Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.
Par Yves Rousseau
Avec Mya ou la Robotte, le Théâtre P'tite Face revisite le jeu clownesque et la pantomime dans une version robotique, avec un regard particulier sur la vie.
Crédit: Louis Longpré
Crédit: Louis LongpréIl y a eu les enfants télévision et clés dans le cou, voguant, en l'absence de géniteurs débordés, de garderie en nounou avec la solitude hypnotisée par le petit écran. Voilà comme autre substitutif parental du futur, gardienne, accompagnatrice, torcheuse, cuisinière et centre multimédia: Mya, robotte avec un soupçon d'humanité, aux multiples fonctions intégrées, qu'on se paye à coup de carte de crédit, et qui va s'occuper de la petite Rosalie.
Voilà l'avenue explorée. Clownesque pantomime, candide et colorée aria ponctuée de nombreux numéros en chorégraphies d'un mécanique potache, on suit Mya, la reine du foyer, qui traverse les étapes de vie d'une enfant, de la petite enfance, à l'adolescence. Dans l'ironie d'un Pleasantville consommable, dans la vision 50'S de la parfaite ménagère dans le paradis du shangri-la électroménager, voici une élégie du bonheur artificiel comme révélateur, en sous-texte, de la lobotomie sociétale et des dérives du consumérisme. C'est mignon, souvent drôle, mais avec un petit pincement au coeur dans ce regard: et sur la vie de moderne solitude et d'existentiel isolement d'une certaine jeunesse, et sur le temps qui passe, les enfants qui grandissent, changent, et laissent...
À partir d'une indécrottable verve joyeuse, Mya et son bonbon existentiel, réponds aux diverses situations avec l'une de ses nombreuses et inimaginables fonctions, tout cela représentés sous forme de tableaux musicaux, animés, colorés et vivant: de Queen Of The House (Jody Miller) pour les scènes ménagères, en passant par Downtown (Petula Clark/Tony Hatch) pour les déambulations d'accompagnement vers l'école, entre autres.
La scénographie et les costumes jouent avec l'esthétique kitsch, du rose flamboyant pour le personnage , en passant par l'orange moutarde du cagibi aux milles accessoires occupant le centre scène : la boîte à malice du personnage.
La partition, très bien liée dans le temps et l'espace, semble vraiment exigeante. Beaucoup de repères (cue), de transitions, d'accessoires à introduire, avec de nombreux enchaînements de mouvements chorégraphiés. L'interprète s'en tire brillamment, avec une de ces bouilles, une expression communicative et irrésistible, et si l'on trouve d'occasionnelles redondances (thématiques et musicales ), l'ensemble reste parfaitement agréable, intéressant et touchant et comporte un deuxième niveau pertinent.
C'est vivant, coloré, vivifiant!
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Production Théâtre P'tite Face
Auteur, interprète et metteur en scène : Marie-Des-Neiges Poliquin
Scénographie : Cédrik Lord
Conception sonore : Simon Larose Lachance
Éclairage et direction technique : Julien Blais-Savoie
13 Jun @ 20.15
14 Jun @ 14.45
16 Jun @ 23.30
18 Jun @ 18.15
19 Jun @ 22.15
20 Jun @ 18.00
Au Mainline Theatre (3997 Boul St-Laurent)
Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca
