samedi 27 juin 2009

Les Vieilles - Théâtre Tout à Trac

Par Yves Rousseau

Avec Les Vieilles, le Théâtre Tout à Trac propose un opus hilarant redonnant toutes ses lettres de noblesse au jeu masqué, et au théâtre de rue.

Crédit : Hugo Bélanger

Poussant leur mystérieux et baroque chariot rempli de souvenirs, mais qui est aussi une astucieuse unité modulaire transformable en redoutable laboratoire métaphysique, deux vieilles bossues haranguent et attirent la foule, fascinée, sur un petit bras de terre avançant dans l'eau du lac St-Louis, dans le cadre enchanteur de ce parc riverain, à Lachine.

Éplorées et inconsolables, ces dernières s'expriment par colorés éclats d'italien de cuisine clownesquement et savoureusement trafiqué, et rapidement on comprend sans peine la situation : c'est cette urne qu'elles agitent et qui contient les restes de leur casanova-esque et bien-aimé Fredo qui les rend si chagrines. Mais à moins que là, dans la foule, ne se trouve un remplaçant: nos deux enquiquineuses se disputeront afin d' obtenir la main du choisi, une lutte épique. Le beau prétexte afin d'obtenir un cobaye : serez-vous l'heureux élu, « horrifié » et hilare?

Crédit :Émilie Gagné-Prud'homme

La voix rauque, la démarche claudicante et d'une sénescente rigidité chevrotante, d'une hideuse beauté, coquine et irrévérencieuse, voilà deux délicieux horrifiques bouffons dans la plus pure tradition des arts forains, le spectacle de rue participatif: elles ne demandent qu'à vous choisir. Tout le plaisir de la commedia dell'arte , du jeu masqué et même de la marionnette, avec une petite pincée de versions potache et bon enfant de Grand Guignol, et tout cela avec recherche méticuleuse et maîtrise : dans le geste et la spatialité, dans l'expression et le jeu masqué, et dans ce concept bien ficelé où on joue de façon festive avec les archétypes.

La signature impeccable du Tout à Trac est très perceptible, tant pour les costumes un peu victoriens (Triplettes de Belleville-esque) , les masques et maquillages, que pour les accessoires.

On rigole ferme, la foule adore en redemande, le plus grand défi pour nos deux monstresses est de finir par s'éclipser après la fin avec un public continuant un bon moment à les suivre et côtoyer.

Certainement un beau morceau de théâtre de rue, plus de trente minutes avec deux comédiennes particulièrement allumées, et visiblement très bien dirigées.

On les retrouve à plusieurs endroits cet été, voyez l'horaire ci-bas.


_______________________________________________________

Mise en scène et concept : Hugo Bélanger

Comédiennes : Philomène Lévesque-Rainville et Marie-Eve Trudel

Supervision du jeu marionnettique : Maude Desrosiers, Olivier Ducas et Dominique Leroux
Conception des costumes : Véronic Denis
Conception du chariot et de l'éclairage : Alexandre Lemay
Conception des accessoires : Catherine Tousignant
Aide aux accessoires : Anne-Marie Rondeau et Éric Lizotte
Conception des marionnettes : Dominique Leroux
Conception des masques : Philippe Pointard
Conception sonore et musicale : Patrice d'Aragon

Représentations :

— 26 et 27 juin : Festival de théâtre de rue de Lachine — __http://www.theatrederue.com

— 4 et 5 juillet : Espace 400e, ville de Québec
— 13 au 15 juillet : Festival d'été de Québec
— 25 juillet : Saison de théâtre insolite à Trois-Rivières — __http://www.sagesfous.com/rue2009.html

— 1er et 2 août : Espace 400e, ville de Québec
— 14 au 16 août:Festival Musique du Bout du Monde Azentic, ville __de Gaspé
— 29 août : Saison de théâtre insolite à Trois-Rivières

— 5 septembre : Saison de théâtre insolite à Trois-Rivières

Pour plus d'informations : http://www.toutatrac.com/

Phare Away - Théâtre LA 45


Par Yves Rousseau


Avec Phare Away, le Théâtre La45 crée une farce festive aux dimensions éclatées et surréelles, dans le cadre du Festival de théâtre de rue de Lachine.




Le Théâtre La45 est formé à la base de jeunes diplômées de l'ENT, soit Félix Monette-Dubeau et Francis-William Rhéaume (interprétation 2009) ainsi que de l'auteur Martin Bellemare (écriture dramatique 2008). Le groupe a déjà monté quelques textes dramatiques de ce dernier, dont Boxeur (en 2008), une oeuvre coup-de-poing, physique et intense, qui matérialisait directs et crochets existentiels par la poésie du ring, au sens propre et figuré. À la faveur de la fièvre estivale, on les retrouve ici dans une genre quelque peu différent...


Le clin d'œil dure à peine vingt minutes. Nous sommes à Lachine, bord de l'eau, St-Joseph et 34e. Là, en face, l'immensité du Lac St-louis, puis avançant dans l'eau, la jetée municipale. Au bout de cet étroit bras minéral, un phare métallique. Puis un guide et une très scientifique (hum) explication sur le sens du nom Lachine, découlant, du fameux passage (vers la Chine) tant recherché par les explorateurs d'antan : bien sûr, il y aurait un autre passage secret...

Attachez votre tuque avec de la broche, le délire commence, ça décolle. Et ça arrive par toutes les voies possibles de l'absurdité : terrestres, aériennes, et aquatiques chinoiseries...


Inexpugnable, voilà un irascible Hermite qui habite le fort phare, et qui de son perchoir prend le crachoir, exit le guide. Puis, une sirène chinoise, illégale. Ensuite, la police de l'immigration, les sirènes et le rugissement des moteurs et la garde côtière. Et même le petit frère de la NASA, vos verrez.

Ça pétarade en verve hallucinée de joyeuses exagérations, tout cela tablant sur le grotesque rigolard de cet improbable qu'on tient pour vérité, et la taille dantesque et mégalomaniaque des prémisses de la proposition atteint des proportions stratosphériques, c'est le cas de le dire. Pour notre plus grand plaisir...

L'équipe de jeunes comédiens s'en donne à cœur joie, et, vraiment, on ne recule devant rien afin de servir le propos.

Qu'est-ce qu'on rigole dans cette suite de rebondissements en vertigineuse escalade de surréel, mais en révéler plus gâcherait tout...

C'est gratuit, tout à fait agréable, dans un cadre riverain enchanteur. Un bon petit plaisir théâtral estival et farceur.

______________________________________________

Idée originale: Théâtre LA45 (Martin Bellemare, Félix Monette-Dubeau, Francis-William Rhéaume)
Texte: Martin Bellemare
Mise en scène: Félix Monette-Dubeau, Théâtre LA45

Avec Nicolas Germain-Marchand, Mickael Gouin, Marie-Ève Huot, Félix Monette-Dubeau, Cynthia Wu-Maheux



Pour plus d'information sur le Festival de Théâtre de Rue de Lachine :
http://www.theatrederue.com

Heures des représentations
Vendredi 26 juin 2009
20 h 30/21 h 30/23 h
Samedi 27 juin 2009
20 h 30/21 h 30/23 h

mercredi 24 juin 2009

Les Mains Noires - Théâtre Décalage et Productions Angélique

Par Yves Rousseau

Avec Les Mains Noires, Le Théâtre Décalage et les Productions Angélique proposent une version condensée de leur pièce originale portant sur l'esclave Marie-Josèphe Angélique, qui a été exécutée le 21 juin 1734 après avoir été reconnue coupable d'acte incendiaire.


Voilà le 275e anniversaire de l'historique incendie qui détruisit pratiquement le tiers de ce qu'était à l'époque Montréal, et dont la responsabilité fut attribuée à la domestique et esclave Marie-Josèphe Angélique, une jeune femme de tempérament volontaire œuvrant pour une veuve de la bonne société.

Dans cette courte vignette de trente-cinq minutes, on réussit à mettre en relief de façon tout à fait instructive et sans didactisme, et la mécanique du fonctionnement social de l'époque, et les intérêts en jeu, assez cruciaux: c'est qu'un acte royal précise qu'en cas d'incendie, le responsable du désastre sera tenu d'en rembourser les dommages. Ainsi, la justice du temps, étroitement patronné par l'aristocratie qui la paye, semble avoir rapidement escamoté un lapsus d'une bonne et esclave panise (Amérindienne) révélant avoir laissé un feu de cuisson sans surveillance, en contradiction avec le témoignage de son maître, un puissant et influant dirigeant ( François Bérey des Essards ) qui se fût trouvé ruiné si jamais la responsabilité de l'incendie lui eut été infligée. Le procès piétine, mais c'est finalement à partir du témoignage d'une petite fille âgée de quatre ans, Amable Monière, qu'on condamne Angélique, âgée de 29 ans, qui sera soumise à la torture du brodequin, puis promenée dans la ville en charrette et soumise à l'opprobre, avant d'être pendue devant une foule avide, puis brûlée. Ses cendres furent jetées au vent.

Le texte de Pascal Brullemans ayant servi à l'adaptation se base ainsi essentiellement sur les éléments soulevés par l'étude de l'auteure Denyse Beaugrand-Champagne (le procès de Marie-Josèphe Angélique), qui procède d'une recherche historique approfondie.

La construction des caractères est intéressante, puisqu'elle nous plonge directement au centre même de leurs préoccupations, car il y a contextualisation et mise en perspective de leur humanité, dans tous les paradoxes du poids des obligations et des contraintes de l'époque. On évite ainsi le manichéisme, ce qui sert bien la texture dramatique et donne matière pour la construction des caractères : par exemples, des situations montrent la veuve (Madame De Francheville) harassée de problèmes financiers et d'intendance, certes une femme fatiguée et impatiente, mais tenant à son esclave comme personne, tout en se voyant soumise à d'insidieuses pressions auxquelles elle résiste; puis le bourreau, lui, n'est pas un ignoble de service, mais plutôt un esclave qui du fait d'une condamnation n'eût d'autre choix pour commuer sa peine et se voir affranchit, que de s'expatrier dans un pays de neige et de froid, qu'on voit au travers de son regard qui s'éclate parfois de propos narrateur.

Évidemment, dans une version aussi condensée on échappe pas complètement à l'aspect schématique, vignette muséale, mais une distribution dynamique et de calibre et une mise en scène rythmée permettent de relativement bien éluder cet aspect, et de donner vie et substance de façon très correcte. Les narrations s'intègrent à même les personnages et introduisent par tableaux les séquences jouées, chronologiquement, et au milieu des klaxons et bruits d'engins en tout genre, les comédiens en costumes d'époque arrivent à compétitionner avec l'omnipotence automobile envahissante et le brouhaha urbain, sur cette petite scène dénudée adjacente au Musée d'histoire de Montréal, Place D’Youville.

La version intégrale de la pièce fut présentée ce printemps au Mai (et aurait fait salle comble, nous dit-on), et on parle de peut-être la reprendre dans un futur rapproché.

À suivre.

____________________________________________________

Une production du Théâtre Décalage et des Productions Angélique

La pièce Les Mains noires.
D’après un texte de Pascal Brullemans

Mise en scène et adaptation pour la scène extérieure : Peter Batakliev

Comédiens : Tetchena Bellange, Franck Sylvestre, Sonia Gadbois, Guillaume Cyr, Sounia Balha, Daniel Desputeau et Nicolas Germain-Marchand.

Assistance à la mise en scène et régie par Manon Claveau
Scénographie et costumes par Perrine Biette
Conception des éclairages par Audrey-Anne Bouchard
Musique Originale par Dmitri Marine

www.theatredecalage.com

lundi 22 juin 2009

Red Bastard - Red Bastard NY, Eric Davis - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec son opus bouffonesque, l'irrévérencieux Red Bastard surfe sur la vague de la dérision et de l'humour politique cynique...

Crédit : Louis Longpré

Irrévérencieux, disgracieux, d'une hideuse beauté, grimaçant, rampant, rebondissant sur ses difformes attributs, mégalomane, fat, imbu, impertinent, démoniaque, scatologique, sale, gluant, bavant, crachant, éructant, désinhibé, le Red Bastard promène sa verve grotesque et impétueuse sur scène et dans les estrades, interpelant, haranguant, enquiquinant la foule en jouant toutes les notes de la symphonie de la gêne défiée, de la honte révélée, et du ridicule consommé.

Joyeusement perfide et séditieux, imprévisible, la créature sème une joyeuse et festive zizanie rigolarde et grivoise. Vous résistez, vous ne participez pas? Malheur à vous, vous passerez à la casserole, sous l'œil moqueur et_jouissif de l'assistance.

Crédit : Louis Longpré

Si cette colorée gargouille réussi à briser toutes barrières, le texte est de façon surprenante socialement engagé et dénonciateur des errances démocratiques et autres paradoxes sociaux de nos voisins du sud : entre autres exemple, sur les caméras avec audio installées à profusion dans dans sa ville (NY), le monstre pourra s'exclamer qu'elles procèdent du plus grand principe démocratique, puisqu'elles permettront enfin à chaque citoyen de faire entendre sa voix...

L'occupation de l'espace et la gestuelle découle d'une évidente maîtrise avancée de l'expression corporelle, empruntant à la fois à la démarche sinueuse et insidieuse de la cauchemardesque créature démoniaque, et au ridicule potache d'une grosse autruche à bras. Le soir de la représentation, l'infortuné comédien se vit privé de sa combinaison rouge, et nous eûmes droit à la version supertrash du personnage, avec une combinaison en papier journal, section critique...

Vraiment un bon moment, la folie en liberté avec une grâce d'un grotesque raffiné, et subversif !

NDLR : la pièce est en anglais dialectal.
________________________________

Texte : Eric Davis et Sue Morisson
Comédien : Eric Davis

Tuning Venus - Blue Muse Productions - Fringe 2009

Par Yves Rousseau

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.


Avec Tuning Venus, le Blue Muse productions met en lumière une jeune écriture prometteuse


Crédit : Louis Longpré

Sur la petite scène de quatre mètres de largeur et légèrement surélevée, quatre demi-colonnes blanches portent chacune quelques accessoires , entre autres un gramophone, et une carafe d'eau. Centraux, d'abord , une table, deux chaises, puis en contrebas, un banc de piano.

C'est que madame attend la visite d'un accordeur. Complètement mythomane, brillante intrigante quasi érotomane, la dame s'approprie littéralement le pauvre type, dans une chaste valse-hésitation en chassés-croisés de résistance et participation incertaine du type à l'évanescente semi-réalité construite par l'hôtesse. Par valse de sous-entendus charnels et autres éclats histrioniques, le tango d'illusions promène son surréel, d'accent du sud suggéré en effluves de princesse Scarlett O'Hara, jusqu'à un impalpable univers aux temporalités charmantes et surannées d'une pièce de Clifford Odets.

Crédit : Louis Longpré

La relation trouble entre les improbables protagonistes, cet artisan à la réserve et aux manières d'une autre époque et cette pasionaria hypnotiquo-psychotique, se matérialise dans l'espace sous forme d'une suave poursuite en rencontres, fuites et évasions tourbillonnantes, un travail très intéressant du metteur en scène Greg Tuck. Si le texte de Amy Lee Lavoie, une étudiante de l'ENT en écriture dramatique, et certes capiteux, mystifiant et prometteur, son jeu jure un peu, par surcharge et incarnation légèrement affectée, par rapport à son partenaire Michael Broadhurst, qui se glisse dans la peau de son personnage de tronche avec un certain aplomb.

La courte pièce est certes intéressante, gentille et mignonne, sans le holala sous-entendu, offrant de bons moments tout en souffrant légèrement de l'inégalité du jeu, mais révèle une jeune auteur à suivre.

NDLR : La pièce est en anglais normatif
___________________________


Mise en scène : Greg Tuck
Comédiens :Amy Lee Lavoie, Michael Broadhurst
Costumes : Naomi Aldrich
Éclairage : Kat Weldon

Présente du 12 au 21 juin 2009 - Festival Fringe de Montréal

samedi 20 juin 2009

Mya ou La Robotte - Théâtre P’tite face - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec Mya ou la Robotte, le Théâtre P'tite Face revisite le jeu clownesque et la pantomime dans une version robotique, avec un regard particulier sur la vie.

Crédit: Louis Longpré

Il y a eu les enfants télévision et clés dans le cou, voguant, en l'absence de géniteurs débordés, de garderie en nounou avec la solitude hypnotisée par le petit écran. Voilà comme autre substitutif parental du futur, gardienne, accompagnatrice, torcheuse, cuisinière et centre multimédia: Mya, robotte avec un soupçon d'humanité, aux multiples fonctions intégrées, qu'on se paye à coup de carte de crédit, et qui va s'occuper de la petite Rosalie.

Voilà l'avenue explorée. Clownesque pantomime, candide et colorée aria ponctuée de nombreux numéros en chorégraphies d'un mécanique potache, on suit Mya, la reine du foyer, qui traverse les étapes de vie d'une enfant, de la petite enfance, à l'adolescence. Dans l'ironie d'un Pleasantville consommable, dans la vision 50'S de la parfaite ménagère dans le paradis du shangri-la électroménager, voici une élégie du bonheur artificiel comme révélateur, en sous-texte, de la lobotomie sociétale et des dérives du consumérisme. C'est mignon, souvent drôle, mais avec un petit pincement au coeur dans ce regard: et sur la vie de moderne solitude et d'existentiel isolement d'une certaine jeunesse, et sur le temps qui passe, les enfants qui grandissent, changent, et laissent...

Crédit: Louis Longpré

À partir d'une indécrottable verve joyeuse, Mya et son bonbon existentiel, réponds aux diverses situations avec l'une de ses nombreuses et inimaginables fonctions, tout cela représentés sous forme de tableaux musicaux, animés, colorés et vivant: de Queen Of The House (Jody Miller) pour les scènes ménagères, en passant par Downtown (Petula Clark/Tony Hatch) pour les déambulations d'accompagnement vers l'école, entre autres.

La scénographie et les costumes jouent avec l'esthétique kitsch, du rose flamboyant pour le personnage , en passant par l'orange moutarde du cagibi aux milles accessoires occupant le centre scène : la boîte à malice du personnage.

La partition, très bien liée dans le temps et l'espace, semble vraiment exigeante. Beaucoup de repères (cue), de transitions, d'accessoires à introduire, avec de nombreux enchaînements de mouvements chorégraphiés. L'interprète s'en tire brillamment, avec une de ces bouilles, une expression communicative et irrésistible, et si l'on trouve d'occasionnelles redondances (thématiques et musicales ), l'ensemble reste parfaitement agréable, intéressant et touchant et comporte un deuxième niveau pertinent.


C'est vivant, coloré, vivifiant!

________________________________________________


Production Théâtre P'tite Face
Auteur, interprète et metteur en scène : Marie-Des-Neiges Poliquin
Scénographie : Cédrik Lord
Conception sonore : Simon Larose Lachance
Éclairage et direction technique : Julien Blais-Savoie


13 Jun @ 20.15
14 Jun @ 14.45
16 Jun @ 23.30
18 Jun @ 18.15
19 Jun @ 22.15
20 Jun @ 18.00

Au Mainline Theatre (3997 Boul St-Laurent)
Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca


4 Contes Crades - Théâtre en Petites Coupures - Fringe 2009


Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau


Avec 4 Contres Crades Théâtre en Petites Coupures revisite le conte, version urbaine et gore.

Délicieusement surréel d'exagérations, qu'on nous jure vraies, dégoulinant d'ébats sanglants, grivois, coquins, espiègles, l'opus réuni toutes les qualités, mais aussi tous les défauts qu'on aime bien, et qui définissent la texture hallucinée, bien grasse et bien croustillante d'un conte comme on les aime.

Sur la scène dépouillée, l'auteur Jean‐Philippe Baril Guérard, fraichement diplômés de l'École de théâtre de St-Hyacynthe, promène son personnage de coursier de vélo aux quatre coins de la ville, dans l'étonnement verbeux du témoignage fiévreux, cocasse et étonné de celui à qui « les choses arrivent ». Mort bouffonne et apothéotique d'un collègue, colis à livrer contenant les expiatoires restes sanglants d'un adultère, pute_de luxe et esclavage du superficiel et de la beauté, ado malade fuyant en vélo,la mort courroucée aux trousses, tout cela ponctué de petits morceaux de montréalité, et du spectacle triste et joyeux de parcelles d'humanité révélées dans leurs indicibles dessous.

Le caractère hyperactif, presque esclave d'une bouche parfois plus rapide que sa pensée et de sa capacité de filtrer, étale vérités crues et crades éclats délicieusement risibles avec une verve bien poivrée : on palpe le rire gras, sardonique, mais avec, sous la couche d'ironie, un regard sensible sur la petite vie.

C'est bien incarné, truculent : oreilles sensibles s'abstenir, rigolade en vue!

__________________________________


Texte et interprétation de Jean‐Philippe Baril Guérard
Mise en conte de Maxime de Munck

Vendredi 12 juin ‐ 23:15
Dimanche 14 juin ‐ 20:00
Lundi 15 juin ‐ 18:00
Mardi 16 juin ‐ 21:30
Vendredi 19 juin ‐ 24:00
Samedi 20 juin ‐ 19:00
Dimanche 21 juin ‐ 14:15

4247 St-Dominique
Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378)

Terminal - Ephemera Productions - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec Terminal, Ephemera Productions explorent funestes et fantasmagoriques errances issues du vide existentiel


Un homme de la classe moyenne fasciné par la mort, et las d'une vie d'ennui, décide d'en finir. Son ultime acte? Se faire venir une escorte, un vertigineux pétard, afin de quitter ce monde en matérialisant son fantasme de femme_fatale, là, dans son salon...

L'escorte_est une jeune femme physiquement gâtée par la nature, mais psychiquement défavorisée : une cocotte intéressée. Après avoir avalée une pile de fric, cette dernière se propose dans une série de fantasmagoriques clichés et scénarios attendus, laissant l'homme de glace, qui la prie de partir, mais voilà, cette étudiante a un peu de cœur, s'accroche, et tente, un certain temps, de raisonner le pauvre hère.

La façon dont le caractère masculin expose par bribes de résistance et avec froide lucidité sa petite vie ordinaire (et son choix), ni pire ni meilleure que d'autres, sa lassitude existentielle, sa mort à petit feu dans le confort de l'indifférence et la solitude communale des relations convenues, tout cela est intéressant (mais noyé d'errances), mais trouve échos dans une série de manoeuvres prenant prétexte des connaissances scolaires à saveur de psychopop de la_pute de luxe afin d'introduire, boîteusement, sa fascination pour le crime, la psychopathie et la mort qui seront bien sûr, ô surprise, compatible avec le dénouement issu de l'ultime fantasme de monsieur...

À la retenue parfois intéressante, mais manquant d'assises substantielles de Todd Harrop, se conjugue une composition de Janice Wu, qui vraisemblablement selon un choix de direction (?), paraît complètement surjouée, caricaturale et en mono ton exalté, noyant la montée dramatique, comme si le flou d'intention se dépannait, encore, de communs raccourcis.

L'ensemble n'est peut-être pas dénué de substance, mais cette dernière semble très peu bien servie par l'approche et le prévisible de l'assemblage textuel et dramatique, à évidentes coutures.

NDLR : La pièce est en anglais normatif
_______________________________________

Texte de Ron Kozloff
Comédiens : Todd Harrop et Janice Wu

Son et éclairage par Yanick Lavoie
Scénographie par Anita Clissa

4465 St-Laurent
Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca

jeudi 18 juin 2009

Chantons à l’Hospice - Théâtre du Jarret Repentissant - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau


Avec Chantons à l'hospice, le Théâtre du Jarret Repentissant revisite musicalement avec verve comique l'univers de la dernière station de la vie.


La pièce est un charmant clin d'oeil de trente minutes, une comédie musicale à tendance burlesque sur l'inévitable fatalité du destin , tout à fait vivante et agréable, et qui sous son aspect rigolard aborde néanmoins, de manière satirique, de profonds sujets : la vieillesse, la mise au rancart et en retrait des vieux, leur solitude médicamentée et gavée d'insipide purée, dans tous les éclats d'âmes pourtant encore pétillantes et cherchant encore, comme tous, la lumière.

Dans l'antichambre d'une mort prenant la forme d'un train vainement attendu, des vieillards à cane et chevrotants, rangés sur leurs chaises comme sur le bord d'un quai d'embarquement, attendent le grand départ, comme ultime forme de libération de cette sale et aliénante routine de l'hospice.

Leur désarrois potache et grincheux se peuple de dérives exutoires par exemples : le vieux_libidineux se voit avec une charnelle_pute (incarnée par un atroce_travesti); au repas on se révolte et on se prend à imaginer vouloir le diététiquement interdit, du pain, du beurre, un bon steak, du vin; où encore se prend-on à vouloir zigouiller la détestable garde-aux-injections.


Le contenu des ces dérives est ponctué ou accompagné d'un choeur de zombies en jaquette d'hôpital et d'une toujours zombiesque pianiste, impeccable prestation musicale en vers trafiqués de cocasseries gentiment grivoises.

Rafraichissant, drôle, touchant, mignon, on passe un bon moment en compagnie de cette gigantesque distribution.

________________________________________________


Texte, chansons et mise en scène : Marielle Seiter.
Distribution :

Les vieux : Nicolas Duxin, Pascal Héon, Alain Lucien
L'infirmière : Stéphanie Lamarre
L'infirmier : Mickson Dubuisson
Le fantasme : Agnès Robin, ou Stéphane Tremblay (17 juin)
La famille : Étienne Benoit, Marguerite Bouchard, Jérémie Langlois, Ulysse Lavallée, Valérie Ransinangue, Marie-Claude Thérrien, Olivier-Stéphane Tremblay

Le choeur: Mélanie Alain, Charles Duval, Wendy Labarre, Isabelle Larocque, Bénédicte Pâtureau, Salwa Salek, et Sophie Dion (piano)

Théâtre la Chapelle - 3700 St-Dominique

Horaire

13 juin @ 20.45
14 juin @ 15.00
17 juin @ 19.30
18 juin @ 16.15
20 juin @ 15.15
21 juin @ 19.00


Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378),

Ce que personne n’a vu - Théâtre Tamisé - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec « Ce que personne n'a vu », le Théâtre Tamisé explore, selon une esthétique contemporaine dans un climat industriel,le phénomène du « Bullying » et de l'opprobre en milieu scolaire.

Crédit : Patrice Tétrault

Une jeune fille en désarroi, et son alter ego, une omnisciente voix intérieure du témoignage; une école; puis les rivalités, la violence psychologique ordinaire, la compétition viscérale, les jeux de rejets et de décapitation affective sans merci. Sur le plateau, les scènes réalistes utilisent paradoxalement un certain symbolisme dans le geste et la chorégraphie, en alternance avec des dérives psychologiques ou les caractères se déchirent de leur mal-être : trop grosse, trop maigre, trop mal aimée, jetée par le copain du moment – et ce mal-être parfois se retourne et s'exulte sur l'autre, le bouc émissaire, avec toute l'intensité désespérée propre à la sensibilité entière et déferlante de l'adolescence, sous l'impitoyable loi du talion de l'unité absolue de référence et d'appartenance, ou d'exclusion : la gang.

Crédit : Patrice Tétrault

La scénographie, originale, est étroitement liée au propos : dans un environnement cru et sombre, trois panneaux sur roulettes de clôtures « Frost » de trois mètres, très liés au climat, dominent. Primo, par leurs dispositions adaptées à la scène jouée, ils incarnent en un éclair le contexte physique évoqué, par exemple aligné en fond de scène comme mur sur cour de récré aux rixes, mis en rangs pour les casiers des frictions malsaines. Secundo, ils symbolisent et matérialisent également l'état – par exemple, dans l'isolement du rejet et de l'égarement les panneaux formeront une cage d'oppression autour de la jeune fille. Tertio, ils sont par leur symbolique, le parfait élément résumant par leur simple présence lugubre ce que peut constituer l'école secondaire pour certains.

Crédit : Patrice Tétrault

La pièce, crée et montée par une équipe mixte de finissants en jeu et en enseignement du théâtre de l'EST, est justement expressément conçue pour le public ado, et il serait certainement de mise que ces derniers y fussent (encore) exposés. Le procédé dramatique axé sur les caractères identificatoires arrive à assez bien éluder l'aspect éducatif (dans sa forme, mais pas dans sa portée), à rendre l'opus intéressant, et pose de très judicieuses questions sur les phénomènes d'escalade haineuse en milieu scolaire, avec parfois les funestes éclatements que l'on connaît.

Un théâtre d'intervention qui pourra surement alimenter réflexion et discussion afin d'exposer et peut-être dissoudre certains germes inquiétants, certes un outil important pour ces futurs enseignants, le calibre de jeu est suffisant pour assurer une vraisemblance correcte, un ensemble utile.

Une forme d'engagement mettant l'art au service de la vie.

________________________________________

Co création et interprétation : Sabrina Casault, Guillaume Normandeau, Martine Montminy,Elisabeth Senay
Aide dramaturgique : Éric Noel
Réalisation des décors : Alexis Ouellet-Rivest
Bande sonore : Marilou Blais-Tremblay
Chorégraphies : Catherine Gonthier

Théâtre la Chapelle - 3700 St-Dominique

Horaire


13 juin @ 12.00
14 juin @ 20.00
17 juin @ 22.00
18 juin @ 14.30
19 juin @ 20.15
21 juin @ 16.00


Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378),

mercredi 17 juin 2009

Slinky - Mandoline Hybride - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau


Avec slinky, Mandolyne Hybride jette le poids de la vie, de la routine dans les éclats espiègles et iconoclastes de l'évasion, du rêve, par l'action du geste beau.


Crédit: Mélanie Martel

Dans la petite boîte noire du MAI, côté jardin un piano droit, puis à cour, une bouilloire sifflante sur table — le temps presse. Avant centre, chaises et fauteuils, quatre, puis en arrière scène, occupant le pan entier, un écran traversé par une corde à linge garnie de sous-vêtements. Puis des slinkys, beaucoup de slinkys.

Lisant leurs journaux, là, relax, jambes croisées, la jouvencelle ballerine rêveuse, la musicienne ténébreuse, l'intello, le bellâtre compulsif en tenue de gala chemise Gino Froufrou année 70: felliniesque parfum surréel et vintage.

Crédit: Louis Longpré

Névrotique, compulsif, oppressant, chaque âme est captive de récurrences obsessionnelles, en fiévreux mantra de paroles et de gestes s'éclatant en éparses errances hallucinées, anarchiques dans l'anxiété de l'obligation : le surmoi-esque carcan sociétal étouffant. Les corps s'opposent, se croisent, ne se voient pas, dans de vibrantes contorsions d'oniriques solitudes.

Crédit: Mélanie Martel

Puis en vague de résistance, en valse-hésitation, les âmes s'évadent avec, comme portail d'imaginaire, le transactionnel objet du slinky. Slinky trompe qui tâte l'Autre, slinky stéthoscope du béguin, slinky radio dans la liberté du rythme, slinky tic-tac comme témoin, de la grande horloge du temps – tout ce que vous pouvez faire avec un slinky pour matérialiser le sous-texte, les non-dits, les pulsions contenues, qui s'envoleront en spectrales dérives.

Et ces dérives d'affranchissement sont dansées, avec une fraîcheur candide, colorée dans toute la délicatesse de la sensibilité de l'âme à nu, libérée de ses défenses; puis pianistique et chantée, impressionnistes et éthérées ou urbaines et drum&bass-esque comme fourmilière existentielle grouillante et tumultueuse. Dérives qui dansent un tango d'affrontement avec le poids du réel, ici prenant forme de menaçants blends vidéo en explosion d'artéfacts médiatiques du vingtième siècle.

L'oeuvre nous touche comme la caresse d'une suave brise estivale de rêve vivant, c'est tout à fait charmant, et ludique, d'une iconoclaste esthétique recherchée qui à elle seule résume la position générationnelle de ses artisans de la fin de la génération Y ou début Z, qui campent leur existence artistique sur l'aftermath sociétal du vingtième siècle, recraché par le schizokaléidoscopique système digestif du souk cybernétique multimédia comme conscience collective.

Le spectacle de Théâtre-Danse-musique-multimédia est le fait de danseurs (surtout de l'ADMMI) et artistes multi, et d'une vraie pianiste (à la sonorité de musique impressionniste, bellement) issue du Conservatoire, Lucie Monsarrat Chanon. Le travail de voix, est presque correct, mais l'ensemble sublime facilement cette légère limite (habituelle chez les danseurs qui ne semblent pas bénéficier de travail de voix en formation): la beauté de l'ensemble est touchante, d'une belle esthétique iconoclaste, dans un esprit en alternances paradoxales : léger, profond, dramatique et espiègle, par une grande beauté du geste.

Certainement un très beau spectacle de la relève multi et performative, un des pôles actuels important au niveau du renouvellement de la création!

À voir!


__________________________________


Direction artistique et chorégraphie : Priscilla Guy
Musique électronique et piano : Lucie Monsarrat Chanon
Création vidéo : Claudia Hébert
Interprétation : Dany Desjardins, Jessica Serli, Lucie Monsarrat Chanon et Priscilla Guy
Décors et accessoires : Daphné Caron et Nicolas Gauthier
Conception d’éclairage : Timothy Rodrigues

MAI -3680 Jeanne-Mance

13 Jun @ 22.00
14 Jun @ 16.15
16 Jun @ 23.59
17 Jun @ 20.15
19 Jun @ 22.15
21 Jun @ 12.15

Réservations : 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca

mardi 16 juin 2009

Penumbra - Productions Lapin dans un Chapeau - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau



Avec Penumbra, les productions Lapin dans un Chapeau explorent les clairs-obscurs des relations intimes, à l'ère de l'internet, du consumérisme relationnel, et de l'éclatement des valeurs.


Crédit : Louis Longpré

C'est une véritable exécution en règle à laquelle se livre l'auteur Katherine Dempsey, face à ses personnages. Ici, maintenant, quelque par en Amérique, deux couples. Le premier, d'âge collégial, lui dans la quête amoureuse et charnelle pour sa belle, elle dans la valse-hésitation, l'incertitude et les élans contenus. Puis, eux, les voisins de la tour d'habitation d'en face, jeunes professionnels fin trentaine, dont on aperçoit les ébats, la nuit venue par la fenêtre. Deux dyades, deux fuites, deux incapacités à s'engager, dans la paradoxale recherche de l'autre. Par la facilité lâche du cellulaire, du texto ou du courriel, les choses se disent, ou s'éludent. Contemporains flottement d'âmes dans la pénombre de l'amour noyé de narcissisme, la couleur d'une époque est montrée dans toute sa cruelle vérité.
Crédit : Louis Longpré
Christopher Moore et Michelle Boback

Destruction, dissection . On gratte le vernis, on révèle l'humanité, dans toutes ses beautés, mais surtout sa désespérante laideur. L'apparente force et omnisciente conscience presque désillusionnée et cynique de l'épouse se liquéfie et laisse filtrer une viscérale insécurité, une atavique peur de la perte. D'où les annonces. Sur internet. La quête du troisième larron, l'échangisme_, accepté. Le char à trois roues. Pour le garder, lui. Oui, lui et sa superbe professorale et doctorale. Voila que se pointe la jeune fille d'en face, sous un pseudo, et gonflant ses 17 ans à 24. Nabokov. Exit la règle de ne jamais revoir deux fois la même partenaire. De docteur apparemment raffiné, lui se retrouve pathétique homme mûr et suppliant dans sa quête de chair_fraiche. Elle_cocue. Le copain de la jeune fille, aussi_cocu, puis_onanistique_voyeur sous le spectacle, toujours cette fenêtre, de sa propre _cocufication! Et elle, la jeune fausse ingénue, s'envole avec une précoce et triste conscience de la laideur du monde...

Crédit : Louis Longpré
Howard Rosenstein et Catherine Bérubé

Ce n'est pas l'histoire, tant que la façon dont elle est contée, qui importe. Dès l'entrée, un clair obscur existentiel où planté dans une humaine et éternelle solitude, les protagonistes susurrent de révélateurs éclats philosophiques, de Platon en passant par Shakespeare. Avec seulement quelques tables, chaises, et un drap en arrière-scène pour les jeux d'ombres évoquant les scènes tristement torrides, le metteur en scène Paul Van Dyck arrive à créer un vortex spleenétique où l'ère cybernétique rencontre les intemporelles errances de l'âme humaine. La façon de superposer jeux de temps et d'espace, la délicatesse de la suggestion en jeux d'ombre révèle faux et tristesse des personnages. Le geste et l'occupation de l'espace sont souvent en contre effet, en paradoxe versus le verbatim, exposant l'imposture, la vulnérabilité, la substance des non-dits, mettant particulièrement en relief le sous-texte, et même carrément le texte, comme cette fantastique aria par Catherine Bérubé, d'un halluciné contenu  dissocié portant sur l'état des lieux du consumérisme relationnel.

La musique en flottement méditatif et introspectif par tristes violons passe parfois également par la candeur perdue avec par exemple, Françoise Hardy et Tous les garçons et les filles de mon âge, où dans le même ton, Brigitte Bardot. Les éclairages tout en demie-teintes donnent tout son sens au titre, et aux troubles zones explorées.

À des poussières près le jeu est impeccable, incarné, troublant, tout en demi-ton interlope, dans une retenue subtile, habité tant dans le dit que l'implicite.

Certainement une excellente pièce, un des impératifs du festival, une oeuvre qui sera bientôt reprise à la rentrée.

À voir!

NDLR - La pièce est en anglais normatif
_____________________________________________


Texte de Katharine Dempsey
Mise en scène de Paul Van Dyck

Éclairage par Jody Burkholder
Scénographie par Anne-Marie Pierre

Comédiens : Catherine Bérubé, Michelle Boback, Christopher Moore, Howard Rosenstein

MAI -3680 Jeanne-Mance

13 juin @ 20.00
14 juin @ 23.30
15 juin @ 18.00
17 juin @ 22.00
19 juin @ 18.15
21 juin @ 0.15

Réservations : 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca

La Voix Humaine - Druide - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.


Par Yves Rousseau

Avec La Voix Humaine, la compagnie de théâtre Druide propose une adaptation québécoise de l'œuvre de Jean Cocteau, en revisitant les affres de la douleur issue de la rupture amoureuse, en version trash et gore.


Le texte de Cocteau, explorant la plus profonde expression de la dépendance affective, a été ici adapté en québécois normatif, et resitué dans un appartement métropolitain. C'est ici un jeune homme suicidaire, désespéré qui s'adresse à un imaginaire amant, là, devant, et le cordon ombilical liant à l'Autre est le cellulaire.

Sur la scène de la petite boîte noire du 4001 Berri, quelques téléviseurs affichent leur néant de neige dans le sifflement d'une électronique et urbaine solitude. Surgissant, luisant de sécrétions, de bave, le corps taché de sang provenant de ce sac (l'ex-chat ou chien commun semble-t-il) ensanglanté qu'il porte, le personnage grimaçant de torture, ruisselant de larmes s'expose dans la quintessentielle forme d'humiliation suppliante et désespérée du « Ne me quitte pas » à la Brel.

L'exploration de la plus profonde forme d'animal et viscéral déchirement devant l'abandon, passe par la fécalisation (au sens figuré) intégrale, dans un jusqu'au-boutisme trash, l'inesthétique tragédie Cocteau-esque portée à son paroxysme : caricatural?

De pulsions surincarnées, en éructations braillardes et larmoyantes, le caractère procède de son anéantissement égotique par bribes entrecoupées de prostrations, roulades, empoignades ventrales viscérales, tout cela en récurrences cycliques d'expressions, de ton et d'effets. La surcharge plutôt que l'incarnation, le surjeu en animalité affectée, tout cela semble pêcher du fait de cycles rendus prévisibles par carence de modulation comme contre effets autres que ceux pré-exposés . Par exemple, comme si un interprète déclamant les premières lignes de la tirade du nez de Cyrano de Bergerac de Rostand, plutôt que d'évoluer vers d'autres intonations, expressions et gestes, en progression où en contre effet, avait relativement tendance à stéréotyper son aria selon le motif de jeu de ces mêmes premières lignes, ou portion de scène.

L'adaptation est pourtant fort intéressante, actuelle, percutante, et le principe n'est vraiment pas dénué d'intérêt, certainement un travail en progression qu'il faudra peut-être suivre...

Sans aller jusqu'à transformer l'éclatement évoqué en pathétique contorsion gore, et tout en parvenant à toucher parfois la détresse évoquée, le présent opus semble ne pas encore avoir atteint équilibre et nuances nécessaires.

Mise en scène : Robert Maurac
Interprétation et adaptation : Mark Hrynioch
Conception d’éclairages : Catherine Sabourin

____________________________________________

Espace 4001 Berri Space
13 juin @ 18.15
14 juin @ 22.00
15 juin @ 20.00
18 juin @ 16.30
19 juin @ 14.00
21 juin @ 21.15

Réservations : 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca

Whisper - Redhead Productions - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec Whisper le Read Head Productions s'attaque à l'univers du chat internet, des pseudo identités en auto-fiction virtuelle selon toutes les dérives imaginables de ces relations anonymes.



Sur la scène de la petite boîte noire du 4001 Berri, presque rien sinon qu'une basse table, puis en arrière-plan un écran de projection sur lequel on jettera les textos en jargon chat internet que s'enverront des protagonistes. En portion privée ou publique de la faction groupant la communauté virtuelle, virevoltent les propos des identités en pseudonyme, certaines en demi-vérités habillées de magnificence fabriquée comme cataplasme narcissique, d'autres en fantasmagories d'un fabriqué intégral. Derrière l'immunité de l'anonymat, les vérités se disent, les prises de bec se consolident dans les tentatives de dé-construction du moi idéal fabriqué de l'autre, les solitudes se conjuguent et se font communales, et la misère_sexuelle se contente de virtualité érotico-mochetonne en maladroit propos fiévreux tapés à une main.

Pour matérialiser sur scène le pathétique état des lieux, on a imaginé un quasi-bal costumé (selon le type du pseudo), qui d'entrées en sorties annoncées (projections) sur le chat, se matérialise par une valse (au sens figuré) d'interactions sans contact physique, comme si chacun parlait à une spectrale et imaginaire présence. De Queen_Penelope, dont le propos se conjugue au déshabillé de fantasme kitsch clinquant, sous-culturel et bon marché de boutique
_érotique, en passant par Leg_Man, un_obsédé sexuel grivois promenant sa joviale insignifiance en peignoir et pantoufle, jusqu'à Bride_2B une inhibée coincée cathocharde angoissée chronique en robe blanche et voilette, le mélange de faux, de fantasme et de bribes de vérité de chacun s'accroche à la triste bouée flottant sur les flots calmes de l'ennui et de la solitude urbaine.

Les comédiens tentent tant bien que mal d'incarner ce dantesque ballet d'électrons libres, avec une première portion intéressante, mais le propos semble rapidement devenir redondant et soap-opératique. Si certains, comme entre autres Braulio Elicer, semblent faire tout ce qui est en leur pouvoir dans le contexte, reste que la distribution souffre d'inégalité profonde, avec certaines prestations désincarnées, laconiques, avec un texte rabâché sur un ton presque ragnagnan.

Il faut dire que de se mettre au service de ce texte ne doit pas être une mince affaire. Entre certaines pointes intéressantes, pertinentes, on s'égare souvent dans un didactisme sans vergogne, avec propos éditorial (les mutilations
_génitales féminines, les techniques de_masturbation et les joies de la découverte_du corps, et une certaine vision_du_lesbianisme), qui plutôt qu'être induit, dramatisée et se dégager implicitement de l'ensemble, est carrément intégré dans le texte sous la forme de diatribes propagandistes: nonobstant le bien-fondé du propos. Ce sont les moments les plus pénibles de la pièce, avec ces traits fastidieusement récités par les comédiens, semble-t-il avec résistance contenue, comme une véritable punition théâtrale et cela contribue à la vraisemblable lourdeur de la construction dramatique de l'ensemble.

La pièce étire son ennui sur quatre-vingt-dix minutes, un interminable bavardage cérébral, soporifique duquel on sort engourdi et assommé.

NDLR : La pièce est en anglais dialectal
___________________________________

Texte et mise en scène de Jennifer MacEachen

Comédiens : Tracy Allan, Jennifer Miller, Katie Nolan,Cristina Bortolotti Sean D'Amico, Braulio Elicer, et Tim Diamond.

Espace 4001 Berri

13 juin @ 16.00
14 juin @ 18.15
15 juin @ 21.45
18 juin @ 21.30
19 juin @ 17.15
20 juin @ 21.30

Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca

lundi 15 juin 2009

Les Feux de la Rampe - Productions Jeux de Scène - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec Les Feux de la Rampe, les productions Jeux de Scène accouchent d'une œuvre empruntant à la comédie archétypale et potache, offrant une véritable cour de récréation à ses comédiens.

Un jeune français pédant et imbu, petit fils à papa bourgeois cherchant l'approbation et l'estime paternelle , entre en réaction contre ce dernier, un constructeur de condominiums dans le quartier Homa. La solution du fils? Embaucher un vilain du coin afin de s'initier au contexte et lui permettre de documenter une pièce de théâtre militante, anti-capitaliste et anti-condo, pour embêter le paternel. Rapidement, le pauvre loubard se ramasse coincé entre le père, et le fils, et les situations se précipitent...

En toute candeur lucide et truisme rigolard (peut-être Courteline?), le texte de Todd Stones trace néanmoins le portrait d'une réalité sociale présente, l’embourgeoisement et la « condoisation » de quartier ouvrier avec la perte d'habitat pour ses populations chassées, phénomène ici mis en relief par choc d'opposé paroxystique : le petit snobinard, rappelant certains personnages de tronches jouées par Yves Jacques, promène son précieux bienfaisant, son hypertrophie cognitive dégoulinante et dissociée de narcissisme bien-pensant face à un loubard caisse de bière à grosse moustache, barbe de trois jours, camisole-bras-tatous-blingbling et joualisant. Les éclats en résultant tracent le périmètre de l'état des lieux.

Il y a bien sûr des jeux de quiproquos sur les niveaux de langage, et des rebondissements qui atterrissent dans un champ de bonnes intentions, mais à l'intérieur des caractéristiques du genre, soit la rigolote comédie légère et très typée, presque naïve, tablant sur l'archétypal et les situations rocambolesques et improbables , il reste que la pièce a un propos très actuel et pertinent, ne tombe pas dans la gratuité, et s'adresse à nous en clin d'œil complice.

C'est gentil, on rigole parfois, avec une interprétation qui ne trahit pas le genre, très ludique et très correcte, dans cette scénographie ( deux chaises, une table) qui laisse la place belle à l'expression.

_______________________________________________

Productions Jeux de Scène Texte de de Todd Stones,
Mise en scène Marthe Turgeon
Comédiens Pierre Lenoir, Mario Morin et Frédéric Nadeau.

14 – Dimanche – 19h45
15 – Lundi – 23h30
18 – Jeudi – 22h00
19 – Vendredi – 16h30
20 – Samedi – 20h30
21 - Dimanche – 13h15

Mission Santa Cruz– 60 Rachel Ouest

Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca

Tu sens le Tigre Rodogune - Théâtre du Bukkake - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau


Avec « Tu sens le tigre Rodogune », le théâtre du Bukkake se lâche
« lousse » avec une version revisitée de la tragédie
« Rodogune »
de Pierre Corneille

La pièce est une de ces petites comédies estivales de festival, bricolée amicalement entre potes comédiens délirants ( de jeunes diplômés de diverses écoles de théâtre) , rapidement répétée, une totale tocade, une farce festive et déjantée, qui participe de sa propre auto-parodie en ne se prenant vraiment pas au sérieux.

On y bidouille et triture un morceau d'histoire antique Égyptienne dans une potache pastiche qui allie l'esthétique du magasin à un dollar, une version volontairement grotesque des chorégraphies bollywoodienne, avec une trame musicale (amusante) avec des chants arabisants du même acabit livré en lypsync offrant toute la subtilité d'un spectacle de drag. D'ailleurs, ici les gars jouent les filles et vice et versa, tous plus volontairement trash et ridicules les uns les autres. Turbans à cinq sous, sabres en plastique, robe arabe en tissu de papier d'hôpital, bling bling antique de pacotille, maquillages de bric et de broc, décors en cartons peints impertinemment cucul, affreux arbres-citronniers en plastique, tout y passe.

L'histoire simplette, surfe entre le mythe de la perfide reine Cléopâtre, qui semble tout droit sortie d'une pièce en joual des années 70, puis de créature surnaturelle et tigre narrateur, et finalement de jumeaux mis dans une dilemmique compétition pour, bien sûr, gagner la princesse.

Vraiment pas pour se prendre la tête, on rigole et on fait le plein d'énergie afin de poursuivre la croisade « fringesque », et la pièce a la bonne idée de ne pas étirer sa très mince substance (pleinement assumée) au-delà de la quarantaine de minutes que dure cette joyeuse tarte à la crème exutoire.

______________________________________________


Avec Édith Arvisais, Maxime Desjardins, Sophie Desmarais, Alexandre Dubois, Nicolas Chabot et Maxime Laurin
Arrangements sonores : Les pieds noirs

Horaire :

12 juin @ 18.00
14 juin @ 21.45
18 juin @ 15.00
19 juin @ 15.00
20 juin @ 14.45
21 juin @ 21.15

Au Mainline Theatre (3997 Boul St-Laurent)
Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca

dimanche 14 juin 2009

Midi-Minuit rallye théâtral 2009 - Les Ouvriers Théâtre

Par Yves Rousseau

Pour la cinquième année, le Midi-Minuit présente douze heures de courtes pièces issues de la relève théâtrale.


Parmi l'abondance de pièce : plusieurs œuvres d'essai et exercices de styles intéressants, par ce qu'ils permettent d'exploration et de développement de langage scénique pour de jeunes compagnies qui expérimentent et se construisent approche et esthétique théâtrale; puis des pochades sympathiques et divertissantes liées à la culture et au contexte du milieu, devant un public d'ailleurs vraisemblablement essentiellement composé par ses artisans; et finalement, disséminés dans l'ensemble, aussi quelques opus qui présentent un bon potentiel de scène en dehors d'un contexte expérimental d'initiés.

Il y avait bien quelques prestations découlant d'une interaction théâtrale d'entretien, soit avec intrigue et dialogues, ancrés dans un langage du geste et de l'espace (bref, avec théâtralité), mais la très nette tendance dominante était liée à la formule du conte, le témoignage en pose frontale. Si on remarque une très nette progression du calibre de jeu, et qu'on voit plusieurs jeunes talents prometteurs, ce calibre semblait être au service de textes substantiels sur une base relativement (très) épisodique...

En terme de textes charnus et semble-t-il pouvant potentiellement s'exporter en dehors d'une formule d'essais, on remarque quelques œuvres :

D'abord un extrait la pièce (de résistance) « Charme », avec un texte et une mise en scène de Joëlle Bond par la compagnie « Le petit luxe », composée de jeunes diplômés du CADQ , texte qui fit récemment l'objet d'une lecture au Carrefour International de Théâtre de Québec.

L'œuvre revisite l'univers kitch , surfait et sous-culturel de petite madame de bungalow, des soirées tupperware_et des cours de maintient pour la parfaite ménagère, dans une vision truculente et déjantée du début années soixante, à Québec. C'est encore au stade de la lecture, mais l'extrait révèle tout le côté iconoclaste, ironique et surtout satirique d'une certaine portion de la classe moyenne dans les prémisses de la Révolution tranquille sous l'éclatement des rôles_sexuels et de la famille nucléaire traditionnelle, avec une verve éclatée , le tout en parodie d'un certain quétaine identitaire national universel pas si lointain. La pièce doit être montée l'an prochain dans un nouveau lieu théâtral de la ville de Québec, détails à suivre.

Texte Joëlle Bond
Mise en lecture par Joëlle Bond, Ann-Sophie Archer
Interprétation : Ann-Sophie Archer, Claudianne Ruelland, Sophie D. Thibeault, François-Edouard Bernier, Jean-René Moisan et Frédérique Bradet.
Scénographie de Valérie Polychuck
Production Le petit luxe – compagnie de théâtre/Québec

Avec Fatoue Konouté, Leïla Louchem reprend ce beau texte de la jeune auteure Geneviève Baril, originalement présenté en mars 2007 au Patro Vys. Seule sur scène, un personnage vibrant, vêtu d'une robe pourvue de grandes franges latérales, tant déployées comme les ailes d'un papillon de liberté, qu'attachées sur les piliers d'un destin tracé et captif. Dans une mise en scène d'un dénuement révélateur, une belle interprétation donne vie au récit candide, celui du personnage d'une jeune fille africaine, fille de_prostituée, qui découvre pourtant les beautés de la vie et de l'amour, au milieu de l'horreur. Jusqu'à ce que le destin la rattrape. Une jeune écriture prometteuse.

Texte : Geneviève Baril
M. e. s. : Michel‐Maxime Legault
Avec : Leïla Thibeault‐Louchem

Avec Cassé, pas tant par le texte que par le jeu et la mise en scène, Martin Plouffe accouche d'un opus viscéral, punché, déchirant : une jeune femme s'apprêtant à consommer une rencontre d'un soir, là dans son lit, reçoit, à brûle-pourpoint, la visite de son ex, qui s'impose dans un état totalement inquiétant. Tout est dans la forme, le climat, avec de belles pièces de jeu brut, animal, et un propos assumé dans sa représentation_charnelle.

Texte et m e. s. : Martin Plouffe
Avec : Marc-André Brunet, Cynthia Wu-Maheux et François Morin

Finalement, les Créations Unthéâtre remettent ça avec Le plus de saynètes possible à faire avec une baignoire qui avait fait l'objet d'une première expérimentation assez électrique dans un studio du Vieux Montréal il y a quelques mois. Sur la scène, six comédiens déchaînés, une vraie baignoire pleine d'eau et un match d'impro. Imaginez une surréelle parade de situations intimes et embarrassantes et iconoclastes, un ensemble de variations bien sûr liées à l'univers privé de la salle de bain et à peu près tout ce qu'on ne peut même pas s'imaginer pouvant s'y passer. Très amusant, électrisant et original.

Créations UnThéâtre
Avec : Mathieu Lepage, Nicolas Michon, Florence Longpré, Anne-Élisabeth Bossé, Joëlle Paré-Beaulieu et Jean-Philippe Durand


Un bel espace de liberté et d'expérimentation, le convivial rendez-vous printanier de la relève, dans toute son humaine inégalité.


_____________________________

Sous la direction de Luc Bouffard, Phillipe Cyr et Stéphanie Julien

Produit par Les Ouvriers Théâtre - La S.H.O.P en collaboration avec le Groupe de la Veillée.

samedi 13 juin 2009

Louis, 25 ans, captive troyenne - Théâtre Point d’Orgue - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec cet opus, le Théâtre Point d'Orgue s'est donné comme défi de réaliser une courte pièce impliquant : le mythe des Troyennes, une réplique d'Hélène de Troie, l'obsession maternelle du héros, et les anniversaires de ce dernier.

Crédit: Louis Longpré

Enfin, ce qui est précité, on l'apprend en lisant le programme. Sur scène, un quadrilatère de chaise de bois. Au milieu, des ballons et autres accessoires d'anniversaire. En projection sur le mur d'arrière-scène, des chiffres, qui scandent les étapes de vie (âges), c'est qu'il y a répétition de scènes d'anniversaires en ordre aléatoires, des récurrences en variations. La vie, comme une fête karaoké en jump-cut. Très élaborée, la trame sonore scande le temps de son tic-tac et de ses atmosphères contrastées.

Crédit: Louis Longpré

Pantomimiques, iconoclastes, les tableaux tracent la fresque impressionniste d'une existentialité blessée, et par le départ du père, et par la mort de la mère. Les effets de récurrence renforcent l'affect évoqué, en alternance avec des dérives existentielles, par exemple : Louis, petit, le bonheur, l'innocence, la maman; errance splénétique dans l'évasion du voyage; Louis ado, et son cadeau (le livre les Troyennes, bien sûr); éructante invasion de personnages de tragédie déclamant; louis sur le lit de mort de sa mère; dérive musicale ironique sur air de crooner dans l'acting-out émotif. Entre autres.

Crédit: Louis Longpré

À ce magma émotif se greffe une belle exploitation de l'espace, empruntant entre autres au défilement de la drille et à la pose dramatique classique, avec un chœur de comédienne promenant leur verve de parodos en exodos. Cette façon de jouer avec les temps d'une trame de vie, avec cet habillement sonore particulier, croisé de tragédie et de dérision contenue, avec cette chorégraphie particulièrement intéressante, tout cela amène une exploration d'un langage et de conventions théâtrales éclatées. Le procédé est plus intéressant dans sa dialectique et son transformisme conceptuel que dans sa finalité ou son dénouement dramatique, un jeu théâtral à la fois stimulant dans sa parade d'éclats référentiels, et complètement mystique et obscur d'un point de vue narratif, enfin, au moins du point de vue de la conclusion. Et surtout stimulant et amusant pour les comédiens.

L'exercice de style d'un peu plus d'une demi-heure est cocasse, pétillant, du théâtre d'essai pour une jeune compagnie qui expérimente et défini son esthétique et son approche, un travail prometteur, plein de potentiel, à suivre.

Intéressant, avec de bons moments, à ne pas aborder d'un point de vue rationnel...

__________________________________________________________

Concept : Théâtre Point d’Orgue

Mise en scène : Ariane Lacombe
Interprétation et co-création : Kathleen Aubert, Stéphanie Cardi, Émilie Cormier, Katherine Mossalim, Louis-Karl Tremblay et Marie-Ève Courcy

4170 St-Urbain

12 juin @ 21.45
14 juin @ 16.30
16 juin @ 23.15
18 juin @ 20.00
20 juin @ 13.00
21 juin @ 17.30

Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378),

Villes Mortes - Théâtre Les Chats Sauvages - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec Villes Mortes, le Théâtre des Chats Sauvages propose trois arias fiévreuses, trois contes bouillants, sulfureux, délirants et cocasses.


La scénographie dans cette petite salle intime : trois escabeaux perchoirs sur pendrillons noirs. Trois tours de paroles pour trois contes débridés sur trois espaces urbains déchus et trépassés.

Crédit:Jean-François Hamelin
Céliane Trudel

Poétique et dramatique, sous musique pianistique spleenétique, Céliane Trudel promène avec verve une communale solitude déchirée d'une errance amoureuse en pulsion frustrée se sublimant dans la beauté suave et sensuelle d'un paysage italien. Sous le sentiment de l'incroyable fragilité de la vie et de ce qui nous lie, de sa chambre d'hôtel, un clash adultérin et schisme amoureux se conjuguent à l'antique explosion du Vésuve et ces corps retrouvés pétrifiés dans un ultime enlacement. La force de la vie sous la perfidie du destin. Sensible et charmant, avec de belles envolées dramatiques.

Crédit:Jean-François Hamelin
Stéphanie Dawson

Complètement sauté, délicieusement déjanté comme trame ironique : Stéphanie Dawson incarne une jeune comédienne au chômage qui finit par accepter en désespoir de cause un rôle pour un film de zombies expérimental et étudiant dirigé par une tronche asociale de Concordia. Mais voilà, une panne d'essence plus tard, la fiction rejoint la réalité. Quand l'horreur d'une ville morte se transforme en un quartier d'amusement préfabriqué dans toute sa pathétique stérilité artificielle et clinquante, et quand lesdits zombies mutants sont des rats de discothèques siliconés, chromés et épilés, aux muscles de stéroïdes, bronzés orange cancer ! La charge ironique et cynique est cinglante, le culte de l'apparence et la culture du consumérisme en prennent pour leur rhume, sous l'assaut de hordes de zombies de centre d'achat. Délicieux, cocasse, enlevant humour grinçant, et bellement incarné.

Crédit:Jean-François Hamelin
Sarah Berthiaume

Finalement, Sarah Berthiaume, sur fond de ville minière détruite pour cause de fermeture , incarne une jeune femme bougonneuse et candide. Au coeur d'une réunion revival du village, de mineurs aux poumons finis qui toussent et crachent, la réalité drabe et ennuyante se mêle avec la substance existentielle de la série « Santa Barbara », qu'écoutent béatement ses parents. Une série de rebondissements rocambolesques et surréels plus tard, notre pauvre bonne poire atteindra la quintessentielle expression du sentiment de honte. Très bien envoyé, juteux récit sur le ton débonnaire de celle « à qui les choses arrivent ».

L'écriture est savoureuse, la substance du texte mêle à la fois ironie sociale, drame, impertinence rigolarde et autodérision sociétale, avec une mise en scène dépouillée et efficace. Prometteurs jeunes artisans.

On passe un bon moment.



_________________________________

Un texte de Sarah Berthiaume
Mise en scène de Patrick Renaud
Avec : Sarah Berthiaume,
Stéphanie Dawson et Céliane
Trudel

4247 St-Dominique


12 juin @ 19.45
14 juin @ 23.15
16 juin @ 18.00
18 juin @ 21.45
19 juin @ 15.30
20 juin @ 20.30
21 juin @ 15.45


Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378),

Jaune - Théâtre Acharnée - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.


Par Yves Rousseau

Avec la pièce « Jaune », le Théâtre Acharnée tente de se réapproprier l'essence d'un féminisme relativement radical, en laissant planer un sens de la dérision, avec un certain clin d'œil , tout en étant néanmoins vraisemblablement militant.


Sur le plateau de la boîte noire du Théâtre Lachapelle, trois panneaux en éclats de bardeaux répartis dans l'espace constituent la scénographie. Surfant sur le mythe des Amazones, en tenues nomades, ninja-esque et guerrières, en cri de femme berbère, avec coiffe rasta-esque, sur fond de musique industrielle space tribale, une sororité triomphante crucifie sur place un homme_nu sur lumière crue, le braquant de leurs arcs vengeurs. Ce dernier, pleurnichant et apeuré, n'est-il pas coupable d'avoir grimpé sur un pont, protesté, argué et blâmé en propos masculiniste_les dérives d'un certain féminisme prétendument_castrant? Le voilà littéralement cloué sur place et humilié à bout de lance, sous les assauts ironiques d'une omnisciente voix hors champ trafiquée : masculinité égale agressivité, violence. L'issue? La féminisation_: on ne naît pas femme, on le devient...

Puis entre autres, intercalés et ponctuant les arias guerrières, dans un capharnaüm d'enchaînements intriqués et approximatifs, on revisite le mythe de la superfemme, de l'esclavage de l'apparence, de la pression sociale, de l'obligation du paraître et de la performance, dans toutes ses incarnations et déclinaisons de femmes névrosées et obsessionnelles, et aliénées : carriéristes finie, négociant leur prochain rendez-vous d'affaire en plein avortement, et tutti quanti.

De loin la portion la plus sentie, et la plus intéressante (même si assez gros), essentiellement portée par Mathilde Addy-Laird. Mais qui trop embrasse mal étreint, et à force de vouloir ratisser trop large dans l'universel et l'international féminin, de lapalissades en exultions démoniaques, danses chamaniques et simagrées coupe_couilles rageuses, la pièce s'égare dans de profondes inégalités de texte, de ton et d'expression, avec de plus un déroulement technique bancal (la poisse des premières) qui n'améliora certes pas les choses. La symbolique du citron, dans son acidité existentielle, se superpose à l'ensemble, vaseusement.

Mais en même temps, l'ensemble met en relief de bons filons comme matériel de développement - particulièrement ceux sur la femme moderne sous éclats de poésie en voix hors champ — et c'est exactement le but d'un festival de théâtre d'essai comme le Fringe.

Certains morceaux de féminisme paraissent, même sous le couvert d'une possible autodérision (?) et d'une ironie vraisemblablement présente, procéder d'une orientation qui pourrait sans doute pour plusieurs paraître anachronique : non pas pas par leurs visées égalitaristes, les injustices et abus subsistent certes. Mais par le ton, la forme.

L'ensemble paraît découler d'une maladresse néanmoins rafraichissante de truismes candides, où se côtoient belles idées engagées mais aussi ce que plusieurs pourraient considérer comme des clichés militants éculés, dans leur forme.
__________________________________________


Théâtre AcharnéE - www.theatreacharnee.com

Avec : Mathilde Addy-Laird, Sabrina Casault, Cédric Patterson et Audrée
Southière
Lumière et du son: Anne Maude Fleury

Théâtre la Chapelle - 3700 St-Dominique

Horaire

12 Jun @ 18.15
15 Jun @ 22.15
16 Jun @ 20.15
19 Jun @ 17.00
20 Jun @ 12.15
21 Jun @ 21.45

Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378),

dimanche 7 juin 2009

Dans le salon avec la clef anglaise - Collectif les Néos - Fringe 2009

Par Yves Rousseau


Avec « Dans le Salon avec la clé anglaise », le Collectif Les Néos accouche de sa première longue forme, avec un pastiche de « whodunit» explorant avec gravité et humour les dédales de l'agressivité humaine et de la culpabilité.

Crédit: Louis Longpré

Qui d'entre nous n'a jamais, occasionnellement, éprouvé une profonde rage contenue, une morbide pulsion refoulée? La courtoisie, et même parfois le seul gros bon sens, comme lubrifiant social, ne sont-ils pas en pleine déliquescence depuis quelques décennies, et semblent parfois faire défaut à certains olibrius, qui nous font voir bleu. C'est le crétin conduisant en parlant au cellulaire qui risque de vous écraser au passage piétonnier, c'est l'imbécile qui se précipite pour prendre le siège que vous venez de libérer pour une personne âgée, c'est le client difficile qui abuse outrageusement de ses droits, bref, les situations sont légion, personne n'y échappe. Bien sûr, on ne passe pas à l'acte, mais on peut rêver...

Crédit: Louis Longpré

Voilà un peu le territoire émotionnel qu'explore le collectif les Néos. Rage jalousie, rivalité, peur de l'abandon dans ses réactions malsaines, et puis également cette violence psychologique, qu'on dit féminine, et qu'on ose, chose rare, ici explorer. À partir de situations vécues, viscéralement, toujours selon cette non-théâtralité paradoxalement théâtralisée, en clin d'œil potache.

Crédit: Louis Longpré

Et ces situations, on les a fouillées, et chacun en a trouvé les résonances, concrétisées en prise de parole bouillonnante. Puis poussée à son paroxysme, cette portion sombre de l'humanité de chacun s'est incarnée dans un alter ego archétypal dissocié, inquiétant, criminel, halluciné et... exutoire. Un méchant, un ignoble vrai de vrai !

Crédit: Simon Giroux

Car voilà : de facto, dès l'entrée en salle, le crime a déjà eu lieu, l'instruction commence, et nous sommes le jury. Participatif. C'est sous un climat d'humour noir pétillant que défilent devant vous les vilains, avec témoignages fiévreux inspirés par ces situations enrageantes, en expiatoires confessions sordides : voilà devant vous la Louve, puis la Veuve Noire, ensuite le Kamikaze, et tutti quanti...

Crédit: Louis Longpré

Assemblage clippé et animé de courts tableaux inspirés de ces situations enrageantes, le tout ponctué : de dérives musicales thématiques sur airs populaires, par exemple les zones sombres et imprévisibles du sentiment amoureux sur l'air de « C'est juste d'lamour » (Marie-Jo Morin, Caroline Néron/Pascal Dufour), où encore les recoins tordus de la culpabilité judéo-chrétienne sur fond de chant grégorien en éclats d'autoflagellation_existentielle; avec aussi des fresques criminelles en poses dantesques et inquiétantes.

À la fois troublant et cocasse, jouant ironiquement avec le cliché et surfant sur la vague de la parodie de polar, un « Death on the Nile » en autodérision des vicissitudes existentielles, un truculent « Clue » à la fois grave et rigolard : alors, dans le salon, avec la clé anglaise?

Une version bêta du spectacle, qui ne sera finalisé que dans une semaine, où on sent encore la nécessité d'un travail de forme, plus que de fond : en tiers final, l'interaction avec public semble moins effervescente que dans la formule habituelle — la portion où ça semble s'essouffler en valse-hésitation.

C'est prometteur, la version définitive prendra l'affiche la semaine prochaine dans le cadre du Festival Fringe 2009 .

À suivre...

_______________________________________

Samedi 6 juin 20H00
Samedi 13 juin 18h30
Mardi 16 juin 21h45
Samedi 20 juin Minuit 15
Dimanche 14 juin 13h
Vendredi 19 juin Minuit
Dimanche 21 juin 14h


Avec: Sylvestre Caron, Julie Dionne, Benoît Drouin-Germain, Josée Lacombe, Catherine Lavoie, Mathieu Lepage, Sophie Lepage, Gabrielle Néron et Antoine Touchette

Au Mainline Theatre (3997 Boul St-Laurent)
Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca

mardi 2 juin 2009

Pour en finir avec… Alexis Martin - Théâtre Sans Domicile Fixe

Par Yves Rousseau

Avec « Pour en finir avec Alexis Martin », le Théâtre Sans Domicile Fixe offre un bien cuit théâtral savoureux, cocasse, dans une parodie
s'inspirant de la pièce
Matroni et moi.


Crédit: David Ospina - (sur la photo Guillaume Cyr et Milène Leclerc)

L'intrigue? Afin de documenter sa pièce “Matroni et moi”, Alexis Martin (version fictive) aurait trop posé de questions à des caïds du milieu interlope. Il en sait trop. De plus, n'est-ce pas lui, en leur révélant “accidentellement” des informations, qui aurait permis à des_enquêteurs de la_SQ d'arrêter le grand parrain Pillegi, dont le procès commence le lendemain? Argh !

Entouré de sa vénale rombière et de son homme de main, un yo halluciné et douteux, voilà que le fils du caïd, Guillaume un ubuesque, fat, prétentieux et risible mégalomane de surcroit maladroit de bon à rien à son papa est chargé de faire disparaitre, rapidement, ce témoin gênant. Pour ce, tendre un piège : attirer Alexis Martin en se faisant passer pour d'importants producteurs lui offrant un rôle.

Crédit: David Ospina
Le bon à rien à son papa (Guillaume Cyr) et le caïd (Daniel Desputeau)

Le voilà qui se pointe, puis arrive aussi pour mettre du sable dans l'engrenage, ô hasard, la sœur de la rombière, une cocote et simplette actrice ratée, véritable pot de colle en pâmoison pour Martin. Un “deal” raté, quelques perfidies adultérines rocambolesques, imbroglio surréel et quiproquos en tout genre plus tard, le délire atteint d'astronomiques proportions : imaginez tout ce beau monde, parrain inclus, la police aux trousses, se ramassant à une astrale représentation de théâtre expérimental NTE-esque...

Crédit: David Ospina
L'actrice ratée (Anne-Elisabeth Bossé) et le Alexis Martin fictif (Jean-Philippe Lehoux)

Avec une scénographie simple (mur de fond, divan table) pouvant suggérer un intérieur de nouveaux riches sous-culturels, l'aria de grande comédie promène sa feydeau-esque poursuite haletante et ses caractères potaches délicieusement archétypaux dans une série de rebondissements cadencés selon l'impeccable mécanique si nécessaire au genre, un efficace travail de mise en scène.

Crédit: David Ospina
Le fils, le yo et la rombière au théâtre ! (Guillaume Cyr, Milène Leclerc et Sébastien Dodge)

Le jeu des comédiens est fraternel, allumé, espiègle et cocasse, impeccable, et illuminé par une palpable aura de plaisir communicatif. Il faut voir ces derniers s'en donner à cœur joie, avec de solides performances. Vraiment, on rigole!

C'est à la fois intelligent et pétillant, et si la satire théâtrale et médiatique est relativement présente en sous texte, on évite de tomber dans d'hermétiques gags d'initiés sur le milieu du théâtre expérimental, et, en tout respect, il n'est pas nécessaire d'être un aficionado du NTE ou un expert de l'œuvre d'Alexis Martin pour apprécier. La pièce est donc tout à fait accessible et agréable pour tous, car bien écrite, remplie d'ironie, piquante, mais sans méchanceté.

La pièce n'est présentée que deux soirs (voir dates ci-dessous), mais sera vraisemblablement reprise bientôt!

_____________________________________

Production du Théâtre Sans Domicile Fixe
www.theatresdf.com

Texte Emmanuel Reichenbach avec la participation de Charles Dauphinais et Pier-Luc Lasalle
Mise en scène Charles Dauphinais
Interprètes : Anne-Elisabeth Bossé, Guillaume Cyr, Daniel Desputeau, Sébastien Dodge, Milène Leclerc, Emmanuel Reichenbach, Jean-Philippe Lehoux
Scénographie, accessoires et costumes : Mélanie Ouellette
Assistanat, production et régie : Audrey Lamontagne
Régie : Étienne Langlois-Vallières

Salle principale du Théâtre d'Aujourd'hui (3900, rue Saint-Denis, métro Sherbrooke)
1er à 21h30, 2 juin à 18 h 30 et 21h30
Billetterie 514-282-3900