Par Yves Rousseau
Avec « Pour en finir avec Alexis Martin », le Théâtre Sans Domicile Fixe offre
un bien cuit théâtral savoureux, cocasse, dans une parodie
s'inspirant de la pièce Matroni et moi.
Crédit: David Ospina - (sur la photo Guillaume Cyr et Milène Leclerc)
un bien cuit théâtral savoureux, cocasse, dans une parodie
s'inspirant de la pièce Matroni et moi.
Crédit: David Ospina - (sur la photo Guillaume Cyr et Milène Leclerc) L'intrigue? Afin de documenter sa pièce “Matroni et moi”, Alexis Martin (version fictive) aurait trop posé de questions à des caïds du milieu interlope. Il en sait trop. De plus, n'est-ce pas lui, en leur révélant “accidentellement” des informations, qui aurait permis à des_enquêteurs de la_SQ d'arrêter le grand parrain Pillegi, dont le procès commence le lendemain? Argh !
Entouré de sa vénale rombière et de son homme de main, un yo halluciné et douteux, voilà que le fils du caïd, Guillaume — un ubuesque, fat, prétentieux et risible mégalomane de surcroit maladroit de bon à rien à son papa — est chargé de faire disparaitre, rapidement, ce témoin gênant. Pour ce, tendre un piège : attirer Alexis Martin en se faisant passer pour d'importants producteurs lui offrant un rôle.
Le voilà qui se pointe, puis arrive aussi pour mettre du sable dans l'engrenage, ô hasard, la sœur de la rombière, une cocote et simplette actrice ratée, véritable pot de colle en pâmoison pour Martin. Un “deal” raté, quelques perfidies adultérines rocambolesques, imbroglio surréel et quiproquos en tout genre plus tard, le délire atteint d'astronomiques proportions : imaginez tout ce beau monde, parrain inclus, la police aux trousses, se ramassant à une astrale représentation de théâtre expérimental NTE-esque...
Crédit: David Ospina
Le fils, le yo et la rombière au théâtre ! (Guillaume Cyr, Milène Leclerc et Sébastien Dodge)
Le jeu des comédiens est fraternel, allumé, espiègle et cocasse, impeccable, et illuminé par une palpable aura de plaisir communicatif. Il faut voir ces derniers s'en donner à cœur joie, avec de solides performances. Vraiment, on rigole!
C'est à la fois intelligent et pétillant, et si la satire théâtrale et médiatique est relativement présente en sous texte, on évite de tomber dans d'hermétiques gags d'initiés sur le milieu du théâtre expérimental, et, en tout respect, il n'est pas nécessaire d'être un aficionado du NTE ou un expert de l'œuvre d'Alexis Martin pour apprécier. La pièce est donc tout à fait accessible et agréable pour tous, car bien écrite, remplie d'ironie, piquante, mais sans méchanceté.
La pièce n'est présentée que deux soirs (voir dates ci-dessous), mais sera vraisemblablement reprise bientôt!
Entouré de sa vénale rombière et de son homme de main, un yo halluciné et douteux, voilà que le fils du caïd, Guillaume — un ubuesque, fat, prétentieux et risible mégalomane de surcroit maladroit de bon à rien à son papa — est chargé de faire disparaitre, rapidement, ce témoin gênant. Pour ce, tendre un piège : attirer Alexis Martin en se faisant passer pour d'importants producteurs lui offrant un rôle.
Le voilà qui se pointe, puis arrive aussi pour mettre du sable dans l'engrenage, ô hasard, la sœur de la rombière, une cocote et simplette actrice ratée, véritable pot de colle en pâmoison pour Martin. Un “deal” raté, quelques perfidies adultérines rocambolesques, imbroglio surréel et quiproquos en tout genre plus tard, le délire atteint d'astronomiques proportions : imaginez tout ce beau monde, parrain inclus, la police aux trousses, se ramassant à une astrale représentation de théâtre expérimental NTE-esque...
L'actrice ratée (Anne-Elisabeth Bossé) et le Alexis Martin fictif (Jean-Philippe Lehoux)
Avec une scénographie simple (mur de fond, divan table) pouvant suggérer un intérieur de nouveaux riches sous-culturels, l'aria de grande comédie promène sa feydeau-esque poursuite haletante et ses caractères potaches délicieusement archétypaux dans une série de rebondissements cadencés selon l'impeccable mécanique si nécessaire au genre, un efficace travail de mise en scène.
Crédit: David OspinaLe fils, le yo et la rombière au théâtre ! (Guillaume Cyr, Milène Leclerc et Sébastien Dodge)
C'est à la fois intelligent et pétillant, et si la satire théâtrale et médiatique est relativement présente en sous texte, on évite de tomber dans d'hermétiques gags d'initiés sur le milieu du théâtre expérimental, et, en tout respect, il n'est pas nécessaire d'être un aficionado du NTE ou un expert de l'œuvre d'Alexis Martin pour apprécier. La pièce est donc tout à fait accessible et agréable pour tous, car bien écrite, remplie d'ironie, piquante, mais sans méchanceté.
La pièce n'est présentée que deux soirs (voir dates ci-dessous), mais sera vraisemblablement reprise bientôt!
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Production du Théâtre Sans Domicile Fixe
www.theatresdf.com
Texte Emmanuel Reichenbach avec la participation de Charles Dauphinais et Pier-Luc Lasalle
Mise en scène Charles Dauphinais
Interprètes : Anne-Elisabeth Bossé, Guillaume Cyr, Daniel Desputeau, Sébastien Dodge, Milène Leclerc, Emmanuel Reichenbach, Jean-Philippe Lehoux
Scénographie, accessoires et costumes : Mélanie Ouellette
Assistanat, production et régie : Audrey Lamontagne
Régie : Étienne Langlois-Vallières
Salle principale du Théâtre d'Aujourd'hui (3900, rue Saint-Denis, métro Sherbrooke)
1er à 21h30, 2 juin à 18 h 30 et 21h30
Billetterie 514-282-3900

