dimanche 28 octobre 2007

Le chant des Gastons - Momentum

Par Yves Rousseau

-Théâtre en bref-

Frères et soeurs se retrouvent avec un deuil refoulé, non consommé, face à leur paternel. Chacun promène sa solitude, son incapacité à dire, à aborder, à nommer dans une valse expressionniste et symboliste d'évitements surfant sur la crête d'une vague de douleur. Comme dans ce repas au coin du feu de camp, où chacun grommelle quelques paroles de fuite, n'aboutissant jamais, comme ces magnifiques plates formes avec paysages miniatures enfilés autour du cou, représentant des contextes de réminiscences en flash existentiels, comme une onirique valse d'intériorité nostalgique, et triste.

D'une théâtralité visuelle prédominante et très recherchée, splendidement interprétée, avec comme principale faiblesse l'impression d'un travail inachevé issu de modules d'improvisations et collés avec parfois plus ou moins de bonheur et de longueurs : même si ce n'est pas une pièce à texte, l'écriture m'a semblé être souvent (très) mince, comme une première glace d'automne, mais prenant parfois splendidement son envol, comme avec ce bout de monologue de Gaétan Nadeau s'adressant au trépassé (quelque chose comme « j'aurais voulu te dire »...). À ce niveau, on aurait souhaité plus de la part d'une compagnie qui n'en est plus à ses premières armes. Par contre, la pièce reste d'une formidable pertinence et propose des images puissantes dans sa façon de questionner notre relation avec le deuil et notre déni contemporain face à la perte.

Était présenté au théâtre Espace Libre du 9 au 27 octobre 2007


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Texte et mise en scène: Céline Bonnier
Assitante: Colette Drouin
Scénographie Massimo Guerrera
Éclairages Lucie Bazzo
Cotumes Linda Brunelle
Musique Ludovic Bonnier
AvecPaul-Patrick Charbonneau, Nathalie Claude, Stéphane Crête, Brigitte Lafleur, Gaétan Nadeau et Théo Brière