dimanche 30 septembre 2007

Théâtre catastrophe - Nouveau Théâtre Expérimental


Par Yves Rousseau


Théâtre catastrophe - Nouveau Théâtre Expérimental

Un satellite chargé de déchets issus d'un grand nettoyage terrestre ayant assuré la pérennité de notre espèce, revient, oeuvre du hasard et de la fatalité, sur Terre, engendrant un nuage de gaz mortel qui décimera l'humanité. D'abord à l'extérieur, dans une ambiance sonore de deuxième guerre mondiale, les spectateurs sont, dans un climat de désorganisation-panique affecté, poussé à l'intérieur du théâtre, transformé pour l'occasion en studio d'enregistrement (superbe scéno) d'information-spectacle à sensation, pour assister à la fin du monde en direct. Des projections se voulant humoristiques alternent avec une animation typique de l'information « cheapo» à sen$ationnali$me crasse : nuage toxique envahissant Calcutta, manifestations, émeutes, prouesses dérisoires, "human-braille-matante" dégoulinant d'intentions de cotes d'écoute faciles, les portions « hors d'onde » étant animée par une (parodie d') animatrice de foule humoriste, dont les gags n'avaient rien à envier à la fine fleur de cette vague de stand-up stupide, licheux, complaisant, kétaine, racoleur, abrutissant et vulgaire qui pullule actuellement.

À partir de cette intention de parodie cynique et grinçante de ce genre crasseux et polluant de façon endémique l'espace télévisuel, sur fond d'urgence d'actions écologiques majeures et concluantes, noyée dans l'indifférence confortable des déchets décadents de l'american way of life, les comédiens reproduisent avec beaucoup de justesse les attitudes, mimiques, « sparages» et « stepettes» issus de ce « brain wash » du petit écran, petit au sens figuré, avec le consumérisme comme religion, le panem et circenses de l'aveuglement volontaire sur fond de convergence. Au grand plaisir de la plupart des spectateurs. Mais voilà, à force de surfer étroitement sur la ligne séparant la parodie du réalisme, à force d'emprunter à « l'esthétisme » et l'architecture du sujet, ce dernier se confond chez certains avec cette dérision, semble "devenir" ce qu'il dénonce, et pour ceux pour qui le théâtre demeure un des derniers refuges de vérité contre cette lèpre d'abrutissement humoristique et médiatique, l'ensemble, même sous le couvert de l'ironie, peut se révéler pénible. Au milieu des rires gras, votre humble scribe faisait effectivement partie d'une minorité de spectateurs pétrifiés et à l'agonie, ne souhaitant qu'une chose, toute fuite discrète étant impossible étant donné la configuration de la salle: atteindre la fin et sacrer le camp!

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Texte et mise en scène collective
Assistance m.e.s et régie : Marjorie Bélanger
Avec Maryvonne Cyr, Étienne Lepage, Emmanuel Reichenbach, Marika Lhoumeau, Martin Dion et Catherine Vidal.
Musique : Charmaine Leblanc
Scénographie, costumes et accessoires : Geneviève Lizotte
Éclairages : Étienne Boucher


Était présenté du 20 au 29 septembre au théâtre Espace Libre