Par Yves Rousseau
Un chef-d'oeuvre
Une femme enceinte et cancéreuse dont la mère fut elle-même adoptée et marquée à vie par l'abandon et obnubilée par la quête de ses racines, est confrontée à un choix: subir un traitement et perdre l'enfant, ou donner la vie. Puis le massacre de la polytechnique survient, et le carnage induit cette décision « je ne ferais pas une 15e victime » : naît sa fille qui devient plus tard adolescente blessée, nihiliste gothique, porteuse d'une douleur de vivre héritée, un drame prenant sa source dans les racines du temps.
Une femme enceinte et cancéreuse dont la mère fut elle-même adoptée et marquée à vie par l'abandon et obnubilée par la quête de ses racines, est confrontée à un choix: subir un traitement et perdre l'enfant, ou donner la vie. Puis le massacre de la polytechnique survient, et le carnage induit cette décision « je ne ferais pas une 15e victime » : naît sa fille qui devient plus tard adolescente blessée, nihiliste gothique, porteuse d'une douleur de vivre héritée, un drame prenant sa source dans les racines du temps.
Remonter à la source de ce drame, trouver l'essence d'une identité perdue, : la pièce procède d'une une schismogenèse traçant le parcours familial d'un douloureux héritage ayant marqué sept générations de femmes, dans une épopée fantastique partant du l'Europe du 19e siècle, passant par les grandes guerres, jusqu'à aujourd'hui. L'espace principal du temps, du lieu et de l'action est celui de cette adolescente et sa quête, cela en alternance et parfois juxtaposé avec diverses dérives historiques multiples au symbolisme puissant, de véritables dantesques métaphores de morceaux de destin. Cette quête est déclenchée par un ami paléontologue du fait de sa découverte, un crâne d'une exécutée de Treblinka mystiquement lié à la mère...
L'ensemble est hautement digestible, d'une clarté limpide et d'une cohérence ahurissante, et ce, malgré la complexité. Il s'agit d'une mise en scène majeure. La scénographie (E. Clolus) sobre, recherchée et pudique, donne un espace de liberté et d'expression soutenant et illustrant le propos avec grande pertinence. Un travail d'éclairage (E. Champoux) précis et poétique, costumes impeccables (I Larivière), et quelle trame de son (M. Maurer)!
Les acteurs donnent tout et payent beaucoup de leur personne dans un état d'abandon et de symbiose totale envers l'œuvre, une performance puissante et fraternelle avec un jeu profondément investi et habité. L'écriture est sublime, touchant l'essence même de ce qui importe vraiment dans une vie.
La somme d'investissement émotionnel, de travail mis dans cette pièce est inimaginable.
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Texte Mise en scène — Wajdi Mouawad
Assistant à la mise en scène - Alain Roy
Scénographie — Emmanuel Colus
Costumes — Isabelle Larivière
Lumières — Éric Champoux
Son — Michel Maurer
Assistant à la mise en scène - Alain Roy
Scénographie — Emmanuel Colus
Costumes — Isabelle Larivière
Lumières — Éric Champoux
Son — Michel Maurer
Avec
Jean Alibert, Olivier Constant, Véronique Côté, Linda Laplante, Patrick Le Mauff, Marie-France Marcotte, Bernard Meney, Anne-Marie Olivier, Jean-Sébastien Ouellette, Marie-Ève Perron, Emmanuel Schwartz
Jean Alibert, Olivier Constant, Véronique Côté, Linda Laplante, Patrick Le Mauff, Marie-France Marcotte, Bernard Meney, Anne-Marie Olivier, Jean-Sébastien Ouellette, Marie-Ève Perron, Emmanuel Schwartz
À l'Espace GO du 9 janvier au 10 février 2007
Billetterie : 514-845-4890
Billetterie : 514-845-4890