mardi 11 mai 2010

Chronique de la relève : ESTUQAM — G Round, d'Anaïe Dufresne

Par Yves Rousseau

Un boxeur, un photographe, une designer événementielle et une midinette amie slamment verve poétique sur combat intérieur : celui d'une post-moderne quête du Vrai, sous le vent tempête  des technoïdes scintillements du veau d'or. 

Crédit : Simon Belleau

Une scénographie ouverte, en grande ligne lignes contemporaine et dépouillée est dominé par juxtapositions de fines projections mariant éclats de vie  et écho d'intériorité, dans le grand post-moderne vide où des personnages blessés de solitude errent en angulaire trajectoire dans le géométrique spleen de l'urbanité sous isolement des grands ensembles cubiques.

Crédit : Simon Belleau

La quête de soi, puis celle de l'Autre vibrent d'une sublime poétique voix intérieure : néo-lyrisme existentiel, humaine organicité perdue dans univers d'amplification où destinée impressionniste s'étourdissent d'hypnotiques boucles en trajectoires scintillantes de toutes les récurrences cybernétiques du grand labyrinthe dantesque, minautoresque chant des sirènes du deuxième millénaire où de Charybde en Scylla, l'humaine nef cherche la lumière vraie du fondamental phare.

Crédit : Simon Belleau

Odyssée pour voix, âme, image et contrepoint musical, le périple où êtres espèrent  dans froide urbanité minérale l'atavique animalité de la présence, se scande du fil d'Ariane d'une musique initiatique, sous le drum and base de toutes les batailles du cri de vie défiant ténébriste labyrinthe des illusoires paradis artificiels de tous les miroirs aux alouettes du devenir.
Slam de la fureur de vivre lacérée de destroy s'y sublime d'un transique cantique des cantiques réinventé, avec élégie de l'amitié, dans une vraie, belle, fondamentale rencontre avec le substantifique regard de l'Autre.

Crédit : Simon Belleau
Voix intérieure : « je regrette d'avoir baisé alors que tout ce que j'ai toujours voulu était de faire l'amour »

Très bien portés par la jeune distribution, dans une symbolique et sensible matérialisation d'une contrastée intériorité générationnelle, comme un cri du cœur. La forme très actuelle est d'une intemporelle et universelle substance.

Prometteuse et fascinant premier jet, avec une étonnante jeune plume, c'est porteur d'une grande beauté.

L'œuvre sera vraisemblablement reprise par le jeune groupe de finissants, certainement à suivre!

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Production des étudiants de l’École supérieure de théâtre
Présenté d 5 au 8 mai 2010 au Studio d’essai Claude-Gauvreau

Texte original : Anaïe Dufresne
Mise Scène : Anaïe Dufresne et Émilie Cormier
Comédiens : Francis Cantin Émilie Cormier Ariane Lacombe et Stéphane Poitras

Assistance conception et direction de production :  Andréane Bernard
Assistance à la mise en scène : Magalie Dufresne
Décor : Jean-François Morel
Assistance au décor : Maxime Dion
Costumes : Amélie Séguin-Rossy
Accessoires :  Véronique Poirier
Son : Tessy P. Paquin et Christine Plouffe
Éclairage : Sabrina Godin et Gabrielle Dumont-Dufresne

Vidéos réalisation : Anaïe Dufresne
Production : Andréane Bernard 
Éclairage : Gabrielle Dumont-Dufresne Sabrina Godinet Jean-François Morel
Caméra : Simon Belleau Gabrielle Dumont-Dufresne et Sabrina Godin
Photos : Simon Belleau
Montage : Gabrielle Dumont-Dufresne et Sabrina Godin