Par Yves Rousseau
Avec Angel, DudaPaiva mêle danse, marionnette et théâtre dans une virtuosité du mouvement et de la manipulation...
Crédit : Sergio Gridelli
Cimetière. Sur scène, quelques tas d'automnales feuilles, de multiples bouteilles de bière, et, central, sur une pierre tombale, un ange, ou démon. À partir d'une proposition mystico-burlesque potache, il est question de mort, de Charon le passeur d'âme. Ainsi, un hippie itinérant, crasseux, galeux, répugnant et décomposé quête désespérément quelques sous, qui lui sont lancés par la foule. Il expose la conséquence d'un somme insuffisante pour le passage du mythique fleuve, celle de l'errance damnée. Éructant, rotant, titubant, le ballet éthylique en prise de bec cocasse avec cette marionnette représente vraisemblablement cette valse-hésitation dans l'entre-deux monde. Grosso modo, voilà : chacun pourra en tirer sa version car il y a flou interprétatif face à une trame assez performative et éclatée.
Certes d'un humour parfois iconoclaste que cet angelot, qui précise mimétiquement qu'il ferait beaucoup plus d'argent comme figure de fontaine à souhaits que dans sa présente fonction. Mais ce n'est ni par cette rigolade, ni par cette proposition théâtrale somme toute assez mince, que se distingue le spectacle, ni non plus par cet aspect participatif, avec l'habituelle sélection d'une personne dans la foule à qui on fait faire un petit tour de passe-passe, un élément galvaudé dont on se dépanne dans de nombreux spectacles, l'usuelle plaisanterie complaisamment complice.
En fait, tout est dans le mouvement, la capacité d'expression du pantin, mais surtout, la finesse de la manipulation : les gestes du guignol sont très indépendants, très précis, ahurissant de présence, et dissociés d'une façon troublante de ceux du manipulateur : dans une étroite évolution corps à corps, il y a éloquent dialogue, au point qu'on imagine facilement deux entités sur scène.
La beauté des mouvements, dans toute la poésie éthérée de la danse, avec ces superbes roulades dyadiques poétiques et existentielles, et les facéties chargées d'ironie de cet ange pot de colle qui n'a de cesse que de relancer le pauvre hère, en font un spectacle léger et rigolard, avec belle sensibilité expressive, mais qui pourra sans doute laisser l'amateur de théâtre et de textes quelque peu plus substantiels, plus que celui du mouvement joli, sur son appétit : c'est intéressant, mais, hors du beau geste et de la principale séquence chorégraphique, les errances du vagabond et les simagrées de la créature redondent et certains pourront se plaire à croire avoir rapidement fait le tour de la chose.
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Texte et mise en scène : Paul Selwyn Norton
Conception et interprétation : Duda Paiva
Marionnette : Ulrike Quade
Musique : Duda Paiva, Jim Barnard
Lumière : Hans C. Boer, Bart Vissers
Conseil artistique : Neville Tranter
3, 4, 5, 6, 7 nov. 2009 À 20 H
Théâtre La Chapelle
3700, Saint-Dominique
Billetterie : 514-843-7738
Certes d'un humour parfois iconoclaste que cet angelot, qui précise mimétiquement qu'il ferait beaucoup plus d'argent comme figure de fontaine à souhaits que dans sa présente fonction. Mais ce n'est ni par cette rigolade, ni par cette proposition théâtrale somme toute assez mince, que se distingue le spectacle, ni non plus par cet aspect participatif, avec l'habituelle sélection d'une personne dans la foule à qui on fait faire un petit tour de passe-passe, un élément galvaudé dont on se dépanne dans de nombreux spectacles, l'usuelle plaisanterie complaisamment complice.
En fait, tout est dans le mouvement, la capacité d'expression du pantin, mais surtout, la finesse de la manipulation : les gestes du guignol sont très indépendants, très précis, ahurissant de présence, et dissociés d'une façon troublante de ceux du manipulateur : dans une étroite évolution corps à corps, il y a éloquent dialogue, au point qu'on imagine facilement deux entités sur scène.
La beauté des mouvements, dans toute la poésie éthérée de la danse, avec ces superbes roulades dyadiques poétiques et existentielles, et les facéties chargées d'ironie de cet ange pot de colle qui n'a de cesse que de relancer le pauvre hère, en font un spectacle léger et rigolard, avec belle sensibilité expressive, mais qui pourra sans doute laisser l'amateur de théâtre et de textes quelque peu plus substantiels, plus que celui du mouvement joli, sur son appétit : c'est intéressant, mais, hors du beau geste et de la principale séquence chorégraphique, les errances du vagabond et les simagrées de la créature redondent et certains pourront se plaire à croire avoir rapidement fait le tour de la chose.
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Texte et mise en scène : Paul Selwyn Norton
Conception et interprétation : Duda Paiva
Marionnette : Ulrike Quade
Musique : Duda Paiva, Jim Barnard
Lumière : Hans C. Boer, Bart Vissers
Conseil artistique : Neville Tranter
3, 4, 5, 6, 7 nov. 2009 À 20 H
Théâtre La Chapelle
3700, Saint-Dominique
Billetterie : 514-843-7738
