Par Yves Rousseau
Avec Bonheur Biochimique, l'intimité relative des cabinets rencontre le roman à l'eau de rose, et un principe « scientifique » selon lequel une situation fictive, littéraire, filmique, procéderait du même effet neuronal versus le bonheur que le vécu réel. Induction...
Crédit : Patrick Ma
Performatif, immersif, contextuel, l'œuvre pose le public en voyeur, là dans l'étroitesse des design toilettes des dames du Marché Bonsecours. Tableaux intriqués, aussi morcelés que le point de vue fragmentaire, schizokaleïdoscopique : vu l'étroitesse des lieux, on ne peut jamais totalement voir ce qui se passe dans les cagibis, devant miroirs et lavabo, ou dans la coursive, et les paroles se croisent et virevoltent.
Par mouvements de va-et-vient, sous le regard incrédule d'une cohorte d'actants, entre quelques séances de « poupounage » et de cyclique activation de chasse d'eau, ici un papotage fébrile et excité sur une visite « aux danseurs », plus loin une bribe de conversation au cellulaire, puis là, épiant, une présence masculine : une mosaïque de bouts d'histoires hachurées par la perpétuelle mouvance se croise de dérives où la fantasmagorie surfaites de ces romans d'amour fantasmés à voix haute se mêle au réel, dans une certaine libération du refoulé qui atteint parfois l'atmosphère de fiesta avec communale danse et chant sur bubblegum pop très 60's.
Le travail impressionniste, d'imprégnation in situ est intéressant dans son principe et son effervescence, et ébauche les bases embryonnaires d'un procédé théâtral original, mais l'ensemble demeure, au-delà des limites du concept, très anecdotique, et surtout très expérimental : chantier en cour. Le jeu, à quelques soubresauts près, s'avère inégal, affecté, fabriqué, avec certaines répliques laborieuses, d'un ton récitatif. Les enchaînements flous conjugués au manque de perspective et à une circulation sonore aléatoire, laissent, comme le reste, l'impression d'un laboratoire théâtral encore à l'étape de la définition d'une mécanique, d'un procédé, d'une esthétique : un processus parfaitement normal et légitime dans un travail de création, sur lequel on pourra garder un œil dans ses avancées, mais qui dans son état transitoire, pourrait par son aspect scolaire en lasser plusieurs bien avant l'échéance des trente minutes de la représentation.
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Mise en scène : Mélanie Binette
Mise en scène : Mélanie Binette
Créateurs-performeurs : Mélanie Binette, Catherine Dumas, Nadia Girard, Roxanne Robillard, Guillaume Thériault
Conseiller spatial : Patrick Ma
Éclairage : Marlène Poulin
Conseiller spatial : Patrick Ma
Éclairage : Marlène Poulin
Son : Bernard Adams et Jean-François Demers
Costumière et accessoiriste : Maxime Labrecque
18-19-25-26 janv. et le 1er févr.
Marché Bonsecours
350 St-Paul Est
Billetterie : theatre.nulle.part@gmail.com
Costumière et accessoiriste : Maxime Labrecque
18-19-25-26 janv. et le 1er févr.
Marché Bonsecours
350 St-Paul Est
Billetterie : theatre.nulle.part@gmail.com
