samedi 13 juin 2009

Villes Mortes - Théâtre Les Chats Sauvages - Fringe 2009

Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.

Par Yves Rousseau

Avec Villes Mortes, le Théâtre des Chats Sauvages propose trois arias fiévreuses, trois contes bouillants, sulfureux, délirants et cocasses.


La scénographie dans cette petite salle intime : trois escabeaux perchoirs sur pendrillons noirs. Trois tours de paroles pour trois contes débridés sur trois espaces urbains déchus et trépassés.

Crédit:Jean-François Hamelin
Céliane Trudel

Poétique et dramatique, sous musique pianistique spleenétique, Céliane Trudel promène avec verve une communale solitude déchirée d'une errance amoureuse en pulsion frustrée se sublimant dans la beauté suave et sensuelle d'un paysage italien. Sous le sentiment de l'incroyable fragilité de la vie et de ce qui nous lie, de sa chambre d'hôtel, un clash adultérin et schisme amoureux se conjuguent à l'antique explosion du Vésuve et ces corps retrouvés pétrifiés dans un ultime enlacement. La force de la vie sous la perfidie du destin. Sensible et charmant, avec de belles envolées dramatiques.

Crédit:Jean-François Hamelin
Stéphanie Dawson

Complètement sauté, délicieusement déjanté comme trame ironique : Stéphanie Dawson incarne une jeune comédienne au chômage qui finit par accepter en désespoir de cause un rôle pour un film de zombies expérimental et étudiant dirigé par une tronche asociale de Concordia. Mais voilà, une panne d'essence plus tard, la fiction rejoint la réalité. Quand l'horreur d'une ville morte se transforme en un quartier d'amusement préfabriqué dans toute sa pathétique stérilité artificielle et clinquante, et quand lesdits zombies mutants sont des rats de discothèques siliconés, chromés et épilés, aux muscles de stéroïdes, bronzés orange cancer ! La charge ironique et cynique est cinglante, le culte de l'apparence et la culture du consumérisme en prennent pour leur rhume, sous l'assaut de hordes de zombies de centre d'achat. Délicieux, cocasse, enlevant humour grinçant, et bellement incarné.

Crédit:Jean-François Hamelin
Sarah Berthiaume

Finalement, Sarah Berthiaume, sur fond de ville minière détruite pour cause de fermeture , incarne une jeune femme bougonneuse et candide. Au coeur d'une réunion revival du village, de mineurs aux poumons finis qui toussent et crachent, la réalité drabe et ennuyante se mêle avec la substance existentielle de la série « Santa Barbara », qu'écoutent béatement ses parents. Une série de rebondissements rocambolesques et surréels plus tard, notre pauvre bonne poire atteindra la quintessentielle expression du sentiment de honte. Très bien envoyé, juteux récit sur le ton débonnaire de celle « à qui les choses arrivent ».

L'écriture est savoureuse, la substance du texte mêle à la fois ironie sociale, drame, impertinence rigolarde et autodérision sociétale, avec une mise en scène dépouillée et efficace. Prometteurs jeunes artisans.

On passe un bon moment.



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Un texte de Sarah Berthiaume
Mise en scène de Patrick Renaud
Avec : Sarah Berthiaume,
Stéphanie Dawson et Céliane
Trudel

4247 St-Dominique


12 juin @ 19.45
14 juin @ 23.15
16 juin @ 18.00
18 juin @ 21.45
19 juin @ 15.30
20 juin @ 20.30
21 juin @ 15.45


Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378),