jeudi 20 mai 2010

Compagnie Fée Fatale - Les creux d’un rêve

Par Yves Rousseau

Avec Les Creux d'un rêve, la compagnie Fée Fatale marie art représentatif, théâtre, danse, musique populaire et vidéo dans printanière et bienséante bacchanale.
Crédit : Fée Fatale

Happening performatif amical contributif, capsules existentielles anarchiquement résurgentes sur geste en éclats de vie, Les Creux d'un rêve mêlent spleenétiques et poétiques petits moments personnels,  reflets vidéographiques, écho musical et chorégraphique dans rabelaisienne et bordélique communion artistique en printanier sacre.

À l'image de cette scénographie ouverte et conviviale bordée de canapés tel un loft où se loveraient artisans, le  limbique  univers trouve substance dans cette immense muraille en mosaïques d'états, dominant à jardin l'ensemble : ainsi l'opuscule, tel un patchwork texturé,  s'éclate comme gigantesque laboratoire tentatif resplendissant de toutes ses expérimentales inégalités, avec impressionniste  évocation  climatique d'une tranquille fureur de vivre.
Crédit : Fée Fatale

Outre bacchantes offrant vin à dionysiaque assistance, voilà côté cour David Usher et son orchestre donnant le ton de cette gentille post-moderne bacchanales avec airs pop-rock romantico-bobo procédant d'ostinato et effets de récurrences en crescendo harmoniques, motifs bouclés inspirants chorégraphiques variations existentielles et symboliques des danseurs.  Même si parfois la musique in vivo, qui prend parfois beaucoup de place, enterre le spoken word  de Mme Reeves, sa montréalité peuplée de pluie estivale et de passantes incarnant toute la baroque beauté d'une ville sous la langueur du temps qui passe, saisit le moment et porte. La vidéographie en arrière-plan trouve parfois racines, et autrement scintille décorativement. Quelques sketchs à saveur de réminiscences d'enfance complètent.
Crédit : Fée Fatale

La petite chose d'à peine une heure, encore toute maigre et un peu chambranlante, demande encore certainement enrobage, travail de jeu, matière et développement, mais le concept est intéressant et offre de bons moments évocateurs. C'est porteur d'une charmante spontanéité se concluant, comme saisonnier éclatement de bourgeons, par communale célébration en grande danse de vie.

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Texte et mise en scène de Sabrina Reeves
Chorégraphie : Elijah Brown, Sandrine Lafond et Tony Chong
Musique : David Usher et Fredéric St-Gelais, Jonathan Gallivan et Kevin Young
Création sonore : Maurice Applebaum
Films : Cameron Davis, Sabrina Reeves, et Bluemouth inc.
Traduction : Geneviève St-Louis
Scénographie : Lyne Paquette
Costumes : Noémi Poulin

Artistes : Elijah Brown, Jonathan Gallivan, Mistaya Hemingway, Paul Hopkins, Carole Prieur, Sandrine Lafond, David Usher, Tony Chong, Fredéric St-Gelais, Sabrina Reeves, Benjamin Kamino,  Jonathan Gallivan, Kevin Young, Margaret McBrearty, Matt Holland et Lucie Vigneault.

18 au 22 mai
Théâtre La Chapelle
3700, rue St-Dominique

Guichet : (514) 843-7748
info@feefatale.com
Site web : www.feefatale.com