Une institution psychiatrique vétuste dont la plupart des patients ont déjà été transférés. Une violente tempête de neige. Le téléphone coupé. Les caméras de surveillance hors circuit. L'infirmière de service zigouillée à coup de batte de baseball par une des cinglées. Huit-clos, isolement total.
Un microcosme de la démence. Ça rappelle « One Flew Over the Cuckoo's Nest » de Milos Forman, ou encore, sans la métaphore politique, le « Colonel Oiseau » de Hristo Boytchev qui avait été mis en scène en 2000 au Quat'Sous par Peter Batatkliev. Dans l'institution, un paranoïaque (Maxime Laurin) se représentant le monde extérieur comme étant peuplé de loups se lance la balle avec un autiste fonctionnel (Benoît Drouin-Germain) capable d'emmagasiner une quantité phénoménale de définitions et d'éléments divers, incluant les horaires de train. Survient une mythomane psychopathe (Céliane Trudel), tenant un bâton de baseball et vêtue de la robe d'infirmière ensanglantée de sa victime. Nos compères décident d'avertir les autorités du centre, mais ne peuvent que réaliser leur isolement. Ils assomment la pseudo infirmière et l'attachent à une chaise roulante. Trouver le gardien. Survient alors une antisociale obsédée sexuelle (Stéphanie Dawson) vêtue des vêtements dudit gardien, qu'on présume alors s'être fait occire. Sous la peur de se voir accuser du (des) crime (s), une funeste valse de manipulation hallucinée d'illusions les pousse à fomenter un projet d'évasion. Mais cet extérieur tant convoité, semble tellement menaçant...
Dans un environnement à la scénographie minimaliste, après une courte exposition, nous sommes rapidement plongés au coeur de l'intrigue, une enlevante suite de rebondissements, « punchés » et rythmés. Le texte, sans tomber dans le manichéisme, présente le phénomène de la divergence et de la folie dans tous ses paradoxes. L'expression des comédiens est très plausible dans cette représentation d'individus psychiatrisés, et certaines poses sont assez saisissantes. Peut-être encore un peu de travail, à mon humble avis, au niveau de la voix, dans le ton, l'intonation, de façon à donner plus de particularités typiques aux caractères, surtout pour les voix féminines, assez juvéniles, ainsi que, plus marginalement, en dehors de l'expression faciale, dans la démarche, la dynamique corporelle et les gestus d'individus qu'on présume médicamentés.
Malgré ces quelques petits ajustements mineurs, l'ensemble est captivant, bien écrit, nous tenant en haleine du début à la fin, un très bon départ pour ces jeunes finissants 2005 à 07 du CLG. On passe un bon moment. Un work in progress prometteur, assis sur de bonnes bases et une brillante équipe de jeunes talents.
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Pendant que dehors les loups, de Maxime Desjardins et Maxime Laurin
Une production « Les chats sauvages »
Mise en scène de M Desjardins
avec Maxime Laurin, Benoît Drouin-Germain, Céliane Trudel, Stéphanie Dawson