Par Yves Rousseau
Avec « Dans le Salon avec la clé anglaise », le Collectif Les Néos accouche de sa première longue forme, avec un pastiche de « whodunit» explorant avec gravité et humour les dédales de l'agressivité humaine et de la culpabilité.
Crédit: Louis Longpré
Crédit: Louis Longpré Qui d'entre nous n'a jamais, occasionnellement, éprouvé une profonde rage contenue, une morbide pulsion refoulée? La courtoisie, et même parfois le seul gros bon sens, comme lubrifiant social, ne sont-ils pas en pleine déliquescence depuis quelques décennies, et semblent parfois faire défaut à certains olibrius, qui nous font voir bleu. C'est le crétin conduisant en parlant au cellulaire qui risque de vous écraser au passage piétonnier, c'est l'imbécile qui se précipite pour prendre le siège que vous venez de libérer pour une personne âgée, c'est le client difficile qui abuse outrageusement de ses droits, bref, les situations sont légion, personne n'y échappe. Bien sûr, on ne passe pas à l'acte, mais on peut rêver...
Voilà un peu le territoire émotionnel qu'explore le collectif les Néos. Rage jalousie, rivalité, peur de l'abandon dans ses réactions malsaines, et puis également cette violence psychologique, qu'on dit féminine, et qu'on ose, chose rare, ici explorer. À partir de situations vécues, viscéralement, toujours selon cette non-théâtralité paradoxalement théâtralisée, en clin d'œil potache.
Et ces situations, on les a fouillées, et chacun en a trouvé les résonances, concrétisées en prise de parole bouillonnante. Puis poussée à son paroxysme, cette portion sombre de l'humanité de chacun s'est incarnée dans un alter ego archétypal dissocié, inquiétant, criminel, halluciné et... exutoire. Un méchant, un ignoble vrai de vrai !
Car voilà : de facto, dès l'entrée en salle, le crime a déjà eu lieu, l'instruction commence, et nous sommes le jury. Participatif. C'est sous un climat d'humour noir pétillant que défilent devant vous les vilains, avec témoignages fiévreux inspirés par ces situations enrageantes, en expiatoires confessions sordides : voilà devant vous la Louve, puis la Veuve Noire, ensuite le Kamikaze, et tutti quanti...
Assemblage clippé et animé de courts tableaux inspirés de ces situations enrageantes, le tout ponctué : de dérives musicales thématiques sur airs populaires, par exemple les zones sombres et imprévisibles du sentiment amoureux sur l'air de « C'est juste d'lamour » (Marie-Jo Morin, Caroline Néron/Pascal Dufour), où encore les recoins tordus de la culpabilité judéo-chrétienne sur fond de chant grégorien en éclats d'autoflagellation_existentielle; avec aussi des fresques criminelles en poses dantesques et inquiétantes.
À la fois troublant et cocasse, jouant ironiquement avec le cliché et surfant sur la vague de la parodie de polar, un « Death on the Nile » en autodérision des vicissitudes existentielles, un truculent « Clue » à la fois grave et rigolard : alors, dans le salon, avec la clé anglaise?
Une version bêta du spectacle, qui ne sera finalisé que dans une semaine, où on sent encore la nécessité d'un travail de forme, plus que de fond : en tiers final, l'interaction avec public semble moins effervescente que dans la formule habituelle — la portion où ça semble s'essouffler en valse-hésitation.
C'est prometteur, la version définitive prendra l'affiche la semaine prochaine dans le cadre du Festival Fringe 2009 .
À suivre...
_______________________________________
Samedi 6 juin 20H00
Samedi 13 juin 18h30
Mardi 16 juin 21h45
Samedi 20 juin Minuit 15
Dimanche 14 juin 13h
Vendredi 19 juin Minuit
Dimanche 21 juin 14h
Avec: Sylvestre Caron, Julie Dionne, Benoît Drouin-Germain, Josée Lacombe, Catherine Lavoie, Mathieu Lepage, Sophie Lepage, Gabrielle Néron et Antoine Touchette
Au Mainline Theatre (3997 Boul St-Laurent)
Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca
Voilà un peu le territoire émotionnel qu'explore le collectif les Néos. Rage jalousie, rivalité, peur de l'abandon dans ses réactions malsaines, et puis également cette violence psychologique, qu'on dit féminine, et qu'on ose, chose rare, ici explorer. À partir de situations vécues, viscéralement, toujours selon cette non-théâtralité paradoxalement théâtralisée, en clin d'œil potache.
Et ces situations, on les a fouillées, et chacun en a trouvé les résonances, concrétisées en prise de parole bouillonnante. Puis poussée à son paroxysme, cette portion sombre de l'humanité de chacun s'est incarnée dans un alter ego archétypal dissocié, inquiétant, criminel, halluciné et... exutoire. Un méchant, un ignoble vrai de vrai !
Car voilà : de facto, dès l'entrée en salle, le crime a déjà eu lieu, l'instruction commence, et nous sommes le jury. Participatif. C'est sous un climat d'humour noir pétillant que défilent devant vous les vilains, avec témoignages fiévreux inspirés par ces situations enrageantes, en expiatoires confessions sordides : voilà devant vous la Louve, puis la Veuve Noire, ensuite le Kamikaze, et tutti quanti...
Assemblage clippé et animé de courts tableaux inspirés de ces situations enrageantes, le tout ponctué : de dérives musicales thématiques sur airs populaires, par exemple les zones sombres et imprévisibles du sentiment amoureux sur l'air de « C'est juste d'lamour » (Marie-Jo Morin, Caroline Néron/Pascal Dufour), où encore les recoins tordus de la culpabilité judéo-chrétienne sur fond de chant grégorien en éclats d'autoflagellation_existentielle; avec aussi des fresques criminelles en poses dantesques et inquiétantes.
À la fois troublant et cocasse, jouant ironiquement avec le cliché et surfant sur la vague de la parodie de polar, un « Death on the Nile » en autodérision des vicissitudes existentielles, un truculent « Clue » à la fois grave et rigolard : alors, dans le salon, avec la clé anglaise?
Une version bêta du spectacle, qui ne sera finalisé que dans une semaine, où on sent encore la nécessité d'un travail de forme, plus que de fond : en tiers final, l'interaction avec public semble moins effervescente que dans la formule habituelle — la portion où ça semble s'essouffler en valse-hésitation.
C'est prometteur, la version définitive prendra l'affiche la semaine prochaine dans le cadre du Festival Fringe 2009 .
À suivre...
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Samedi 6 juin 20H00
Samedi 13 juin 18h30
Mardi 16 juin 21h45
Samedi 20 juin Minuit 15
Dimanche 14 juin 13h
Vendredi 19 juin Minuit
Dimanche 21 juin 14h
Avec: Sylvestre Caron, Julie Dionne, Benoît Drouin-Germain, Josée Lacombe, Catherine Lavoie, Mathieu Lepage, Sophie Lepage, Gabrielle Néron et Antoine Touchette
Au Mainline Theatre (3997 Boul St-Laurent)
Réservations: 514-849-FEST ou www.montrealfringe.ca


