Par Yves Rousseau
Avec Santa Mimosa, le Théâtre du 450 s'aventure sur le terrain connu d'un certain théâtre d'été
L'histoire et la mise en contexte de ce pastiche sont assez simples. Nous sommes dans un feuilleton télévisé kétaine d'après-midi, transposé sur scène. Les principaux personnages? D'abord le domestique obséquieux et muet, puis le gigolo séducteur en série et ses trois conquêtes réunies : la nunuche ménagère ingénue (son épouse) en robe bonbon 50' s, la vedette blasée en grande robe pourpre et bling bling de diva, et finalement la sculptrice en vareuse et béret. Noir, coup de feu ou bruit douteux, et voilà, ciel! le mari_infidèle est assassiné. Dans l'attente du détective Drilden, qui n'en finit plus d'arriver, la panique s'installe et une rixe psychologique entre les trois éconduites s'installe, se lançant la balle dans la quête de la coupable. Trois égéries du cliché, en chorus, presque toujours sur scène: pendant une heure trente, on joue avec l'invraisemblance et le rocambolesque.
La substance comique trouverait en principe sa source dans cette suite d'empoignes verbales visant à trouver la perpétratrice, où, de conseil lié à la recette du succès par la star, en visualisation sculpturale hallucinée de l'artiste, ou encore par l'expression de la quête existentielle de la parfaite ménagère de la nunuche, chacune alterne son aria de flash-back inquisiteurs : alors réintroduit par le domestique, le corps se réanime et meurt à répétition, un chassés croisé étroit avec le temps réel des personnages et les allées venues de leur récit-alibi entre le passé qu'on rejoue et le présent qu'on craint, par simple convention de geste.
Intéressant comme approche de jeux, mais devenant rapidement répétitif et prévisible, et certains effets burlesques galvaudés repris ad nauseam, comme le bruit de vaisselle fracassée lorsqu'un personnage est éjecté de la scène vers les coulisses, n'aident en rien. Si le texte offre certains moments cocasses, avec certains jeux de mots rocambolesques donnant lieu à des surenchères, par exemple lorsque l'actrice donne un quasi-cours de jeu à partir du simple mot tonneau, ces moments semblent reposer essentiellement sur une maîtrise particulière du rythme et du jeu d'expression, et paraissent ici pas encore tout à fait au point. Bien sûr il s’agit d'un texte léger, une comédie d'été, mais même à l'intérieur de ces limites et même sous le couvert d'une parodie de « soap », la substance et le ressort nécessaire au genre se laissent chercher. Après trente minutes, on a épuisé le mince filon, et on redonde.
Il en resterait peut-être un intéressant exercice de style où à partir de ces personnages plus qu'archétypaux, on expérimenterait le jeu volontairement caricaturalement outré, gros, en grande pâmoison affectée et simagrées dramatisantes selon les caractéristiques « psychologiques » parfaitement convenues des personnages, tout cela comme ultime forme d'ironie face au genre d'insipidité télévisuelle en valse clichée dont on se moque.
Mais les comédiens, maintes fois vus dans d'excellentes prestations, on ici fort à faire tellement l'ensemble de l'oeuvre pourrait pour plusieurs paraître scolaire et prévisible. Les acteurs ont beau se débattre, chercher la pose affectée ou l'effet qui pourrait élever la caricature à un deuxième niveau parodique, mais peu d'idéations où de principes de mise en scène originaux ne semblent leur offrir appui, hormis des enchaînements hyper conventionnels. Une scénographie kitsch, réaliste, sans métaphore aucune ne sublime rien.
Un texte datant de plusieurs années d'un jeune auteur dont l'écriture a depuis vraisemblablement beaucoup évolué, avec d'actuels véritables petits bijoux.
Faut-il absolument que le théâtre estival soit du « théâtre d'été », dans le sens consacré du terme?
Le présent ensemble de talents confirmés permet pourtant certes d'infinis horizons créatifs...
_______________________________
Texte de Marc-Antoine Cyr
Mise en scène de Jean Belzil-Gascon, assisté d’Andrée-Anne Garneau
Comédiens : Francesca Bárcenas, Christian Baril, Evelyne Fournier, Véronique Pascal et Ronny Prévost
Conception sonore : Pavel Maximytchev
Du 2 juillet au 22 août 2009
(jeudis, vendredis et samedis soirs, à 20 h)
Chapelle Saint-Antoine
130, rue Grant, Longueuil (Qc)
Information et réservations : 450 646-6435
ou theatredu450@videotron.ca
La substance comique trouverait en principe sa source dans cette suite d'empoignes verbales visant à trouver la perpétratrice, où, de conseil lié à la recette du succès par la star, en visualisation sculpturale hallucinée de l'artiste, ou encore par l'expression de la quête existentielle de la parfaite ménagère de la nunuche, chacune alterne son aria de flash-back inquisiteurs : alors réintroduit par le domestique, le corps se réanime et meurt à répétition, un chassés croisé étroit avec le temps réel des personnages et les allées venues de leur récit-alibi entre le passé qu'on rejoue et le présent qu'on craint, par simple convention de geste.
Intéressant comme approche de jeux, mais devenant rapidement répétitif et prévisible, et certains effets burlesques galvaudés repris ad nauseam, comme le bruit de vaisselle fracassée lorsqu'un personnage est éjecté de la scène vers les coulisses, n'aident en rien. Si le texte offre certains moments cocasses, avec certains jeux de mots rocambolesques donnant lieu à des surenchères, par exemple lorsque l'actrice donne un quasi-cours de jeu à partir du simple mot tonneau, ces moments semblent reposer essentiellement sur une maîtrise particulière du rythme et du jeu d'expression, et paraissent ici pas encore tout à fait au point. Bien sûr il s’agit d'un texte léger, une comédie d'été, mais même à l'intérieur de ces limites et même sous le couvert d'une parodie de « soap », la substance et le ressort nécessaire au genre se laissent chercher. Après trente minutes, on a épuisé le mince filon, et on redonde.
Il en resterait peut-être un intéressant exercice de style où à partir de ces personnages plus qu'archétypaux, on expérimenterait le jeu volontairement caricaturalement outré, gros, en grande pâmoison affectée et simagrées dramatisantes selon les caractéristiques « psychologiques » parfaitement convenues des personnages, tout cela comme ultime forme d'ironie face au genre d'insipidité télévisuelle en valse clichée dont on se moque.
Mais les comédiens, maintes fois vus dans d'excellentes prestations, on ici fort à faire tellement l'ensemble de l'oeuvre pourrait pour plusieurs paraître scolaire et prévisible. Les acteurs ont beau se débattre, chercher la pose affectée ou l'effet qui pourrait élever la caricature à un deuxième niveau parodique, mais peu d'idéations où de principes de mise en scène originaux ne semblent leur offrir appui, hormis des enchaînements hyper conventionnels. Une scénographie kitsch, réaliste, sans métaphore aucune ne sublime rien.
Un texte datant de plusieurs années d'un jeune auteur dont l'écriture a depuis vraisemblablement beaucoup évolué, avec d'actuels véritables petits bijoux.
Faut-il absolument que le théâtre estival soit du « théâtre d'été », dans le sens consacré du terme?
Le présent ensemble de talents confirmés permet pourtant certes d'infinis horizons créatifs...
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Texte de Marc-Antoine Cyr
Mise en scène de Jean Belzil-Gascon, assisté d’Andrée-Anne Garneau
Comédiens : Francesca Bárcenas, Christian Baril, Evelyne Fournier, Véronique Pascal et Ronny Prévost
Conception sonore : Pavel Maximytchev
Du 2 juillet au 22 août 2009
(jeudis, vendredis et samedis soirs, à 20 h)
Chapelle Saint-Antoine
130, rue Grant, Longueuil (Qc)
Information et réservations : 450 646-6435
ou theatredu450@videotron.ca
