dimanche 18 octobre 2009

Force Majeure - The age I"m in

Par Yves Rousseau

Avec « The age I"m in », la compagnie de Danse-Théâtre australienne Force Majeure lance dans l'abyssale et sombre gouffre du temps des petits éclats lumineux d'humanité belle et de tendresse vraie où les âmes, telles des lucioles de vie, tracent de leur vol de gestes et de paroles sensibles et impressionnistes, la mosaïque des âges et des temps d'êtres de la vie dans une fantastique communion intergénérationnelle.





Devant vous, à cour et à jardin, légèrement décalé, deux paravents, puis quelques chaises et une petite table circulaire. La musique de toutes les époques, emprunte tant au Big-Band (Sing, Sing, Sing), qu'au hard-rock éclaté, mais avec une nette dominante pour le pianistique aérien, méditatif et spleenétique contemporain. Sur scène, acteurs et danseurs de tous les  âges occupent l'espace, de la jeune étudiante  jusqu'à l'octogénaire.

Voix et visages se mélangent, puis se retrouvent : la parole est en lipsynch, et l'expression de l'un se prête aux mots d'un autre. En dérive, les lucioles d'esprit de petits écrans vidéo que l'on peut juxtaposer aux portions de corps percent de transparence l'âme et la matière en révélant pudeurs d'intériorités. Le geste au maniérisme iconoclaste abstrait en écho espiègle des affects évoqués valse avec ces luminescences d'humanité sous les couleurs existentielles belles sereine, mais parfois blessées.

Des tableaux d'une grande tendresse, comme cette jeune fille qui s'abandonne à la sécurité de ses grands parents, où encore en cris de vie triomphaux, avec cette jeunesse qui s'éclate, exultante et  apothéotique sous rock éclaté, là , dansant sur la table de cuisine. Puis les joies et les peines inévitables qui tissent la toile de la vie. La maladie, le cancer, et beaucoup, la solitude. Celle urbaine, que tous connaissent. Mais aussi celle du temps. Comme cette dame qui décrit le vieillissement comme une transparence progressive de la personne peu à peu rendue invisible à l’oeil de l'autre. Ou cet homme, qui sous les réminiscences et photos d'une autre époque, constate qu'il est le dernier survivant de sa famille. Sic transit gloria mundi. La vie humaine est bien courte, et nous sommes bien peu de choses.

L'œuvre est une élégie sensible, sobrement puissante, à toutes les notes de la symphonie contrastée de la vie. À partir de toute la simplicité du témoignage dépouillé, la métaphore du geste, de l'image et du son porte haut la parole, et trace une mosaïque poignante de la vulnérabilité humaine, mais dans toute la force de vie authentique du vrai et du quotidien.

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Chorégraphie et mise en scène : Kate Champion
Interprètes : Marlo Benjamin, Samuel Brent, Annie Byron, Tilda Cobham Hervey, Vincent Crowley, Daniel Daw, Brian Harrison, Kirstie McCracken, Veronica Neave, Byron Perry et Ingrind Weisfelt

Scénographie et éclairages par Geoff Cobham
Costumes par Bruce McKinven
Conception sonore : Max Lyandvert
Audio-Visuel par Tony Melov

Cinquième Salle de la Place des Arts
14 au 17 et 20 au 25 octobre 2009
Billetterie : 514.842.2112 ou 1.866.842.2112