Par Yves Rousseau
En direct du Festival du Jamais Lu, qui se tient du 2 au 11 mai, quelques brèves quotidiennes.
___________________ Le Nid - par Félix Beaulieu-Duchesneau et Sandrine Cloutier
La belle et sa volière d'oiseaux recueillis car blessés, puis une corneille adoptée, il faut la coller contre soi pour la conforter dixit la belle au compagnon hébété (qu'est-ce qu'un gars ne ferait pas...), sinon pauvre créature, elle est si jeune qu'elle se laisserait mourir. Voilà, entre autres, le quotidien d'un couple d'ornithologues en symbiose de plus en plus drôlement pathétique avec leurs sujets d'étude au fur et à mesure que leur couple s'étiole, une allégorie délirante truffée de références, métaphores et jeux de mots liés au monde des oiseaux. Le texte, lumineux, truculent, coulant, intelligent et particulièrement rythmé est un délice de répliques du tac au tac, on pense un peu à l'absurdité de Ionesco, et à la verve imagée de Guy Beausoleil, comme il l'avait fait avec « Devant les Maîtres » qui se déroulait dans le monde de l'art et des peintres, avec cette façon de faire flèche de tout bois (en terme d'atmosphères), avec délicatesse, mais ironie, à partir d'un univers thématique et référentiel.
Sous les cris d'oiseaux, en particulier ceux de la corneille rétive (par des comédiens qui s'en donnaient à coeur joie), les prises de bec de ce couple sont tout simplement truculentes. On suit la progression de leur union, à partir du temps « actuel» du lendemain d'un incendie ayant ravagé leur « nid », en alternance avec de multiples dérives historiques traçant la genèse du désastre depuis leur rencontre. Plusieurs scènes comportent un riche langage proxémique évoqué par les didascalies et révélant les véritables motivations des caratères, comme cette incroyable scène de drague, où les verbalisations d'une cour plus où moins dissimulée (orgueil, timidité, peur du rejet) d'un universitaire imbu et prétentieux se doublent d'une démarche non verbale calquée sur les comportements nuptiaux d'un paon en quête d'une femelle.
Déjà tordant à cette simple étape de la lecture, il me tarde de retrouver ces drôles d'oiseaux : la pièce sera présentée la saison prochaine dans un théâtre Montréalais...
À surveiller!
Mise en lecture par Jacques Laroche
Avec Félix Beaulieu-Duchesneau, Sandrine Cloutier et Jacques Laroche
Sous les cris d'oiseaux, en particulier ceux de la corneille rétive (par des comédiens qui s'en donnaient à coeur joie), les prises de bec de ce couple sont tout simplement truculentes. On suit la progression de leur union, à partir du temps « actuel» du lendemain d'un incendie ayant ravagé leur « nid », en alternance avec de multiples dérives historiques traçant la genèse du désastre depuis leur rencontre. Plusieurs scènes comportent un riche langage proxémique évoqué par les didascalies et révélant les véritables motivations des caratères, comme cette incroyable scène de drague, où les verbalisations d'une cour plus où moins dissimulée (orgueil, timidité, peur du rejet) d'un universitaire imbu et prétentieux se doublent d'une démarche non verbale calquée sur les comportements nuptiaux d'un paon en quête d'une femelle.
Déjà tordant à cette simple étape de la lecture, il me tarde de retrouver ces drôles d'oiseaux : la pièce sera présentée la saison prochaine dans un théâtre Montréalais...
À surveiller!
Mise en lecture par Jacques Laroche
Avec Félix Beaulieu-Duchesneau, Sandrine Cloutier et Jacques Laroche