Par Yves Rousseau
Un soldat mort, vraisemblablement, par son uniforme, à la Deuxième Guerre mondiale, se présente au paradis, mais St-Pierre, une marionnette, le refuse, car ce dernier a perdu son nez: c'est que dans cet univers fantastique, le nez se révèle être le tenant et l'aboutissant de l'âme, l'alpha et l'oméga, le ying et le yang. Entrer au paradis sans son nez est donc impensable. Le pauvre est donc condamné à errer au travers du monde et du temps, et il ne pourra se représenter qu'avec son nez retrouvé! C'est évidemment ainsi que nous serons amenés a croiser un ensemble de personnages aux truffes uniques et rivalisant de grotesque : l'écolière à la grosse patate, puis la marquise érotomane qui ne se peut plus devant son nouveau valet pourvu d'un appendice nasal pour le moins phallique, et ainsi de suite pour environ deux heures de plaisir, de quiproquos, de sous-entendus irrévérencieux, mais dans le style bon enfant de la farce. Un truculent et riche texte de l'auteur espagnol contemporain Alfonso Zurro, né en 1953.
C'est sous l'égide du théâtre de masques à saveur de Commedia dell'arte que nous serons donc entrainés dans cet univers fantastique. Il importe ici de vous donner une idée de la scénographie de Mylène Leboeuf, (sur la très large scène du Studio Alfred-Laliberté) magnifique et très élaborée, qui offre une multitude d'espaces et de zones de jeu. Côté cour, au sommet d'un grand escalier, une plate-forme stylisée, l'entrée du paradis. Dessous, des colonnes de constructions permettent la circulation, comme dans une forêt de fer. Plus en avant, un ponceau qui enjambe ce qui semble être un ruisseau. Côté jardin, une plate forme basse, sous laquelle il quand même possible de ramper, ceinte de murs et peuplée d'ameublement, vraisemblablement un bureau, un lieu de travail. Partout, des points de fuite, par lesquels il est possible de s'esquiver, de réapparaitre. Divers panneaux peints créent une atmosphère allégorique, il y a une multitude d'accessoires très recherchés.
Évidemment, les jeunes comédiens-nez, dirigés avec flair par Mathieu Marleau, s'en donnent à cœur joie (et sur le pif): un jeu clownesque, un feu roulant, des tableaux truffés de poursuites fébriles, de disparitions et réapparitions presque nez à nez, dans une élégie de la nasalité prise dans toutes ses formes, toutes ses déclinaisons, et toutes ses allusions, y compris la fameuse réplique du Cyrano de Rostand. Vous aurez compris qu'ici, on nage dans un absurde consommé, festif, déjanté et truculent, et nous avons d'ailleurs eu droit à une pluie de nez. L'aspect modulaire des divers tableaux est perceptible, une approche qui a probablement facilité les répétitions en sous-groupes, mais l'assemblage correct du tout, et des enchainements rapides font bien passer le tout.
C'est tout simplement charmant, drôle, rafraichissant, un beau groupe de comédiens illuminés par une très belle énergie fraternelle. L'interprétation est fantastique, convaincante. La mise en scène est solide et très bien aiguillée : du plaisir assuré pour les spectateurs autant que pour les comédiens qui rendent le tout avec une joie très palpable.
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C'est sous l'égide du théâtre de masques à saveur de Commedia dell'arte que nous serons donc entrainés dans cet univers fantastique. Il importe ici de vous donner une idée de la scénographie de Mylène Leboeuf, (sur la très large scène du Studio Alfred-Laliberté) magnifique et très élaborée, qui offre une multitude d'espaces et de zones de jeu. Côté cour, au sommet d'un grand escalier, une plate-forme stylisée, l'entrée du paradis. Dessous, des colonnes de constructions permettent la circulation, comme dans une forêt de fer. Plus en avant, un ponceau qui enjambe ce qui semble être un ruisseau. Côté jardin, une plate forme basse, sous laquelle il quand même possible de ramper, ceinte de murs et peuplée d'ameublement, vraisemblablement un bureau, un lieu de travail. Partout, des points de fuite, par lesquels il est possible de s'esquiver, de réapparaitre. Divers panneaux peints créent une atmosphère allégorique, il y a une multitude d'accessoires très recherchés.
Évidemment, les jeunes comédiens-nez, dirigés avec flair par Mathieu Marleau, s'en donnent à cœur joie (et sur le pif): un jeu clownesque, un feu roulant, des tableaux truffés de poursuites fébriles, de disparitions et réapparitions presque nez à nez, dans une élégie de la nasalité prise dans toutes ses formes, toutes ses déclinaisons, et toutes ses allusions, y compris la fameuse réplique du Cyrano de Rostand. Vous aurez compris qu'ici, on nage dans un absurde consommé, festif, déjanté et truculent, et nous avons d'ailleurs eu droit à une pluie de nez. L'aspect modulaire des divers tableaux est perceptible, une approche qui a probablement facilité les répétitions en sous-groupes, mais l'assemblage correct du tout, et des enchainements rapides font bien passer le tout.
C'est tout simplement charmant, drôle, rafraichissant, un beau groupe de comédiens illuminés par une très belle énergie fraternelle. L'interprétation est fantastique, convaincante. La mise en scène est solide et très bien aiguillée : du plaisir assuré pour les spectateurs autant que pour les comédiens qui rendent le tout avec une joie très palpable.
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Histoire de nez, un texte de Alfonso Zurro
Une production de l'École supérieure de théâtre
Mise en scène et adaptation de Mathieu Marleau, assisté de Caroline Rodrigue
Scénographie — Mylène Leboeuf
Avec — Maxime Després, Jérémie Aubry, Annie Durocher, Evelyne St-Pierre, Xavier Malo, Marie-Jo Cardin, Vincent Juneau
Une production de l'École supérieure de théâtre
Mise en scène et adaptation de Mathieu Marleau, assisté de Caroline Rodrigue
Scénographie — Mylène Leboeuf
Avec — Maxime Després, Jérémie Aubry, Annie Durocher, Evelyne St-Pierre, Xavier Malo, Marie-Jo Cardin, Vincent Juneau
Du 21 au 24 mars 2007, à 20 heures, Studio théâtre Alfred-Laliberté
UQAM, Pavillon Judith-Jasmin (local JM-400)
405, rue Ste-Catherine Est, Montréal
Billets en vente à la billetterie de l'UQAM au coût de 4,00 $
UQAM, Pavillon Judith-Jasmin (local JM-400)
405, rue Ste-Catherine Est, Montréal
Billets en vente à la billetterie de l'UQAM au coût de 4,00 $
Renseignement et réservation : 514-987-3456