mardi 16 mars 2010

Le chant de Georges Boivin, de Martin Bellemare - Lecture publique du CEAD pour le Prix Gratien-Gélinas - Théâtre du Rideau-Vert

Par Yves Rousseau

Dans le cadre du Prix Gratien-Gélinas pour la relève en écriture dramatique avait lieu le lundi 15 mars au Théâtre du Rideau-Vert la lecture du magnifique texte « Le chant de Georges Boivin » de Martin Bellemare, diplômé (promotion 2008) du programme d'écriture dramatique de l'École Nationale de Théâtre.

Le prestigieux prix Gratien-Gélinas représente tout un coup de pouce pour les jeunes artisans de la relève, car outre la présente lecture publique du texte organisée par le CEAD, il comprend également les bourses Françoise-Berd (10 000 $) et Première Chaîne de Radio-Canada (2 000 $) remises à l'auteur, mais aussi une aide de 15 000 $ offerte à la compagnie qui produira initialement l'œuvre.

La mise en lecture dirigée par Gaétan Paré fut bellement rendue par Pierre Colin, qui sut donner vie avec éloquence à cette communale fugue de vieux potes, un road-trip un peu beat et existentialiste transportant en voiture un groupe de vieillards au travers des routes canadiennes, destination Vancouver-le-rêve.

George Boivin, veuf, le cadet du groupe à 77 ans, prend congé de sa tour à retraités, et, embarquant au passage certains amis placés en institution et tous au moins  octogénaires, décide d'emprunter un existentiel chemin des écoliers, pour un utopique rendez-vous avec Juliette Chacal, un vibrant premier amour de jeunesse perdu de vue depuis belle lurette  dont il ne possède que l'adresse vancouvéroise, vieille de cinquante ans : sous la douce ironie de l'expérience et du temps, rêver être, voir l'avenir, non plus hier et ses fantômes, mais demain et se sentir vivre et s'envoler, encore, rien qu'un peu...

À partir d'une complicité humaine, profonde et cocasse, d'une poétique sensibilité, le texte de Martin Bellemare est de ceux qui nous font voyager avec image, émotion et tendresse comme dans la chaleur d'une chanson de Brassens (d'ailleurs cité dans le texte) et les couleurs d'une lumineuse toile de Van Gogh. On y retrouve bien sûr un style bien à lui, mais avec une énergie rappelant entre autres Caranvansérail, de Robert Claing, pour ceux qui auraient eux la chance de voir la pièce  en septembre 2009 au Théâtre d'Aujourd'hui.

Un véritable texte de théâtre qui fait du bien, et qui reste maintenant à être produit, pour bientôt on l'espère.

À suivre!

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Le chant de Georges Boivin de Martin Bellemare
15 mars - Théâtre du Rideau Vert
Mise en lecture de Gaétan Paré
Avec Pierre Collin