Par Yves Rousseau
Avec Homo Faber, la mimographie rencontre une technoïde performance où existentialité au parfum de transhumanisme oppose synthétique versus organique.
Crédit : Marie-Chantale Desrosiers
Dans un dantesque univers de caverneuse résonance où geste mécanisé, expressions et voix onomatopéiques s'étirent sous spatiale lenteur comme un film au ralenti, crapahutent de mimographiques créatures. Une assourdissante éruption sonore en monophonique mantraesque point d'orgue sur déréalisantes variations industrielles s'étale in extensio, en osmose avec des voix suramplifiées et déshumanisées d'effets électro-acoustiques techno-métal surréels.
Les éclats de tableaux plus ou moins déconstruits et morcelés constituent eux-mêmes l'arrière-plan technoïde, capté et projeté sur six écrans rectangles verticaux formant un arc : vidéo avec effet de jump-cut, rétroaction saccadée et trashing d'image, avec écho d'éclairages en forme de light-show.
Cet univers psychedeliquo-industriel stalinien inonde donc de flash et de décibels lesdits tableaux sur thématique de tranhumanité aliénée. Du tableau initial, où les personnages uniformisés promènent leur humanité plastifiée et synthétique dans une famille mécanisée au geste automate, à cette suite sur décor de chaîne de montage où la taylorisation dans l'aliénation atteint sa suprême expression avec des humanoïdes à képi se fabriquant en quelque sorte eux-mêmes : une humanité désincarnée qui est le produit de sa propre chaine de montage sociétale.
Les éclats de tableaux plus ou moins déconstruits et morcelés constituent eux-mêmes l'arrière-plan technoïde, capté et projeté sur six écrans rectangles verticaux formant un arc : vidéo avec effet de jump-cut, rétroaction saccadée et trashing d'image, avec écho d'éclairages en forme de light-show.
Cet univers psychedeliquo-industriel stalinien inonde donc de flash et de décibels lesdits tableaux sur thématique de tranhumanité aliénée. Du tableau initial, où les personnages uniformisés promènent leur humanité plastifiée et synthétique dans une famille mécanisée au geste automate, à cette suite sur décor de chaîne de montage où la taylorisation dans l'aliénation atteint sa suprême expression avec des humanoïdes à képi se fabriquant en quelque sorte eux-mêmes : une humanité désincarnée qui est le produit de sa propre chaine de montage sociétale.
Une première vingtaine de minutes aussi esthétiquement fascinantes que climatiquement schizoprhénisantes semble prometteuse de par les prémisses thématiques étalées dans cette futurologie révélatrice d'un cauchemardesque monde où l'homme s'assimile à sa propre technologie. Mais rapidement, la lente parade munch-esque, méphistophélique et technotronique tombe en panne de développement, comme si la substance de ces minutes initiales se fut étirée dans la totalité de l'œuvre (90 min) : on redonde de variation sur un même thème. Comme l'homme qui y est ici prisonniers de sa propre création scientifico-industrielle, l'œuvre semble captive de sa forme, et ni quelques oppositions organiques à grands coups de beurrages de sanguinolentes viandes, ni d'occasionnels effets de circus-commedia décalés, ni un texte qui paraît assez sommaire ne semblent mener la barque plus loin. Gestes beaux de laideur incarnée, certes, mais loin du substantifique bigbrotherisme des Temps Modernes et autres kafkaesques œuvres de poids.
Mince, très mince, comme une fantaisie esthétisante qui très peu interpelle, comme une œuvre qui se noie dans la mare de son propre narcissisme conceptuel sous le triomphalisme d'une image écrasant texte, émotion, approfondissement et substance, Homo Faber semble s'échouer sur les rivages stériles de la plastique en rejoignant ainsi paradoxalement son propos.
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Mise en scène :Mélanie Verville, Alexander Wilson
Interprétation : Catherine Cédilot, Catherine Tardif, Michelle Parent, Jean-Frédéric Noël, Peter James
Conception sonore et médiatique : Alexander Wilson
Éclairages : Émilie Bélair
Costumes et accessoires : Yannick Ross, Lise-Anne Simard
Conception des machines : André Malenfant, Geneviève Boivin
23 au 27 février 2010
Aux Écuries
7285, rue Chabot Montréal
Billetterie : 514-328-7437
