mardi 18 septembre 2007

Je suis d'un would be pays - Théâtre d'Aujourd'hui

Par Yves Rousseau

Sur la scène, une énorme plate forme massive rectangulaire et surélevée d'environ deux mètres par six, pouvant pivoter à 360 degrés et s'incliner à 45 degrés à chacune de ses extrémités. En son centre, un fauteuil double de train. En arrière-plan, des nuages sombres et gris qu'on devine à peine dans une semi-obscurité. Juché sur cette monture mouvante, en haut, en bas, à gauche, à droite, assis, dressé, courbé, Serge Dupire incarne un apatride, un expatrié, québécois errant vivant en Europe sous une fausse identité, collection de passeports aidant, contrôleur de train de son métier, ne disposant que de quelques effets laissés dans quelques consignes de gares, dormant ici et là dans les hôtels. Évoluant dans cet univers blafard, terne, sa vie sociale se résume à ses rencontres impromptues avec voyageurs et collègues, personnages que l'on souhaitait sans doute pittoresques. Le voici en congé, toujours dans le train vers nulle part...

Être sans intérêt, entouré d'olibrius du même acabit, incapable d'être vraiment lui-même, vivant par procuration, par le biais du regard des autres, dans une perpétuelle fuite vers l'avant sur rails; l'ensemble comme métaphore de québécitude (le beau portrait), de l'éternelle quête nationale et identitaire, le grand évitement de toujours des porteurs d'eau. Pourtant, hors ces quelques visites annuelles à ses parents, et son étonnement devant son paternel l'accueillant en anglais (le glissement linguistique menaçant), "l'action " se déroule essentiellement en Europe, et même si le propos surfe sur la question identitaire, on se prend a se demander vers ou vogue ce navire avec ces relations et allusions d'un perceptible assez vague.

La mise en scène optimise ce long soliloque, ce texte qui m'a semblé assez linéaire, découpant le récit en étapes, microcosmes, épisodes, par ces multiples déplacements et orientations de la surface de jeu, les effets d'éclairages aidants, mais la répétition ad nauseam du procédé lasse. Serge Dupire s'applique, consciencieusement, méticuleusement, sobrement, offrant quelques bons moments dans un ensemble qui se révèle captivant pour certains, et soporifiques pour d'autres...

Après la discussion ayant suivi la pièce, un auditoire vraiment partagé relativement a l'oeuvre.

Enfin, un metteur en scène et un comédien ne peuvent créer qu'à partir du texte qui leur a été donné...
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Mise en scène : Gervais Gaudreault, assisté de Stéphanie Capistran-Lalonde
Assistance à la scénographie, costumes et accessoires : Stéphane Longpré
Éclairages : Dominique Gagnon

Avec Serge Dupire

4/29 septembre 2007

Une production du Théâtre d'Aujourd'hui