Par Yves Rousseau
Fort Mac - UnithéâtreFort MacMurray, nouvel eldorado des pétro-dollars, attirant bon an mal an travailleurs qualifiés là pour faire un coup d'argent, ainsi que tout un lot de zigotos et de rêveurs de tout acabit venus se perdre dans le miroir aux alouettes. Parlant d'olibrius, voila dans leurs campeurs juchés sur leurs vieux "pickups " un groupe de marginaux campant illégalement, faute d'argent dans une ville où un logement coûte plusieurs milliers de dollars par mois, sur les terres d'un souteneur du coin.
Jaypee, lâche, menteur, manipulateur, joueur et toxicomane, passant l'essentiel des ses journées à tirer au douze des assiettes aura évidemment tôt fait de s'endetter, poussant sa copine, la généreuse et truculente Mimi, dépendante, âme blessée par de multiples abus et une enfance difficile, a se prostituer et à danser nue en réparation de la dette. Malgré les efforts de Mimi, et de sa soeur Kiki, la vierge naïve, rêveuse et romantique qui travaille dans un Tim, notre bel écoeurant propulsera le groupe directement vers le désastre, sous l'oeil blasé et fataliste du local, Maurice, (entiché de la belle Kiki) un employé d'usine qui en a vu plein et de tout genre arriver avec leurs illusions et rêves, un individu peut-être pas aussi rassurant et équilibré qu'il en a l'air. Un rêve virant au cauchemar, avec comme tribu le sacrifice d'une vierge, sur l'hôtel de la stupidité, du stupre, de la convoitise universelle et atavique...
Dans une scénographie fort réussie illustrant ce camper, à flanc de falaise, sur lequel on peut grimper sur le toit (bel espace de jeu), perdu au milieu d'un champ, une action « punchée », très rythmée, dans un texte de Marc Prescott qui n'est pas sans rappeler du Jean-Marc Dalpé et certaines autres pièces présentées à la Licorne (Beaver, Gargarin Way, théâtre anglais et canadien contemporain). Les portions d'actions sont entrecoupées de dérives en aparté par les personnages, participant de leur construction ou servant à nous instruire sur le contexte particulier du lieu, avec en particulier quelques lignes assez dures sur les Québécois arrivant là-bas avec toute l'arrogance-nombril du monde et une ignorance complète du fait franco-albertain. Même si le jeu est parfois un peu chargé, gros, et l'intrigue un peu télégraphiée, quelques longueurs, l'ensemble demeure d'une interprétation très correcte, avec un Joey Lespérance impayable dans sont rôle de méchant néanmoins attachant, et truculent de bassesse et de vulgarité. Plusieurs belles scènes sont offertes par chacun des comédiens, dans un feu roulant de répliques et d'actions, un tourbillon utilisant et habitant de façon optimale l'espace scénique. On passe un bon moment.
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Comédiens - Steve Jodoin, Joey Lespérance, Mireille Moquin, Isabelle Rousseau
Dramaturge - Marc Prescott
Metteur en scène - Daniel Cournoyer
Trame sonore - Jason Kodie
Conception de décors et d’éclairage - Robert Shannon
Inger Lorsignol - Conception des costumes
En tournée - était présenté à la salle Fred-Barry les 14 et 15 septembre
Jaypee, lâche, menteur, manipulateur, joueur et toxicomane, passant l'essentiel des ses journées à tirer au douze des assiettes aura évidemment tôt fait de s'endetter, poussant sa copine, la généreuse et truculente Mimi, dépendante, âme blessée par de multiples abus et une enfance difficile, a se prostituer et à danser nue en réparation de la dette. Malgré les efforts de Mimi, et de sa soeur Kiki, la vierge naïve, rêveuse et romantique qui travaille dans un Tim, notre bel écoeurant propulsera le groupe directement vers le désastre, sous l'oeil blasé et fataliste du local, Maurice, (entiché de la belle Kiki) un employé d'usine qui en a vu plein et de tout genre arriver avec leurs illusions et rêves, un individu peut-être pas aussi rassurant et équilibré qu'il en a l'air. Un rêve virant au cauchemar, avec comme tribu le sacrifice d'une vierge, sur l'hôtel de la stupidité, du stupre, de la convoitise universelle et atavique...
Dans une scénographie fort réussie illustrant ce camper, à flanc de falaise, sur lequel on peut grimper sur le toit (bel espace de jeu), perdu au milieu d'un champ, une action « punchée », très rythmée, dans un texte de Marc Prescott qui n'est pas sans rappeler du Jean-Marc Dalpé et certaines autres pièces présentées à la Licorne (Beaver, Gargarin Way, théâtre anglais et canadien contemporain). Les portions d'actions sont entrecoupées de dérives en aparté par les personnages, participant de leur construction ou servant à nous instruire sur le contexte particulier du lieu, avec en particulier quelques lignes assez dures sur les Québécois arrivant là-bas avec toute l'arrogance-nombril du monde et une ignorance complète du fait franco-albertain. Même si le jeu est parfois un peu chargé, gros, et l'intrigue un peu télégraphiée, quelques longueurs, l'ensemble demeure d'une interprétation très correcte, avec un Joey Lespérance impayable dans sont rôle de méchant néanmoins attachant, et truculent de bassesse et de vulgarité. Plusieurs belles scènes sont offertes par chacun des comédiens, dans un feu roulant de répliques et d'actions, un tourbillon utilisant et habitant de façon optimale l'espace scénique. On passe un bon moment.
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Comédiens - Steve Jodoin, Joey Lespérance, Mireille Moquin, Isabelle Rousseau
Dramaturge - Marc Prescott
Metteur en scène - Daniel Cournoyer
Trame sonore - Jason Kodie
Conception de décors et d’éclairage - Robert Shannon
Inger Lorsignol - Conception des costumes
En tournée - était présenté à la salle Fred-Barry les 14 et 15 septembre