lundi 23 juin 2008

L'inspecteur Drive Rapplique (strikes again) - Pretium Doloris - Fringe 2008


Par Yves Rousseau

Lors du Fringe 2007, le Pretium Doloris avait présenté « La dernière enquête de l'Inspecteur Drive », une petite comédie policière musicale, légère, amusante, agréable, sans prétention écrite par Bernard Da Costa, et raisonnablement bien préparée compte tenu du contexte d'un tel festival. En terme de personnages et de situation, un genre de « Clue » (le jeu de société), un « whodunit » burlesque et éthylique se déroulant dans un casino de pacotille.

Voilà qu'on rapplique avec cette suite, un calque qui donne l'impression d'une structure, d'une construction beaucoup plus laxiste. C'est que dans le genre, la comédie potache aux caractères archétypaux, le rythme, la texture des réparties, l'éclair du moment sont principalement liés à la réussite d'un punch, d'un gag, bref, c'est la mince ligne fragile séparant le drôle du ridicule.

Un prologue qui s'éternise, une narration fade, omniprésente, voir envahissante comme palliatif à un récit vaseux, une écriture haletante, des répliques se perdant dans l'écho de cette salle, une scène trop surélevée pour permettre le sentiment d'intimité de la première mouture, des chants éparpillés (et beaucoup moins bien exécutés, plus chenus), mais sans l'à propos dans cette façon qu'ils avaient de colorer, de rythmer et découper les étapes pour la première mouture. Ne parlons pas des intentions de mise en scène qui m'ont semblé être au théâtre ce que la costarde est au remplissage de la tarte: une longue heure à combler. Que de flou et de confusion.

Le grotesque caricatural rigolo qu'avaient les personnages en premier lieu cède la place à une série de simagrées désincarnées, un défilé de clichés qui, comme lorsque les blagues d'un humoriste ne permettent pas d'atteindre un deuxième niveau de dérision hilare venant jeter un nouvel éclairage ironique sur le tout, restent coincés avec pathétisme au premier niveau avec, comme réactions chez certains, un rire nerveux, et chez d'autres, un croissant sentiment de malaise. Les efforts de certains pour masquer de pirouettes le vague d'intentions ne firent, il me semble, que finir de noyer le plat sous une indigeste sauce de cabotinages. Une impression d’« à la va-vite », de tricot en cadence désespéré avec des mailles sautées.

Passons rapidement sur cette interprétation du rôle principal, qui n'avait rien de la verve et de la superbe originale, mais semblait découler ici d'un maladroit lazzi de remplissage aux effets répétitifs et parfois même bizarres. Je me suis pris à imaginer une pièce de théâtre improvisé par des collègues pompettes lors d'une fête de bureau, avec ce même besoin irrépressible d'échapper au malaise et de trouver la sortie.

Exit.

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Un production Pretium Doloris

Texte et mise en scène de Véronick Raymond
Asistante à la mise en scène Gaële Cluz-ElGouriou

Avec Stéphanie Breton, Patrice Madgin, Serge Mandeville, Carlo Mestroni, Marie Olscamp, Stéfan Perreault, Véronick Raymond, Annie Roy, Annick Terral, Véronique Trudeau