Par Yves Rousseau
La compagnie Productions Drôles de Monde revient avec une version bellement retravaillée de son spectacle Variations Futiles : attention, bouffons déchaînés en liberté!
Ils sont clowns noirs, benêts et grimaçants, et ils crapahutent sur montagnes russes de mimogaphiques cabrioles en traversant de leurs « steppettes », « sparages » et « simagrées » irrévérencieusement candides et potaches, le panorama de moult saynètes peuplées de cartoonesques extravagances. Souples et simiesquement expressifs, ils se tordent corps et âmes, dans une chaplinesque et saltimbanque rencontre croisant zannis, masques, pantomimes, contorsions, danse contemporaine, marionnettes — et tutti quanti — le tout interactivement accompagné d'un burlesque et interactif dialogue musical in vivo.
Crédit : Productions Drôles de Monde
L'univers scénique est presque celui du théâtre pauvre, avec ici une intense physique aptitude de l'acteur découlant d'une théâtrale totalité que ne renierait sans doute pas Grotowski, s'il eût revisité les bouffons de Lecoq. Quelques panneaux réversibles, quelques accessoires, et beaucoup de souplesse et d'énergie animent cet effervescent quatre-vingt-dix minutes de délire.
La première version de ce spectacle (qu'on peut consulter ci-bas pour plus de détails) a été efficacement remaniée (voir transformée), quelques numéros qui en 2009 étaient un peu décalés ont été améliorés, retravaillés ou remplacés. Le résultat est probant, le rythme est très serré, endiablé. La drolatique matière découle de la gentille, bouffonesque absurde surréalité ambiante, une climatique espiègle, avec un humour simple, direct, très physique, et pas du tout psychologisant : pour qui aime ce genre d'humour (un peu à la Looney tune ascendante commedia dell'arte), il n'y a ici rien pour se casser la tête, mais tout pour s'amuser.
On passe une bonne soirée.
Présentation originale - critique du 31 octobre 2009
Avec Variations Futiles, la compagnie Productions Drôles de Monde revisite à sa façon la commedia dell'arte avec forain, absurde et frénétique métissage lancé dans le 21e siècle : le jeu et mime dramatique rencontre le saltimbanque, Chaplin et la danse moderne...
D'abord, tentons de situer le travail des Variations futiles : il est né de la commedia dell'arte et dans le geste, la corporalité, et le travail de masque. Très palpable époque référentielle. Puis bien sûr, il est forain, on l'imagine facilement sur tréteaux, et malgré plusieurs références contemporaines qui l'ancrent bel et bien dans l'aujourd'hui, il est de par sa formule, intemporel. Par le ton, le côté iconoclaste et candide en cabrioles et quasi-contorsionnisme, les costumes et le maquillages (faciès blanc ornementé), il s'approche donc du travail de clowns de cirque, et ce sont ces derniers qui enfilent ici les divers personnages : la vie du point de vue d'un bouffon. Il repose essentiellement sur la pantomime, et le verbe est plus dans l'effet émotif, la sonorité, le rythme, que le sens. L'effet rigolard se trouve plutôt dans l'aspect absurde, surréel. Par sa gentillesse, sa forme potache, il est au stade sensori-moteur et pré-opératoire , surtout, ce que le théâtre psychologique est à la pensée formelle : il s'adresse aux émotions directes, simples, naturelles et très peu au rationnel.
Il y a par contre système de double quatrième mur, avec, entre les deux, le public imaginaire auquel on s'adresse : un aspect délimité, domestiqué qui exclue l'impertinence interactive de personnages trublions pour cette commedia néo-traditionaliste foraine, urbaine, burlesque ,mimétique ,bouffonne et iconoclaste.
Sur la scène, quelques paravents sombres suggèrent une façade en bois, puis lorsque retournés, ils présentent le capharnaüm d'une penderie ou d'une armoire à balais et bricoles. En avant du proscénium, côté cour, deux musiciens -clowns in vivo alternent piano impressionniste, accordéon musette, et onomatopées sonores burlesques selon la texture du moment, croisant parfois leurs effets à une bande préenregistrée incluant de nombreuses références chaplinesques.
Hautement cabotin, digressif, ludique, physique, la dizaine d'opuscules de l'expression promène variétés selon les climats sonores précités : du Pierrot lunaire (dans l'esprit), en passant par arlequinades peuplées de diva à la voix cassée, ou de vilain et de policier comme au temps du cinéma muet du Charlot. Certains tableaux présentent des saynètes assez galvaudées d'expression clownesque prévisible en grands élans sur le derrière, mais plusieurs autres se démarquent par originalité, en particulier les scènes chorégraphiées où les caractères se perdent dans les genres et les époques musicales sur mosaïques de types de danses en déluge de références, et aussi pour quelques moments dramatiques et poétiques d'une belle facture climatique visuelle et musicale.
C'est dans ce genre de trouvailles, lorsqu'on quitte l'anecdotique et l'effet pour l'effet pour s'ancrer dans une ironie découlant d'une trame et d'un concept cocasse, que le spectacle, au travers de quelques longueurs, offre ses meilleurs moments, et s'envole d'un deuxième niveau offrant alors juste assez de sens, de trame narrative, pour que l'effet prenne racine et s'éclate de rires francs et d'émotions contrastées. Le spectacle est certes riche des ces modules relativement plus ou moins isolés, et quelques élagages de redondances et élaborations conceptuelles en cohérence accrues pourraient êtres l'étape prochaine dans l'évolution de cet ensemble quand même intéressant et potentiellement prometteur.
Les comédiens et les saltimbanques, d'une simiesque souplesse et intensité déchaînée, ne ménageant certes pas leurs efforts hautement physiques, avec une expression correcte et typée, à l'intérieur des caractéristiques du concept. On remarque Mathilde Addy-Laird, une jeune finissante de la cuvée 2008 du CADM, qui y offre de beaux moments de grâce sensible.
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Crédits mai 2011
Mise en scène : Maya Gobeil
Distibution : Maude Chicoine-Cotnoir, Mathieu Trudel-Jeté, Pierre-Louis Renaud, Luc Labelle, Myriam Magri-
Foughali
Musiciens : Jean-François Malo, Dominic Bidal
Direction de production : Dominique Brossoit
Costumes : Laurianne Derouin
Scénographie et accessoires : Véronique Poirier et Hugo Dalphond
Éclairages : Raphaël Bussières
Espace La Risée
25 au 28 mai 2011, 20 h
1258 Bélanger, Montréal
Billetterie : (514) 931-6630
Crédits octobre 2009
Crédits mai 2011
Mise en scène : Maya Gobeil
Distibution : Maude Chicoine-Cotnoir, Mathieu Trudel-Jeté, Pierre-Louis Renaud, Luc Labelle, Myriam Magri-
Foughali
Musiciens : Jean-François Malo, Dominic Bidal
Direction de production : Dominique Brossoit
Costumes : Laurianne Derouin
Scénographie et accessoires : Véronique Poirier et Hugo Dalphond
Éclairages : Raphaël Bussières
Espace La Risée
25 au 28 mai 2011, 20 h
1258 Bélanger, Montréal
Billetterie : (514) 931-6630
Crédits octobre 2009
Mise en scène de Maya Gobeil, assistée de Dominique Brossoit
Comédiens : Mathilde Addy-Laird, Nicolas Campeau, Maude-Chicoine Cotnoir, Patrice R. Lacharité, Mathieu Trudel-Jetté
Musiciens-clowns : Gabriel Monzerol et Jérémie De Pierre.
Scénographie par Hugo Dalphond et Véronique Poirier
Masques et marionnettes par Véronique Poirier
Costumes par Lauriane Derouin et Charlotte Biron
Maquillages : Maude Chicoine Cotnoir
Musique : Jérémie De Pierre et Gabriel Monzerol, en collaboration avec Alice Tougas St-Jack et Gabriel Paquin-Buki
Sur la photo : Nicolas Campeau, Mathilde Addy-Laird et Mathieu Trudel Jetté
27 oct. au 7 nov.
Espace La Risée
1258, rue Bélanger
Montréal, Île de Montréal H2S 1H9 Canada
Billetterie : (514) 931-6630
Scénographie par Hugo Dalphond et Véronique Poirier
Masques et marionnettes par Véronique Poirier
Costumes par Lauriane Derouin et Charlotte Biron
Maquillages : Maude Chicoine Cotnoir
Musique : Jérémie De Pierre et Gabriel Monzerol, en collaboration avec Alice Tougas St-Jack et Gabriel Paquin-Buki
Sur la photo : Nicolas Campeau, Mathilde Addy-Laird et Mathieu Trudel Jetté
27 oct. au 7 nov.
Espace La Risée
1258, rue Bélanger
Montréal, Île de Montréal H2S 1H9 Canada
Billetterie : (514) 931-6630

