacables reflets de cynisme, sous vent de solitude.

Extrait : « J'essaie simplement d'oublier qu'il y a des gens sur cette planète, et qu'on en fait partie »

Parfois, l'espace d'un moment, autocentrisme et ennui croisent l'Autre, puis sensualité, corporalité,  s'enivrent des étourdissantes perspectives portées par les échos des promesses sans lendemain.

Pour matérialiser la précitée substance, deux voix pour flux narratif et pensées intérieures explorent hiatus de clairs-obscurs, éclats de réminiscences, futilité de morceaux d'absence, flottement de silences, dans une langueur pleine des non-dits portant  le sous texte : à la recherche du temps perdu.

Dans subtil travail d'exploration de l'espace, sages postmodernistes influences morcèlent l'éclaté panorama de dictaphoniques extraits audio et vidéo, morceaux d'états d'âme ponctuant flânage de vie, le tout formant de ses éclats l'existentielle grande mosaïque de  petits temps d'être.

Le travail de mise en vertige des jeunes comédiens est fascinant, jouant avec zones de suggestions et d'incertitudes de sens, avec essentiellement, sur la bonne voie, travail de voix, de substance sonore et de métaphoriques gestuelles minimalistes à poursuivre, à partir de ce très intéressant laboratoire.

Trajectoire prometteuse, work-in-progress à suivre, il y a de très beaux moments et y on passe une bonne petite demie-heure.


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Le Théâtre de l’Arrière-Train présente : Les perruches sont cuites
D’après le recueil du même nom, signé Charles Bolduc (LEMÉAC, 2006)
Avec l’aimable autorisation de l’auteur et de Leméac Éditeur
Adaptation, mise en scène et interprétation : Nicolas Gendron et François Morin
Photographe et conseillère à la technique : Josée Brouillard

Mainline 3997, boul. St-Laurent

12 juin 19 h 15
13 juin 15 h 15
14 juin 23 h 45
16 juin 18 h
18 juin 20 h 30
20 juin 16 h 45

Billetterie : 514-849-FEST