Par Yves Rousseau
Pièce à sketch sur métaphore du ring dans un décor de vestiaire brunâtre, ingénieusement hautement transformable. Comme pour une soirée de boxe, entrée triomphale avec cette danse sautillé tout en jab assez typique sur musique populaire tonitruante et assez rythmée, et la même approche meuble les transitions de scène et manipulations de décor. Particulièrement lumineux et vivant.
Le sujet des saynètes? Les rivalités féminines dans leurs petites violences ordinaires au quotidien, couteaux dans le dos, jalousies, bitchages et crêpages de chignon. Certainement pas une vision psychologisante, analytique, mais plutôt anecdotique : sur le ton d’un sitcom de l’autodérision, iconoclaste, léger et volubile, avec des réparties grinçantes et du tact au tac, d’amusants tableaux colorés viennent titiller certaines vérités sur les rapports entre femmes, et on évite avec subtilité le manichéisme : les dyades féminines ne sont pas composées d’ennemies antagonisées, mais plutôt le fait de femmes certainement liées, des amies, et c’est à l’intérieur d’un lien affectif véritable que l’on explore le paradoxe des inévitables tiraillements, coup bas et rivalités, ce qui ouvre évidemment un territoire de jeu particulièrement savoureux : sous le couvert de l’activité prétexte, amies en train de repeindre un appartement, vieilles dames jouant aux dames (!) et autres, se crée un riche territoire de niveau de communication, avec les non-dits trahis par le langage corporel, les latences, les lapsus, les expressions contenues et les sous-entendus. Les intermèdes de combats simulés ponctuant les rixes affectives ne font que mettre en exergue tout le côté interlope, étouffé, mais néanmoins hyper présent de la rivalité féminine, comme un ultime et quintessentiel retour du refoulé : pire, un véritable passage à l’acte, du verbal et affectif à la véritable tape (existentielle) sur la gueule.
L’interprétation est tout simplement charmante, touchante: comme un procédé de référence à la séduction, ironiquement sous-jacente et atavique, comme une une fatalité inévitable mais si agréable de la race, toujours cet impérieux besoin de plaire et de se retrouver dans le regard de l’autre, ceci comme moteur principal de rivalité? N’est-ce pas là la source du mal ? On semble poser les jalons de cette réflexion avec beaucoup d’ironie, d’autodérision…
Amusant, coloré et vivant, une exploration sensible, mais joyeuse d’une dimension rarement abordée de l’univers féminin, la rivalité et la petite violence. On passe certainement un très bon moment.
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Une production Les Cousines canines
Texte et interprétation de Véronique Pascal et Catherine de Léan
Mise en scène par Émilie Gauvin
Chorégraphies par Deano Clavet
Décors, costumes et accessoires de Josée Bergeron-Proulx
Éclairages par Émilie Voyer
Conception sonore par Martin Boisclair
Du 2 au 25 mars 2008 Théâtre La Licorne, salle intime.
Pièce à sketch sur métaphore du ring dans un décor de vestiaire brunâtre, ingénieusement hautement transformable. Comme pour une soirée de boxe, entrée triomphale avec cette danse sautillé tout en jab assez typique sur musique populaire tonitruante et assez rythmée, et la même approche meuble les transitions de scène et manipulations de décor. Particulièrement lumineux et vivant.
Le sujet des saynètes? Les rivalités féminines dans leurs petites violences ordinaires au quotidien, couteaux dans le dos, jalousies, bitchages et crêpages de chignon. Certainement pas une vision psychologisante, analytique, mais plutôt anecdotique : sur le ton d’un sitcom de l’autodérision, iconoclaste, léger et volubile, avec des réparties grinçantes et du tact au tac, d’amusants tableaux colorés viennent titiller certaines vérités sur les rapports entre femmes, et on évite avec subtilité le manichéisme : les dyades féminines ne sont pas composées d’ennemies antagonisées, mais plutôt le fait de femmes certainement liées, des amies, et c’est à l’intérieur d’un lien affectif véritable que l’on explore le paradoxe des inévitables tiraillements, coup bas et rivalités, ce qui ouvre évidemment un territoire de jeu particulièrement savoureux : sous le couvert de l’activité prétexte, amies en train de repeindre un appartement, vieilles dames jouant aux dames (!) et autres, se crée un riche territoire de niveau de communication, avec les non-dits trahis par le langage corporel, les latences, les lapsus, les expressions contenues et les sous-entendus. Les intermèdes de combats simulés ponctuant les rixes affectives ne font que mettre en exergue tout le côté interlope, étouffé, mais néanmoins hyper présent de la rivalité féminine, comme un ultime et quintessentiel retour du refoulé : pire, un véritable passage à l’acte, du verbal et affectif à la véritable tape (existentielle) sur la gueule.
L’interprétation est tout simplement charmante, touchante: comme un procédé de référence à la séduction, ironiquement sous-jacente et atavique, comme une une fatalité inévitable mais si agréable de la race, toujours cet impérieux besoin de plaire et de se retrouver dans le regard de l’autre, ceci comme moteur principal de rivalité? N’est-ce pas là la source du mal ? On semble poser les jalons de cette réflexion avec beaucoup d’ironie, d’autodérision…
Amusant, coloré et vivant, une exploration sensible, mais joyeuse d’une dimension rarement abordée de l’univers féminin, la rivalité et la petite violence. On passe certainement un très bon moment.
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Une production Les Cousines canines
Texte et interprétation de Véronique Pascal et Catherine de Léan
Mise en scène par Émilie Gauvin
Chorégraphies par Deano Clavet
Décors, costumes et accessoires de Josée Bergeron-Proulx
Éclairages par Émilie Voyer
Conception sonore par Martin Boisclair
Du 2 au 25 mars 2008 Théâtre La Licorne, salle intime.