samedi 9 juin 2007

Théâtre - Fringe - Walk-in ou se marcher dedans - Théâtre de La Femme Et...

Par Yves Rousseau
Dans la salle de spectacle de l'association portugaise, un quadrilatère de draperies de scène sombres crée ce qui ressemble à une boite noire typique, d'une soixantaine de place. Au fond de la scène, deux grands panneaux noirs encadrent un walk in, une penderie remplie d'étuis à vêtements accrochés. Blancs. Surabondance de toilettes, comme surabondance de tentations dans l'offre illimitée d'une société de consommation où on prend, on se lasse et on jette : le tout comme métaphore de l'état des lieux du couple, de l'amour. Un buffet du relationnel à volonté d'êtres jetables, qui s'utilisent plus qu'ils ne s'investissent...

Il y a celle qui trompe, qui multiplie les conquêtes, puis la trompée, rencontre qui ne finit que par définir une même détresse, une même solitude. Seule la façon de s'étourdir, de se mentir change, mais le même abime, la même douleur.

Une préoccupation majeure chez beaucoup de jeunes auteurs féminines de cette génération, qui devront composer avec l'univers paniquant des couples pop-corn qui se font et défont à un rythme de plus en plus étourdissant : comment s'épanouir, trouver un partenaire, fonder une famille, espérer et aimer et éviter de tomber dans le cynisme, comme c'est un peu le cas ici...

Un portrait de l'état des lieux imagé, utilisant des procédés de dérives intéressants, avec de belles métaphores scénographiques, de belles suggestions, une écriture intelligente et sensible, bref la mise en scène de Christian Fortin, un jeune artisan qui signale par de brillantes créations comme entre autres King Dave, est bien découpée, enchainée et coulante. Certainement une production soignée. Lors de cette première, j'ai par contre remarqué qu'on semblait chercher le bon niveau de langage, oscillant entre le québécois et le normatif, et cette surinsistance sur la prononciation intégrale de toutes les syllabes crée un effet un peu ragnagnan. Ajouter, à l'intérieur d'un bon parler, juste un peu plus de coulant, de naturel, donnerait un peu plus de liant, de vraisemblance au mariage, à la concordance du verbal et non-verbal. C'était la première, ce sont des ajustements normaux, surtout dans le cadre d'un festival expérimental comme le Fringe, qui permet justement d'essayer des choses, et le projet reste dans son ensemble prometteur et très intéressant.
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Walk in ou se marcher dedans, une production du Théâtre de La Femme Et...
Mise en scène de Christian Fortin
Conception sonore de Alexi Rioux
Costumes de Joannie D'Amours
Scénographie de Caroline St-Laurent, Marjorie Camiré, Chélanie Braudin Quintin et Audrey McDuff

avec Marie-Ève Milot et Marie-Claude St-Laurent (diplômées promotion 2005 de l'Option Théâtre St-Hyacinthe)

À l'Association portugaise 4170 ST-Urbain