Par Yves Rousseau
Théâtre Mainline. Petite boîte noire intime, avec estrade en « L » : étendez le bras, et ça y est, vous frôlez les comédiens. Proximité. Intime. Troublant. La scénographie? Accidentelle, les éléments à peine dissimulés de la pièce l'Araignée jouant plus tôt ce même soir. Peu importe, ça peut se faire n'importe où.
Rembobinons un peu : déjà à l'entrée nous étions accueillis par une cohorte enthousiasme et électrisante de jeunes comédiens, serviette de steward au bras, exposant les procédures du cérémonial. On entre dans la salle. L’« hight » commence. Voilà, un resto! buffet théâtral mangez tout ce que vous pouvez pendant une heure. Au menu, 35 pièces. On nomme votre rangée? Premier à « pitcher » une commande, premier à déguster le met de son choix. Puis on chauffe, on chauffe la salle. Dans la foule, complicité, le sourire excité et joyeusement nerveux de l'attente. Soudain, top chrono, vous êtes prêt? Partez! Rangée « D », quelle pièce? Douze, « devenir un homme ». Action, « devenir un homme », trois minutes, go! Et ainsi de suite...
Le principe directeur (expliqué à tous) ? Trente secondes à trois minutes par morceau théâtral. Texte original seulement. Écrit exclusivement par les comédiens. Pas de faux, pas d'illusion théâtrale. Que du vrai. Du vécu au rêvé ou fantasmé, tous issus de l'essence d'être des artisans. D'anecdotes croustillantes, en passant par de spleenétiques moments de vulnérabilité et de belle humanité dans toute sa fragilité crue et sensible, jusqu'au drame existentiel blessé, mais fièrement surmonté, tout ça avec ce petit côté « seventies », un cri primal, un « statement » existentialiste, une gestalt du moment, une prise de position. Oh, que oui, prise de position, vraiment. Car de la substance politique, sociétale, il s'en dégage. Les bonzes de la déshumanisation, de la censure et des coupures n'ont qu'à bien se tenir.
La foule? Impliquée, interpellée, avec, entre chaque numéro, diverses participations. Enlevant, chacun sur le bout de son siège, dans le train de montagne russe en « up and down », du tragique au comique. Oh, que ça embarque! foule composite, manuels, intellectuels, jeunes, moyens, vieux. On en redemande.
Après? Les comédiens, là, dans le hall, accessibles et affables, pour jaser avec les gens.
La plupart des petits ajustements soulignés dans la première critique (que vous pouvez lire pour une explication plus didactique du mouvement Néo et une mise en contexte), ont été, bellement, améliorés. Le tempo est continu, impeccable. Mais surtout, les numéros sont beaucoup plus incarnés, et dans le ton, et dans geste et dans l'expression. Maturation. Rapide, très.
Le type de salle choisie, avec les estrades donnant de plain-pied sur la scène, offre exactement le contexte d'intimité, de diffusion de proximité parfaite pour ce genre de spectacle. Recherché, mais universel, sans prétention. Acce$$ible pour tous. Tous! Pas d'exclus.
Mais quelle superbe et belle jeunesse allumée.
À quand la prochaine?
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Était présenté le 19 septembre 2008 à 23 h, au Théâtre MainLine
Prochains spectacles, informations: http://lesneos.wordpress.com