dimanche 13 juin 2010

La peau // Le dermographe - Collectif Ordures

Par Yves Rousseau

Fringe 2010
Composé de jeunes finissants en provenance de secteurs variés (communications, architecture, intermédia, cinéma, lettres), le collectif Ordures se propose sous multidisciplinaire approche et jeu physique, d'explorer sous forme d'un triptyque l'organe de la peau en tant que  sensorielle frontière entre l'être et le paraître.
Crédit : Collectif Ordures



Le théâtre se transforme,  et pour le meilleur ou pour le pire se mâtine d'esthétiques nouvelles et de médiums alternatifs, et à ce titre il peut-être intéressant de visiter marge, et pré-relève, mesurant ainsi future vague de créativité.

Composée d'artisans de la toute fin de la génération « Y », et même peut-être du début de la génération « Z », le collectif Ordures qui rassemble des membres essentiellement issus du domaine de l'architecture et de l'intermédia, revisite le post-modernisme dans une théâtrale vision éclatée où bigarrée climatique du pop-art se tord de néo-expressionnistes éclatements, sous psychanalytique résurgence archétypale et limbique issue d'une écriture automatiste retravaillée et synthétisée.

Un triptyque dominé par pulsionnelle sensualité mammalienne et primaire de la peau y croise fusionnelle animalité du lien, et atavique viscéralité explosive de la peur de la perte. Clivage. 

Examinons ces trois portions  :

Primo : Corporalité agglutinée comme portée de chiots, puis errants ectoplasmes hébéphréniques et titubants comme âmes perdues sous panache de cervidé, croisent taxidermiste paternité désincarnée, œdipien complexe et conflictuel lien avec parentalité, pulsion de mort et contemporaine solitude, sous vacuité existentielle : « J'ai été conçu entre un loup empaillé et une tête d'orignal, je suis vide ».

Crédit : Collectif Ordures

Secundo : Absurdité de vivre transforme désir de non-être d'une victime de la chirurgie esthétique, en une bistourique mutation en pierre angulaire, dantesque chute. Entourée de warholesques cocottes trans psychédéliques et pop-art-esques,  sous l'aliénation de bombardement de surréelles lectures de définitions  sous non-sens chargés de l'agression extérieure, l'être se fusionne à l'immuable.

Tertio : Le projet Manhattan et ses nucléaires bombes croise par fusionnels et fissionnels principes, zombiesques êtres dissociés qui sous implosifs et explosifs mouvements de danse moderne s'attachent, se mêlent, puis s'arrachent et se jettent : « je t'en prie, dévore-moi, déforme-moi jusqu'à la laideur.

Parfois obscur, inégale d'interprétation (parfois scolaire), avec parfois piétinants éléments de redondances chorégraphiques surchargeant principes de récurrences, mais touchant plusieurs thèmes existentiels, le court opus de trente minutes essentiellement conçu mais aussi joué par des concepteurs se signale particulièrement dans son originalité et sa recherche esthétique par cette façon d'opérer fusion entre, archétypal et corporalités : une vision très contemporaine surfant sur la maître vague d'une expression artistique revisitant de sa propre école de pensée en pleine gestation, les artéfacts des époques passées  archivées pêle-mêle dans le grand souk multimédia d'aujourd'hui.

Intéressant, une recherche conceptuelle exploratoire prometteuse.

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Texte : Guillaume Trahan et Fabien Marcil
Mise en scène : Guillaume Trahan et Marie-Ève Lussier
Chorégraphie : Marie-Hélène Busque                   
Musique : Sara Chiasson                                                                              
Costumes et accessoires : Jeanne-Renée D. Lorrain, Guillaume Trahan et Hans Bobanovits      

Studio Juste Pour Rire,  2109 St-Laurent

12 juin 16 h
13 juin 19 h 30
15 juin 18 h
17 juin 20 h 15
19 juin 16 h
20 juin 18 h 45


Réservations : (514) 849‐FEST