Par Yves Rousseau
Avec Bob's Lounge, le Battery Opera pousse une aria Foster Jenkins-esque...
Devant vous, à même l'avant-scène, quelques tables style cabaret accueillent une trentaine de spectateurs. Derrière, les gradins, vides. Puis , côté jardin, d'abord tout contre le mur, un bar, qui sera très achalandé pendant la soirée, une table de mixage portative, puis un sofa sur le quel prennent places, en poses alanguies blasées, quelques femmes en robes de soirées noires, et un olibrius éberlué et catatonique en costume Oktoberfest. Central, une batterie, puis côté cour, une contrebasse et un saxophone baryton forment l'orchestre atypique. En boucle, pré-enregistrée, « A taste of honey » par Herb Alpert & The Tijuana Brass donne des relents d'ascenseur.
Les musiciens, et notre « chanteur » entertainer, Bob, sont engoncés dans des costumes rappelant ces témoins venant frapper, tôt le matin, à nos portes, à l'exception des cravates et chemises, qui pourraient représenter l'archétypale vision luisante et criarde du samedi chic pour plouc d'un village très profond d'un certain sud. Un bric-à-brac d'accessoires Kitsh complète le climat: boa de fourrures, faux_phallus qu'exhiberont par leur braguette et tritureront parfois ces galopins au milieu de propos grivois, et tutti quanti.
Dès lors, tout devient assez prévisible. Avant de sombrer dans les blagues de_pénis, ou au mieux de garçon paysan et de cochon, on passe, évidement par Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny, l'air du Whiskey Bar et autres semblables, de Kurt Weil et Bertold Brecht pour poursuivre avec des airs de crooner pop américains : comme le passage à l'acte fiévreux et alcoolisée d'un preacher sous-culturel défroqué qui éclaterait ses inhibitions, circulant entre les tables, selon sa propre vision de la décadence, un mélange d'archétypales figures américaines kétaines, surfaites, boursouflées et déliquescentes sur fond de se qu'on se figure être un cabaret allemand dépravé de l'entre-deux-guerre.
Complétant cette manœuvre d'art potache, volontairement galvaudé, et bouc-émissaire en gros clins d'oeil insistants et peu subtils : sous le prétexte de l'iconoclaste et du satirique trash, les dames en poses outrées se tortillent anguleusement en facéties wanabe expressionnistes crades, avec parfois quelques prestations de gigue allemande par l'olibrius de tout à l'heure. Arrangé ou pas, tout cela contribue à catalyser les réactions paillardes, les commentaires moqueurs et les invectives de certains membres du public, émancipé de liberté éthylique. Parlons plutôt d'état second, plutôt que de second degré.
Puis, soudainement, après une heure de chants et d'interactions hasardeuses, le spectacle se termine abruptement, en queue de poisson, comme dans l'auto parodie de son propre monumental fiasco.
Mince, très mince, bien peu de substance. Un spectacle qui semble calibré pour la foirade bien arrosée. Sinon...
Voilà !
NDLR - la pièce est en anglais.
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Distribution : David McIntosh, Aleister Murphy, Ben Brown, Paul Ternes, Christophe Papadimitriou, Akasuzi Kwan, Lee Su-Feh et Deborah Dunn
3700, rue Saint‐Dominique
www.lachapelle.org
Réservations : 514 843‐7738
Les musiciens, et notre « chanteur » entertainer, Bob, sont engoncés dans des costumes rappelant ces témoins venant frapper, tôt le matin, à nos portes, à l'exception des cravates et chemises, qui pourraient représenter l'archétypale vision luisante et criarde du samedi chic pour plouc d'un village très profond d'un certain sud. Un bric-à-brac d'accessoires Kitsh complète le climat: boa de fourrures, faux_phallus qu'exhiberont par leur braguette et tritureront parfois ces galopins au milieu de propos grivois, et tutti quanti.
Dès lors, tout devient assez prévisible. Avant de sombrer dans les blagues de_pénis, ou au mieux de garçon paysan et de cochon, on passe, évidement par Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny, l'air du Whiskey Bar et autres semblables, de Kurt Weil et Bertold Brecht pour poursuivre avec des airs de crooner pop américains : comme le passage à l'acte fiévreux et alcoolisée d'un preacher sous-culturel défroqué qui éclaterait ses inhibitions, circulant entre les tables, selon sa propre vision de la décadence, un mélange d'archétypales figures américaines kétaines, surfaites, boursouflées et déliquescentes sur fond de se qu'on se figure être un cabaret allemand dépravé de l'entre-deux-guerre.
Complétant cette manœuvre d'art potache, volontairement galvaudé, et bouc-émissaire en gros clins d'oeil insistants et peu subtils : sous le prétexte de l'iconoclaste et du satirique trash, les dames en poses outrées se tortillent anguleusement en facéties wanabe expressionnistes crades, avec parfois quelques prestations de gigue allemande par l'olibrius de tout à l'heure. Arrangé ou pas, tout cela contribue à catalyser les réactions paillardes, les commentaires moqueurs et les invectives de certains membres du public, émancipé de liberté éthylique. Parlons plutôt d'état second, plutôt que de second degré.
Puis, soudainement, après une heure de chants et d'interactions hasardeuses, le spectacle se termine abruptement, en queue de poisson, comme dans l'auto parodie de son propre monumental fiasco.
Mince, très mince, bien peu de substance. Un spectacle qui semble calibré pour la foirade bien arrosée. Sinon...
Voilà !
NDLR - la pièce est en anglais.
______________________________
Distribution : David McIntosh, Aleister Murphy, Ben Brown, Paul Ternes, Christophe Papadimitriou, Akasuzi Kwan, Lee Su-Feh et Deborah Dunn
Du 27 au 30 mai
Au Théâtre La Chapelle3700, rue Saint‐Dominique
www.lachapelle.org
Réservations : 514 843‐7738