Du 11 au 21 juin, en direct du Festival Fringe, nous publierons quotidiennement de courtes critiques.
Par Yves Rousseau
Avec cet opus, le Théâtre Point d'Orgue s'est donné comme défi de réaliser une courte pièce impliquant : le mythe des Troyennes, une réplique d'Hélène de Troie, l'obsession maternelle du héros, et les anniversaires de ce dernier.
Crédit: Louis Longpré
Crédit: Louis Longpré Enfin, ce qui est précité, on l'apprend en lisant le programme. Sur scène, un quadrilatère de chaise de bois. Au milieu, des ballons et autres accessoires d'anniversaire. En projection sur le mur d'arrière-scène, des chiffres, qui scandent les étapes de vie (âges), c'est qu'il y a répétition de scènes d'anniversaires en ordre aléatoires, des récurrences en variations. La vie, comme une fête karaoké en jump-cut. Très élaborée, la trame sonore scande le temps de son tic-tac et de ses atmosphères contrastées.
Pantomimiques, iconoclastes, les tableaux tracent la fresque impressionniste d'une existentialité blessée, et par le départ du père, et par la mort de la mère. Les effets de récurrence renforcent l'affect évoqué, en alternance avec des dérives existentielles, par exemple : Louis, petit, le bonheur, l'innocence, la maman; errance splénétique dans l'évasion du voyage; Louis ado, et son cadeau (le livre les Troyennes, bien sûr); éructante invasion de personnages de tragédie déclamant; louis sur le lit de mort de sa mère; dérive musicale ironique sur air de crooner dans l'acting-out émotif. Entre autres.
À ce magma émotif se greffe une belle exploitation de l'espace, empruntant entre autres au défilement de la drille et à la pose dramatique classique, avec un chœur de comédienne promenant leur verve de parodos en exodos. Cette façon de jouer avec les temps d'une trame de vie, avec cet habillement sonore particulier, croisé de tragédie et de dérision contenue, avec cette chorégraphie particulièrement intéressante, tout cela amène une exploration d'un langage et de conventions théâtrales éclatées. Le procédé est plus intéressant dans sa dialectique et son transformisme conceptuel que dans sa finalité ou son dénouement dramatique, un jeu théâtral à la fois stimulant dans sa parade d'éclats référentiels, et complètement mystique et obscur d'un point de vue narratif, enfin, au moins du point de vue de la conclusion. Et surtout stimulant et amusant pour les comédiens.
L'exercice de style d'un peu plus d'une demi-heure est cocasse, pétillant, du théâtre d'essai pour une jeune compagnie qui expérimente et défini son esthétique et son approche, un travail prometteur, plein de potentiel, à suivre.
Intéressant, avec de bons moments, à ne pas aborder d'un point de vue rationnel...
__________________________________________________________
Concept : Théâtre Point d’Orgue
Mise en scène : Ariane Lacombe
Interprétation et co-création : Kathleen Aubert, Stéphanie Cardi, Émilie Cormier, Katherine Mossalim, Louis-Karl Tremblay et Marie-Ève Courcy
4170 St-Urbain
12 juin @ 21.45
14 juin @ 16.30
16 juin @ 23.15
18 juin @ 20.00
20 juin @ 13.00
21 juin @ 17.30
Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378),
Pantomimiques, iconoclastes, les tableaux tracent la fresque impressionniste d'une existentialité blessée, et par le départ du père, et par la mort de la mère. Les effets de récurrence renforcent l'affect évoqué, en alternance avec des dérives existentielles, par exemple : Louis, petit, le bonheur, l'innocence, la maman; errance splénétique dans l'évasion du voyage; Louis ado, et son cadeau (le livre les Troyennes, bien sûr); éructante invasion de personnages de tragédie déclamant; louis sur le lit de mort de sa mère; dérive musicale ironique sur air de crooner dans l'acting-out émotif. Entre autres.
À ce magma émotif se greffe une belle exploitation de l'espace, empruntant entre autres au défilement de la drille et à la pose dramatique classique, avec un chœur de comédienne promenant leur verve de parodos en exodos. Cette façon de jouer avec les temps d'une trame de vie, avec cet habillement sonore particulier, croisé de tragédie et de dérision contenue, avec cette chorégraphie particulièrement intéressante, tout cela amène une exploration d'un langage et de conventions théâtrales éclatées. Le procédé est plus intéressant dans sa dialectique et son transformisme conceptuel que dans sa finalité ou son dénouement dramatique, un jeu théâtral à la fois stimulant dans sa parade d'éclats référentiels, et complètement mystique et obscur d'un point de vue narratif, enfin, au moins du point de vue de la conclusion. Et surtout stimulant et amusant pour les comédiens.
L'exercice de style d'un peu plus d'une demi-heure est cocasse, pétillant, du théâtre d'essai pour une jeune compagnie qui expérimente et défini son esthétique et son approche, un travail prometteur, plein de potentiel, à suivre.
Intéressant, avec de bons moments, à ne pas aborder d'un point de vue rationnel...
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Concept : Théâtre Point d’Orgue
Mise en scène : Ariane Lacombe
Interprétation et co-création : Kathleen Aubert, Stéphanie Cardi, Émilie Cormier, Katherine Mossalim, Louis-Karl Tremblay et Marie-Ève Courcy
4170 St-Urbain
12 juin @ 21.45
14 juin @ 16.30
16 juin @ 23.15
18 juin @ 20.00
20 juin @ 13.00
21 juin @ 17.30
Billetterie du Fringe - 514.849.FEST (3378),

