Par Yves Rousseau
Avec « Et ainsi de suite... », la compagnie Hasard Objectif regroupe trois brèves comédies en un acte d'Anton Tchekhov.
C'est sous sobre scénographie principalement composée d'un antique canapé rococo (datant de 1849), en presque absence de musicalité et sous éclairages génériques, que prennent place les satiriques intrigues de salon dans ces trois courtes formes où la petite vie ordinaire de gens du peuple rencontre paradoxes et absurdité de la vie communale, puis guerre des sexes sous ironique vision fataliste où perpétuelles prises de bec suggèrent inévitable aliénation matrimoniale. Les trois opuscules s'enchainent comme suit :
Primo, l'Ours : une jeune veuve inconsolable reste enfermée depuis la perte de son mari. Son valet tente bien de la raisonner, mais rien n'y fait. Un impudent créancier de feu son mari fait irruption, et devant le refus de payer de la veuve, s'incruste avec entêtement : une prise de bec surréelle s'ensuit, avec menace de duel, et peut-être une amourette...
Secundo, Les méfaits du tabac (solo) : censé donner à la demande de sa femme, absente une conférence de charité portant sur les méfaits du tabac, un homme s'empêtre plutôt par exutoire discours de défoulement et s'enfonce par ses révélations maladroites : voilà une pathétique bourrique, la bonne poire de service complètement écrasée par son implacable épouse.
Tertio, Une demande en mariage : un jeune homme vient demander la main d'une presque vieille fille désespérant de se marier, mais suite à un quiproquo on évite complètement le sujet et la discussion prend d'abord l'aspect d'une verbale rixe explosive portant sur la propriété d'un pré mitoyen. Le mariage finira t-il par se concrétiser ?
Envisagé de façon essentiellement vaudevilliste, tonitruante, et évoluant en très rapide crescendo explosif mâtinant parfois pathétique bouffonesque, l'assemblage repose sur un jeu souvent appuyé, dans une mécanique du genre empêtrée de moult inégalités. L'interprétation féminine semble souffrir entre autres, d'inflexions schématiques sur diction approximative et voix mal posée, d'un certain plaqué expressif se doublant d'un postural rigidifié, avec parfois quelques portions de répliques escamotées ou concaténées; un peu plus convainquant, les rôles d'hommes jeunes montrent diction plus convenable, mais perfectible, dans un fortissimo d'intensité et d'expression parfois maladroit et esquivant nuances; finalement, se distinguant par un important écart positif, les savoureuses incarnations d'hommes mûrs montrent une certaine maîtrise du genre vaudevilliste, avec moult expressions et bouilles impayables et truculentes, mais avec plus rarement surenchère et surcharge essentiellement dans l'opus final. Les victoriens costumes véristes coexistent avec caricatures et anachronisme, avec des tenues parfois de burlesques couleurs grotesques et criardes.
La mise en scène assez prévisible trouve rapidement interprétatives limites dans ses potaches et attendues modes d'utilisation du langage spatial, entre autres lacunaires éléments.
Une production pour le moins très perfectible, et qui risque de laisser très peu de traces.
_______________________________________
Metteur en scène : Jean-Alexandre Côté
Musique de : Jean-Claude Boudreau
Avec : Jean-Claude Boudreau, Christian Cardinal et Valérie Gagnon-Laniel
Du 11 au 15 mai 2010
Balustrade du Monument National
1182, boul. Saint-Laurent, Montréal
Réservations : (514) 871-2224 ou 1-866-844-2172
Primo, l'Ours : une jeune veuve inconsolable reste enfermée depuis la perte de son mari. Son valet tente bien de la raisonner, mais rien n'y fait. Un impudent créancier de feu son mari fait irruption, et devant le refus de payer de la veuve, s'incruste avec entêtement : une prise de bec surréelle s'ensuit, avec menace de duel, et peut-être une amourette...
Secundo, Les méfaits du tabac (solo) : censé donner à la demande de sa femme, absente une conférence de charité portant sur les méfaits du tabac, un homme s'empêtre plutôt par exutoire discours de défoulement et s'enfonce par ses révélations maladroites : voilà une pathétique bourrique, la bonne poire de service complètement écrasée par son implacable épouse.
Tertio, Une demande en mariage : un jeune homme vient demander la main d'une presque vieille fille désespérant de se marier, mais suite à un quiproquo on évite complètement le sujet et la discussion prend d'abord l'aspect d'une verbale rixe explosive portant sur la propriété d'un pré mitoyen. Le mariage finira t-il par se concrétiser ?
Envisagé de façon essentiellement vaudevilliste, tonitruante, et évoluant en très rapide crescendo explosif mâtinant parfois pathétique bouffonesque, l'assemblage repose sur un jeu souvent appuyé, dans une mécanique du genre empêtrée de moult inégalités. L'interprétation féminine semble souffrir entre autres, d'inflexions schématiques sur diction approximative et voix mal posée, d'un certain plaqué expressif se doublant d'un postural rigidifié, avec parfois quelques portions de répliques escamotées ou concaténées; un peu plus convainquant, les rôles d'hommes jeunes montrent diction plus convenable, mais perfectible, dans un fortissimo d'intensité et d'expression parfois maladroit et esquivant nuances; finalement, se distinguant par un important écart positif, les savoureuses incarnations d'hommes mûrs montrent une certaine maîtrise du genre vaudevilliste, avec moult expressions et bouilles impayables et truculentes, mais avec plus rarement surenchère et surcharge essentiellement dans l'opus final. Les victoriens costumes véristes coexistent avec caricatures et anachronisme, avec des tenues parfois de burlesques couleurs grotesques et criardes.
La mise en scène assez prévisible trouve rapidement interprétatives limites dans ses potaches et attendues modes d'utilisation du langage spatial, entre autres lacunaires éléments.
Une production pour le moins très perfectible, et qui risque de laisser très peu de traces.
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Metteur en scène : Jean-Alexandre Côté
Musique de : Jean-Claude Boudreau
Avec : Jean-Claude Boudreau, Christian Cardinal et Valérie Gagnon-Laniel
Du 11 au 15 mai 2010
Balustrade du Monument National
1182, boul. Saint-Laurent, Montréal
Réservations : (514) 871-2224 ou 1-866-844-2172