Par Yves Rousseau
Décompte existentiel, tragique chronique d'une mort annoncée, 2 h 14 AM/FM survole et captes-en instantanés quelque temps d'être dans une école secondaire : cinq existences, cinq âmes en ultime cri de vie.
C'est à partir d'une impeccable mise en scène de Claude Poissant, que s'est matérialisée cette création des finissants de l'option théâtre du Collège Lionel-Groulx, conjointement présentée avec, entre autres, la Maison Théâtre.
Rhytmé, découpé, avec de subtils jeux de temps où « présent » croise rétroaction, les récits de vies, les témoignages éclatent, sous la fiévreuse nécessitée, le profond besoin des personnages de se livrer. Par courts segments, croisés de dérives souvent chorégraphiques, le surréalisme poétique pose comme symbolique interlude de l'action de paroles. Lentement, la fresque se trace, se dessine, torturée et captivante : du « maintenant » du personnage de la mère, jusque « l'avant » de ceux des élèves et d'un professeur, l'intériorité se dévoile de ses conflits et préoccupations, humanité perdue dans une avancée vers une irrévocable destinée.
Et cela parle de quoi? De la détresse ordinaire, du poids du quotidien. L'agressivité de l'une, porteuse de toute la haine d'une famille dysfonctionnelle; la persécution d'une autre, qui sous la religion du culte de l'image, voit sa corporance persécutée de harcèlement, de dégradation; du désespoir d'un professeur dépassé, au bout du rouleau face à une tâche impossible, et ingrate; d'un premier de classe, qui tente désespérément de se rendre intéressant aux yeux des belles, pour qui il n'est qu'une tronche; d'un autre vivant les derniers jours d'une grand-mère de façon trouble; du poids coupable des adultes, devant l'inexplicable. Ça parle de la vie, dans toutes ses couleurs belles et sombres, et du devenir. Et de la mort, du chemin tordu qui peut parfois, à l'adolescence, se dessiner. Pas une miette didactiques, ni affectées, les thématiques se fondent avec sensibilité, intégrées dans un flux dramatique poignant, et terriblement pertinent, avec des traits textuels frappants :
La scénographie est composée d'un imposant mur de fond en crépis gris métaphoriquement lézardé, surmonté d'une fenestration latérale (la radio étudiante où campe un être en pleine dérive...). Puis, côté jardin, le coin bureau et quelques accessoires utilisés, le minimum pour suggérer. Les costumes sont descriptifs, et contemporains. Au climat contrasté, s'ajoutent des éclairages de même facture, où le clair-obscur photonique se marie à une musique de même principe, avec quelques standards de jazz lumineux comme « My one and only love » (Guy Wood) croisant le techno-pop dantesque de décibels et parfois sombre.
L'équipe de comédiens se divise en deux distributions jouant chacune une des deux représentations journalières : un de buts de la production, outre le défi de jeu, était de créer une œuvre viable en terme de taille de distribution. Les jeunes comédiens en formation (distribution 1 lors de la visite) s'en tirent avec beaucoup d'aplomb, c'est efficace, bien incarné, plausible, une base de développement bien alignée et prometteuse, pour une pièce ayant visiblement complètement fasciné l'auditoire. L'œuvre, qui n'était à l'affiche que deux journées, sera vraisemblablement reprise, avec un texte d'un jeune auteur qui se démarque, à quelques ébauches de dialogues près, par de fantastiques arias.
À suivre!
Rhytmé, découpé, avec de subtils jeux de temps où « présent » croise rétroaction, les récits de vies, les témoignages éclatent, sous la fiévreuse nécessitée, le profond besoin des personnages de se livrer. Par courts segments, croisés de dérives souvent chorégraphiques, le surréalisme poétique pose comme symbolique interlude de l'action de paroles. Lentement, la fresque se trace, se dessine, torturée et captivante : du « maintenant » du personnage de la mère, jusque « l'avant » de ceux des élèves et d'un professeur, l'intériorité se dévoile de ses conflits et préoccupations, humanité perdue dans une avancée vers une irrévocable destinée.
Et cela parle de quoi? De la détresse ordinaire, du poids du quotidien. L'agressivité de l'une, porteuse de toute la haine d'une famille dysfonctionnelle; la persécution d'une autre, qui sous la religion du culte de l'image, voit sa corporance persécutée de harcèlement, de dégradation; du désespoir d'un professeur dépassé, au bout du rouleau face à une tâche impossible, et ingrate; d'un premier de classe, qui tente désespérément de se rendre intéressant aux yeux des belles, pour qui il n'est qu'une tronche; d'un autre vivant les derniers jours d'une grand-mère de façon trouble; du poids coupable des adultes, devant l'inexplicable. Ça parle de la vie, dans toutes ses couleurs belles et sombres, et du devenir. Et de la mort, du chemin tordu qui peut parfois, à l'adolescence, se dessiner. Pas une miette didactiques, ni affectées, les thématiques se fondent avec sensibilité, intégrées dans un flux dramatique poignant, et terriblement pertinent, avec des traits textuels frappants :
« Je pense que la seule façon de survivre, c'est d'être plus noir que tout ce qui nous entoure » (personnage de l'agressive)
La scénographie est composée d'un imposant mur de fond en crépis gris métaphoriquement lézardé, surmonté d'une fenestration latérale (la radio étudiante où campe un être en pleine dérive...). Puis, côté jardin, le coin bureau et quelques accessoires utilisés, le minimum pour suggérer. Les costumes sont descriptifs, et contemporains. Au climat contrasté, s'ajoutent des éclairages de même facture, où le clair-obscur photonique se marie à une musique de même principe, avec quelques standards de jazz lumineux comme « My one and only love » (Guy Wood) croisant le techno-pop dantesque de décibels et parfois sombre.
L'équipe de comédiens se divise en deux distributions jouant chacune une des deux représentations journalières : un de buts de la production, outre le défi de jeu, était de créer une œuvre viable en terme de taille de distribution. Les jeunes comédiens en formation (distribution 1 lors de la visite) s'en tirent avec beaucoup d'aplomb, c'est efficace, bien incarné, plausible, une base de développement bien alignée et prometteuse, pour une pièce ayant visiblement complètement fasciné l'auditoire. L'œuvre, qui n'était à l'affiche que deux journées, sera vraisemblablement reprise, avec un texte d'un jeune auteur qui se démarque, à quelques ébauches de dialogues près, par de fantastiques arias.
À suivre!
NDLR – Les spectacles d'école de théâtre sont couverts sous forme d'une chronique, car les comédiens sont toujours en formation.
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Texte de David Paquet
Dramaturge : Geneviève Billette
Mise en scène de Claude Poissant
Assistante : Gabrielle Bérubé-Forest
Chorégraphie : Caroline Laurin-Beaucage
Scénographie : Clélia Brissaud
Peintre scénographique : Catherine Aubertin
Accessoires : Alexandre Paquet
Costumes : Marilyne Roy
Éclairage : Tommy Chevrette
Interprètes :
Distribution 1 : Jasmine Bee Jee, David Blais, David Giguère, Julien Lemire, Gueneviève Sandré, Félix-Antoine Tremblay et Martine Pype-Rondeau.
Distribution 2 : David Blais, David Giguère, Florence Longpré, Iannicko N'Doua-Légaré, Mara Préfontaine et Dominic St-Louis et Martine Pype-Rondeau.
Maison Théâtre, 14 et 15 janvier
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Texte de David Paquet
Dramaturge : Geneviève Billette
Mise en scène de Claude Poissant
Assistante : Gabrielle Bérubé-Forest
Chorégraphie : Caroline Laurin-Beaucage
Scénographie : Clélia Brissaud
Peintre scénographique : Catherine Aubertin
Accessoires : Alexandre Paquet
Costumes : Marilyne Roy
Éclairage : Tommy Chevrette
Interprètes :
Distribution 1 : Jasmine Bee Jee, David Blais, David Giguère, Julien Lemire, Gueneviève Sandré, Félix-Antoine Tremblay et Martine Pype-Rondeau.
Distribution 2 : David Blais, David Giguère, Florence Longpré, Iannicko N'Doua-Légaré, Mara Préfontaine et Dominic St-Louis et Martine Pype-Rondeau.
Maison Théâtre, 14 et 15 janvier