Par Yves Rousseau
Vous êtes fatigués de votre journée au boulot, vous n'avez pas le goût de voir un drame existentiel tortueux, de vous prendre la tête, mais vous iriez bien au théâtre, histoire de passer une belle soirée et de vous changer les idées ?
Eh bien voilà! D'Artagnan et les trois mousquetaires c'est pour vous, et c'est pour tous, vous pouvez amener famille et amis sans crainte. L'histoire n'a évidemment pas changé : dans une suite rocambolesque, le jeune et téméraire D'Artagnan, fraichement arrivé de la campagne les yeux remplis de rêves et d'espoir, provoque en duel chacun des trois Mousquetaires, pour finir par se lier d'amitié et se liguer à eux dans une lutte sans merci contre les manigances du perfide et ignoble Cardinal de Richelieu, et tout cela, pour, bien sûr, la Reine!
De magnifiques chants, des combattants fiers, romantiques et fantasques et des combats sans merci, des méchants bêtes et risibles ou encore cruels et machiavéliques, des belles intrigantes, des nigauds marrants, tout ça dans une romanesque suite d'aventures, de combats et de quête du bien et de l'honneur!
Dans une atmosphère de farce volontairement cabotine ou on emprunte à certaines techniques du burlesque, comme la désignation d'une tête de Turc parmi le public (une dame aux cheveux rouges ce soir-là) et ou on prend toute liberté avec le quatrième mur, interpellant et haranguant par moments le foule, les comédiens littéralement déchaînés s'en donnent à coeur joie, en remettent et se relancent mutuellement, habitant parfois dans les limites de l'absurde les personnages archétypaux et parfois potaches, avec pour résultats un climat de franches rigolades, lumineux, électrisant et délirant. Certainement une très belle performance.
Plusieurs moments sont presque surréels, comme lorsque Planchet, le domestique coquin et récalcitrant de d'Artagnan, s'étant fait surprendre à dissimuler un pain à son maître affamé et fauché, s'empresse de remettre la miche à ce dernier en l'enfilant sur la lame de l'épée tendue et menaçante. Pris de cour, dans un monumental lazzi, le personnage se débarrasse de l'objet dans un grand geste rageur en faisant ainsi planer l'objet jusqu'aux pieds de la pauvre dame, oui la même que tout à l'heure. « Mangez, madame, mangez, c'est pour vous »...
L'ensemble est néanmoins très bien construit, cohérent, très accessible, et d'une facture très soignée et certains excès qui seraient impardonnables en d'autres circonstances, sont ici très à propos et s'inscrivent avec naturel dans l'ensemble, dans la continuité de la proposition : la verve d'un Molière (et la même fenêtre temporelle), le verbe de Dumas et les rebondissements dignes d'un bon film de cape et d'épée, mais en évitant le piège des singeries hollywoodiennes théâtralisées. Car l'ensemble n'est pas sans évoquer la commedia dell’arte, évidemment, et les farces médiévales : le scénographie, à cet égard laisse rêveur avec ce praticable en bois rustique avec cet arrière-plan évoquant un bourg d'époque, et les mansions ou les tréteaux forains. Bien sûr qu'il y a moult trappes par lesquelles il est possible de s'esquiver et de réapparaitre de façon impromptue, farce exige! De judicieuses surfaces semi-transparentes permettent de plus le théâtre d'ombres lors de certaines scènes de cavalcades et pérégrinations.
Il ne faudrait pas passer sous silences les superbes costumes de Sarah Balleux, riches, colorés et variés, et les masques très expressifs de Louise Lapointe, un plaisir pour les yeux.
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Une production du Théâtre Advienne que pourra
Texte d’Alexandre Dumas, père
Adaptation et mise en scène de Frédéric Bélanger
Scénographie, marionnettes par Julie Measroch
Costumes par Sarah Balleux
Masques par Louise Lapointe
Conception sonore par Audrey Thériault
Avec Guillaume Baillargeon, François Bernier, Maude Campeau, Guillaume Champoux,Valérie Descheneaux, Maryse Drainville, Bruno Piccolo, Audrey Thériault, Claude Tremblay
du 29 janvier au 22 février, Salle Fred-Barry
Vous êtes fatigués de votre journée au boulot, vous n'avez pas le goût de voir un drame existentiel tortueux, de vous prendre la tête, mais vous iriez bien au théâtre, histoire de passer une belle soirée et de vous changer les idées ?
Eh bien voilà! D'Artagnan et les trois mousquetaires c'est pour vous, et c'est pour tous, vous pouvez amener famille et amis sans crainte. L'histoire n'a évidemment pas changé : dans une suite rocambolesque, le jeune et téméraire D'Artagnan, fraichement arrivé de la campagne les yeux remplis de rêves et d'espoir, provoque en duel chacun des trois Mousquetaires, pour finir par se lier d'amitié et se liguer à eux dans une lutte sans merci contre les manigances du perfide et ignoble Cardinal de Richelieu, et tout cela, pour, bien sûr, la Reine!
De magnifiques chants, des combattants fiers, romantiques et fantasques et des combats sans merci, des méchants bêtes et risibles ou encore cruels et machiavéliques, des belles intrigantes, des nigauds marrants, tout ça dans une romanesque suite d'aventures, de combats et de quête du bien et de l'honneur!
Dans une atmosphère de farce volontairement cabotine ou on emprunte à certaines techniques du burlesque, comme la désignation d'une tête de Turc parmi le public (une dame aux cheveux rouges ce soir-là) et ou on prend toute liberté avec le quatrième mur, interpellant et haranguant par moments le foule, les comédiens littéralement déchaînés s'en donnent à coeur joie, en remettent et se relancent mutuellement, habitant parfois dans les limites de l'absurde les personnages archétypaux et parfois potaches, avec pour résultats un climat de franches rigolades, lumineux, électrisant et délirant. Certainement une très belle performance.
Plusieurs moments sont presque surréels, comme lorsque Planchet, le domestique coquin et récalcitrant de d'Artagnan, s'étant fait surprendre à dissimuler un pain à son maître affamé et fauché, s'empresse de remettre la miche à ce dernier en l'enfilant sur la lame de l'épée tendue et menaçante. Pris de cour, dans un monumental lazzi, le personnage se débarrasse de l'objet dans un grand geste rageur en faisant ainsi planer l'objet jusqu'aux pieds de la pauvre dame, oui la même que tout à l'heure. « Mangez, madame, mangez, c'est pour vous »...
L'ensemble est néanmoins très bien construit, cohérent, très accessible, et d'une facture très soignée et certains excès qui seraient impardonnables en d'autres circonstances, sont ici très à propos et s'inscrivent avec naturel dans l'ensemble, dans la continuité de la proposition : la verve d'un Molière (et la même fenêtre temporelle), le verbe de Dumas et les rebondissements dignes d'un bon film de cape et d'épée, mais en évitant le piège des singeries hollywoodiennes théâtralisées. Car l'ensemble n'est pas sans évoquer la commedia dell’arte, évidemment, et les farces médiévales : le scénographie, à cet égard laisse rêveur avec ce praticable en bois rustique avec cet arrière-plan évoquant un bourg d'époque, et les mansions ou les tréteaux forains. Bien sûr qu'il y a moult trappes par lesquelles il est possible de s'esquiver et de réapparaitre de façon impromptue, farce exige! De judicieuses surfaces semi-transparentes permettent de plus le théâtre d'ombres lors de certaines scènes de cavalcades et pérégrinations.
Il ne faudrait pas passer sous silences les superbes costumes de Sarah Balleux, riches, colorés et variés, et les masques très expressifs de Louise Lapointe, un plaisir pour les yeux.
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Une production du Théâtre Advienne que pourra
Texte d’Alexandre Dumas, père
Adaptation et mise en scène de Frédéric Bélanger
Scénographie, marionnettes par Julie Measroch
Costumes par Sarah Balleux
Masques par Louise Lapointe
Conception sonore par Audrey Thériault
Avec Guillaume Baillargeon, François Bernier, Maude Campeau, Guillaume Champoux,Valérie Descheneaux, Maryse Drainville, Bruno Piccolo, Audrey Thériault, Claude Tremblay
du 29 janvier au 22 février, Salle Fred-Barry