Par Yves Rousseau
Aux confins de l'Asie, après une vie de grandioses conquêtes, d'insatiables soifs du « citius, altius ,fortius » par découvertes exaltées, de guerrière cavalcades scandées par d'hallucinées et mystiques visions du tigre d'azur: à l'apogée de son périple, voilà « tempus fugit », revoir le pays et y mourir au moins, montrent d'aimés et fiers visages compagnons. Vaincu par sa propre armée, par la force du temps et du destin, ironie guerrière pour celui à qui nul ne put résister. Le jour où il s'arrêta, le parfum de la fin...
Dans un dernier refuge de dignité, dans son éternelle solitude, Alexandre vit ses dernières heures. Seul le masque de la mort, qu'il veut pouvoir mesurer, contempler, écoute sa confession, dans la lucidité sans compromis de la fin.
En arrière-scène, sur un petit praticable, la percussionniste Yi-Ping Yang dans une baroque forêt d'instruments, surréelle de substance visuelle et sonore : bleutée la robe, indigo luminescence en sang d'encre d'ecchymoses existentielles. Fiévreux, blessé et stoïque le récit, presque un conte. Minimaliste, déréalisation contemporaine, quelques colonnes de lumières suggérant l'évanescent Graal du temple ultime d'une mortelle quête de... mortel.
Quand un texte parle, vit, par lui-même, quand les mots portent, touchent, livrent, alors lui laisser la place dans la plus grande humilité théâtrale, alors s'effacer et se laisser porter, alors voix et expressions possédées, en transe abandonnée. Là dans le noir, un visage témoigne, là dans la grande noirceur d'une tragique humanité, un brasier de paroles. Rien d'autre, pour un moment, n'existe. Dans le plus grand classicisme, dans le dépouillement éclatant de l'essentiel révélé. À un lutrin-paperasse et quelques portions (vraisemblablement) lues près...
Certainement un bon moment de théâtre.
_______________________________
Une production Théâtre Les Ateliers
Texte Laurent Gaudé
Mise en scène Gilles Chavassieux
Interprétation Yannick Laurent et Yi-Ping Yang, musicienne percussionniste
Conception Gilles Chavassieux, Christophe Sauvet
Monument National, 3 et 4 octobre
Dans un dernier refuge de dignité, dans son éternelle solitude, Alexandre vit ses dernières heures. Seul le masque de la mort, qu'il veut pouvoir mesurer, contempler, écoute sa confession, dans la lucidité sans compromis de la fin.
En arrière-scène, sur un petit praticable, la percussionniste Yi-Ping Yang dans une baroque forêt d'instruments, surréelle de substance visuelle et sonore : bleutée la robe, indigo luminescence en sang d'encre d'ecchymoses existentielles. Fiévreux, blessé et stoïque le récit, presque un conte. Minimaliste, déréalisation contemporaine, quelques colonnes de lumières suggérant l'évanescent Graal du temple ultime d'une mortelle quête de... mortel.
Quand un texte parle, vit, par lui-même, quand les mots portent, touchent, livrent, alors lui laisser la place dans la plus grande humilité théâtrale, alors s'effacer et se laisser porter, alors voix et expressions possédées, en transe abandonnée. Là dans le noir, un visage témoigne, là dans la grande noirceur d'une tragique humanité, un brasier de paroles. Rien d'autre, pour un moment, n'existe. Dans le plus grand classicisme, dans le dépouillement éclatant de l'essentiel révélé. À un lutrin-paperasse et quelques portions (vraisemblablement) lues près...
Certainement un bon moment de théâtre.
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Une production Théâtre Les Ateliers
Texte Laurent Gaudé
Mise en scène Gilles Chavassieux
Interprétation Yannick Laurent et Yi-Ping Yang, musicienne percussionniste
Conception Gilles Chavassieux, Christophe Sauvet
Monument National, 3 et 4 octobre