mardi 2 mars 2010

The Red Mark... comme dans un zoo, de Peter James - La Chapelle

Par Yves Rousseau

Avec The Red-Mark, Peter James nous présente sa dernière oeuvre performative...


Devant vous, en avant-scène scène,  côté cour  un praticable-tabouret circulaire fécalisé de détritus jouxte un piano droit et une basse électrique, alors qu'à jardin se trouve une batterie et une table d'harmonie. Quelques tas de polythène, une chaise et un central monticule de guenilles et de détritus occupent, épars,  le reste du sol. À ce plateau dégarni sur naturel décor du théâtre exposé, s'ajoute une petite surface blanche au contour incertain, centralement transversalement suspendu  et tenant lieu de minuscule écran pour des projections en occasionnels écho in vivo de la performance : volontairement ou pas mal centrées, les images  débordent de la surface pour se perdre sur le mur du fond, et certaines scènes conçues pour être vues en projection, se morcellent visuellement.

La mimographie performative solo emprunte le parcours d'un freak-out maniaquo-dépressif en mise en déséquilibre de sens et de raison. Dans une tenue vaguement militaire, marmonnant quelques phrases en crédo de confusion, erre dans un territoire d'intériorité tordu un être psychoïde. À quelques phases hébéphréniques ahuries de catatonie ou de maniérisme contemplatif, alternent le freak-out chorégraphique en implosion onanistique.  Deux musiciens soutiennent la cyclothymique climatique en opposant  tapochage de fantomatiques cordes (table d'harmonie) sur drum and bass assourdissant pour les phases maniaques, et spleenétique et sensible piano romantico-abstrait pour  phases de recroquevillement dépressif postnihiliste : car la pièce débute avec un personnage qui se tire une balle dans la virtuelle caboche de sa mythomaniaque autofiction schizoïde...

Chétives projections low-fi qui n'ajoutent rien, « texte » maigre et désolant et qu'on ne semble pas, encore, capable de produire en français, évocations de l'errance intérieure dans toutes les inégalités d'une impression de collage à l'emporte-pièce ou encore de première phase d'idéation d'atelier d'improvisation dans les premiers balbutiements à la va-comme-je-te-pousse, hiatus de fixité ou de silences qui ne parlent pas, existentialisme de pose et d'expression surfaits sur garrochades corporelles répétitives, découpes et climatiques d'éclairages spartiates, niveaux d'existence dans la même absence de profondeur que le reste du sens, ne se dédouanent ni par l'intensité affectée comme pseudo substance suggérée, ni par la présence organique et très physique de l'interprète, éparpillée d'errances plutôt que canalisées d'un propos. Ça tourne en rond.

Un opus qui semble très brouillon, avec une forte impression d'inachevé. Plus ou moins cinquante dubitatives minutes, avec une formule qui vraisemblablement démontre que la seule énergie performative ne constitue pas dans sa forme la plus libre et la plus déshabillée, la substance suffisante pour matérialiser ce qu'on pourrait sans doute s'entendre pour appeler, même d'un point de vue très libéral, une pièce de théâtre.

Un objet scénique non identifié qui, hormis le jeu au piano,  semble d'une très grande pauvreté.

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Conception et interprétation : Peter James
Musique et interprétation : Bertrand Chénier
Assistance à la mise en scène et musique : Patrick Lamothe

2, 3, 4, 5, 6 mars
Théâtre La Chapelle
3700 St-Dominique, Montréal
Billetterie : 514-843-7738