Par Yves Rousseau
En direct du Festival du Jamais Lu, qui se tient du 2 au 11 mai, quelques brèves quotidiennes.
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La vie des tamagotchis - un texte de Pier-Luc Lasalle
La vie des tamagotchis - un texte de Pier-Luc Lasalle
Prenez un comédien décidant de « méthode acter » son personnage torturé jusqu'au bout, de suivre sa ligne de destin sans compromis, sans craquer, pas de rédemption, pas de porte de sortie, fidèle aux prémisses du caractère jusqu'à son autodestruction. Voilà un peu, beaucoup, passionnément ce qu'on ressent face à cette pièce comme approche ou climat littéraire.
Comme une grande tragédie de rois maudits, avec le même grossissement paroxystique de la misère humaine, les personnages ont des destins sacrifiés, damnés, et tous leurs efforts pour se tourner vers la lumière, l'autre et la vie s'achoppent sur les récifs d'un destin cruel tracé par un dieu rieur et goguenard n'ayant plus grand-chose à foutre, finalement, de cette humanité ridicule et abandonnée.
Le tourbillon de divinités de l'antiquité fait ici place à celui de la postmodernité, du « spin » psychédélique multimédia sauce consumérisme, où la vacuité de valeurs et l'effritement des cellules sociales amènent de jeunes banlieusards adultes-enfants-clé-dans-le-cou, blessés et perdus, à s'étourdir dans un activisme (en terme de mécanisme de défense) frénétique et libidineux, avec comme miasmes des dernières figures rassurantes d'avant, les évanescents reflets trompeurs du palais des miroirs-aux-alouettes, mirages qu'on pense en vain saisir, comme de tristement fausses images de bonheur tranquille en forme de fiction médiatique à la Passe-Partout. Une doudou-tamagotchi existentielle: dehors, seul, et il fait si froid.
Le ton de grande tragédie prend ici celui d'une comédie à la Woody Allen, punch-lines décapantes et cyniques, un contre-effet dramatique ne faisant que davantage mettre en relief le sous-texte de ce grand drame humain. Comme ces jeunes désirant le « ensemble", tentant le “aimer”, mais qui à cause du “trop douloureux”, du “blessé”, du “j'ai mal”, s'épivardent d'évitement face à un insight menaçant.
Le rire, jaune, se paie le lendemain d'une percutante prise de conscience aux relents d'amertume.
L'histoire, elle, se répète de ses minotaures.
Brillant.
Comme une grande tragédie de rois maudits, avec le même grossissement paroxystique de la misère humaine, les personnages ont des destins sacrifiés, damnés, et tous leurs efforts pour se tourner vers la lumière, l'autre et la vie s'achoppent sur les récifs d'un destin cruel tracé par un dieu rieur et goguenard n'ayant plus grand-chose à foutre, finalement, de cette humanité ridicule et abandonnée.
Le tourbillon de divinités de l'antiquité fait ici place à celui de la postmodernité, du « spin » psychédélique multimédia sauce consumérisme, où la vacuité de valeurs et l'effritement des cellules sociales amènent de jeunes banlieusards adultes-enfants-clé-dans-le-cou, blessés et perdus, à s'étourdir dans un activisme (en terme de mécanisme de défense) frénétique et libidineux, avec comme miasmes des dernières figures rassurantes d'avant, les évanescents reflets trompeurs du palais des miroirs-aux-alouettes, mirages qu'on pense en vain saisir, comme de tristement fausses images de bonheur tranquille en forme de fiction médiatique à la Passe-Partout. Une doudou-tamagotchi existentielle: dehors, seul, et il fait si froid.
Le ton de grande tragédie prend ici celui d'une comédie à la Woody Allen, punch-lines décapantes et cyniques, un contre-effet dramatique ne faisant que davantage mettre en relief le sous-texte de ce grand drame humain. Comme ces jeunes désirant le « ensemble", tentant le “aimer”, mais qui à cause du “trop douloureux”, du “blessé”, du “j'ai mal”, s'épivardent d'évitement face à un insight menaçant.
Le rire, jaune, se paie le lendemain d'une percutante prise de conscience aux relents d'amertume.
L'histoire, elle, se répète de ses minotaures.
Brillant.
Mise en lecture de Vincent-Guillaume Otis
Avec Anne-Élisabeth Bossé, Maxime Denommée, François-Xavier Dufour, Alexandre Fortin, Isabelle Lemme, Édith Paquet et Cynthia Wu-Maheux
Avec Anne-Élisabeth Bossé, Maxime Denommée, François-Xavier Dufour, Alexandre Fortin, Isabelle Lemme, Édith Paquet et Cynthia Wu-Maheux