Par Yves Rousseau
La mise en situation est simple : il y a un dépanneur, puis une caissière et un ami qui la drague sans succès, et ensuite un vol à main armée. Le voleur prend une cliente en otage et s'enfuit en voiture et le « couple » décide de le prendre en filature. Les conversations ayant lieu dans les deux voitures, montrées en alternance, deviennent prétexte à l'exposition de diverses sociétales thématiques.
D'abord, on trouve ce véritable leitmotiv générationnel chez les jeunes auteures féminines : la peur de la solitude ensemble, et cette viscérale peur de l'abandon découlant d'une certaine phobie de l'engagement chez les jeunes hommes de leur âge. Plusieurs pièces récentes traitent différemment de ce sujet, et cela semble être LA préoccupation d'une génération; comment réinventer le « vivre ensemble» chez l'homme et la femme, après toutes ces années d'éclatement.
La pièce dépeint à merveille la solitude, puis l'incommunicabilité de l'ère des communications chez la génération « Y » (et un peu « X ») par cet aspect hyperactif du jeu, toujours dans le « buzz » sinon ça décroche, toujours partagé entre plusieurs stimulus (le multitasking...), l'écoute partielle et distraite juxtaposée avec d'autres pensées envahissantes où le langage corporel traduit un état d'attention exaspéré et fragile toujours à la limite de l'évitement, le tout baignant dans la fébrilité sauvage et électrisante d'êtres soumis à l'envahissement du faux, des modèles de vie calqués sur le miroir déformant des fictions médiatiques.
Là où le bât blesse, c'est au niveau de certains aspects de la mise en scène et du texte: une suite d'invraisemblances dans le récit agace, et il y a un problème de « build up » ou crescendo dramatique : le propos passe parfois du coq à l'âne avec une certaine incohérence. Le syndrome de Stockholm, par exemple, ne s'installe pas en cinq secondes, et l'interprétation du personnage de l'otage parait parfois cabotine, surjouée et peu crédible dans sa construction et dans les portées de ses actions.
Il y a quand même plusieurs bons moments, comme ces réactions d'exaspération de C-A Quesnel (qui finissant, se signalait déjà dans des rôles de méchant à L'EST) face à son otage, et dans cette belle illustration du « alone together » servie par David Buyle et Christine Pinard.
Une pièce très prometteuse, mais simplement encore un peu de travail. Nous avons cependant assisté à une des premières représentations, et il y a toujours des réglages qui s'opèrent en cours de route.
Le talent est là...
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D'abord, on trouve ce véritable leitmotiv générationnel chez les jeunes auteures féminines : la peur de la solitude ensemble, et cette viscérale peur de l'abandon découlant d'une certaine phobie de l'engagement chez les jeunes hommes de leur âge. Plusieurs pièces récentes traitent différemment de ce sujet, et cela semble être LA préoccupation d'une génération; comment réinventer le « vivre ensemble» chez l'homme et la femme, après toutes ces années d'éclatement.
La pièce dépeint à merveille la solitude, puis l'incommunicabilité de l'ère des communications chez la génération « Y » (et un peu « X ») par cet aspect hyperactif du jeu, toujours dans le « buzz » sinon ça décroche, toujours partagé entre plusieurs stimulus (le multitasking...), l'écoute partielle et distraite juxtaposée avec d'autres pensées envahissantes où le langage corporel traduit un état d'attention exaspéré et fragile toujours à la limite de l'évitement, le tout baignant dans la fébrilité sauvage et électrisante d'êtres soumis à l'envahissement du faux, des modèles de vie calqués sur le miroir déformant des fictions médiatiques.
Là où le bât blesse, c'est au niveau de certains aspects de la mise en scène et du texte: une suite d'invraisemblances dans le récit agace, et il y a un problème de « build up » ou crescendo dramatique : le propos passe parfois du coq à l'âne avec une certaine incohérence. Le syndrome de Stockholm, par exemple, ne s'installe pas en cinq secondes, et l'interprétation du personnage de l'otage parait parfois cabotine, surjouée et peu crédible dans sa construction et dans les portées de ses actions.
Il y a quand même plusieurs bons moments, comme ces réactions d'exaspération de C-A Quesnel (qui finissant, se signalait déjà dans des rôles de méchant à L'EST) face à son otage, et dans cette belle illustration du « alone together » servie par David Buyle et Christine Pinard.
Une pièce très prometteuse, mais simplement encore un peu de travail. Nous avons cependant assisté à une des premières représentations, et il y a toujours des réglages qui s'opèrent en cours de route.
Le talent est là...
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Texte
Fannie Bellefeuille
Fannie Bellefeuille
Mise en scène
Frédéric Thibaud
Frédéric Thibaud
Avec
Fannie Bellefeuille, David Buyle, Christine Pinard, Charles-Alexandre Quesnel
Fannie Bellefeuille, David Buyle, Christine Pinard, Charles-Alexandre Quesnel
Conception et collaboration
Justine Boulanger
Lucie Galibois
Audray De Serres
Sophie Brosseau
Marie-Ève Pageau
Emilie Proulx-Bonneau
Pierre-Olivier Séguin
Cybel Richer-Boivin
Justine Boulanger
Lucie Galibois
Audray De Serres
Sophie Brosseau
Marie-Ève Pageau
Emilie Proulx-Bonneau
Pierre-Olivier Séguin
Cybel Richer-Boivin
Une production du Collectif Ikaria
Du 9 au 27 janvier 2007, à la Salle Fred-Barry
Billetterie : 514-253-8974
Billetterie : 514-253-8974